Menu
Search
Lundi 19 Janvier 2026
S'abonner
close
Lundi 19 Janvier 2026
Menu
Search

CAN 2025 : comment le Maroc a perdu sur le champ médiatique avant de le faire sur la pelouse

Les images chaotiques de fin de match de la finale de la CAN 2025 sont le résultat direct d’une campagne de dénigrement entamée bien avant le début de la compétition par les détracteurs de l’organisation marocaine du tournoi. Au-delà du résultat sportif et de la victoire du Sénégal, cette CAN aura mis à nu le poids encore insuffisant des médias marocains face aux adversaires du Royaume et leur incapacité à contrecarrer des attaques continues et structurées. L’un des enseignements les plus importants à tirer de cette Coupe d’Afrique, qui s’achève dans la frustration pour le peuple marocain, est la nécessité pour le Royaume d’investir massivement dans sa machine médiatique en lui donnant les moyens indispensables pour défendre ses intérêts.

Les tentatives d'envahissement du terrain par les supporters sénégalais a donné une image négative du football africain lors d'une finale regardée par des millions de spectateurs dans le monde. Ph. Saouri
Les tentatives d'envahissement du terrain par les supporters sénégalais a donné une image négative du football africain lors d'une finale regardée par des millions de spectateurs dans le monde. Ph. Saouri
Depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc, nous avons assisté à un véritable acharnement médiatique émanant de plusieurs supports étrangers à l’encontre de l’organisation du tournoi. De la billetterie à la remise en cause des décisions arbitrales, jusqu’aux accusations de favoritisme envers la sélection nationale, tous les prétextes ont été exploités pour ternir cette ambition marocaine d’organiser une CAN aux standards d’une Coupe du monde. Pour le Maroc, l’heure n’est plus seulement à l’accueil d’événements mondiaux, mais également le développement de sa souveraineté narrative pour la rendre capable de répondre aux campagnes de désinformation et de consolider son influence sur la scène internationale, notamment dans la perspective du Mondial 2030.

Le premier levier de cette transformation réside dans la professionnalisation et l’internationalisation des contenus. La CAN 2025 a mis en lumière une fragilité : le décalage entre la qualité des infrastructures physiques et la capacité des médias nationaux à imposer un contre-récit audible au-delà des frontières. Pour peser, le paysage médiatique marocain doit impérativement s’affranchir d’une posture purement réactive ou défensive. Cela passe par la création de plateformes d’information multilingues performantes, capables de diffuser une image rigoureuse du pays en anglais, en espagnol ou dans d’autres langues, afin de toucher directement les opinions publiques mondiales sans l’intermédiation de relais parfois hostiles.

La nécessité de la création d’une chaîne d’information internationale et d’investir dans les réseaux sociaux

L’émergence d’une chaîne d’information en continu aux standards internationaux apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Un tel outil permettrait de valoriser les grands projets nationaux et de déconstruire en temps réel les narratifs fallacieux. Les critiques essuyées durant la compétition démontrent que la persuasion ne naît pas de la propagande, mais de la capacité à produire une analyse factuelle, documentée et nuancée, capable de rassurer les partenaires internationaux et de désarmer les critiques par la précision plutôt que par l’émotion.
Parallèlement, la stratégie doit intégrer la «guerre psychologique» qui se joue sur les réseaux sociaux. Le Maroc dispose d’une communauté numérique dynamique, mais encore trop fragmentée. Structurer cette force de frappe à travers une synergie entre médias traditionnels et nouveaux créateurs de contenus permettrait de bâtir un véritable bouclier numérique. Il s’agit de former une nouvelle génération de journalistes et d’influenceurs aux enjeux géopolitiques du sport, afin de porter la voix du Maroc avec les codes de la modernité digitale. À l’approche de 2030, le défi est clair : faire des médias marocains le miroir fidèle d’une nation qui ne se contente plus d’organiser le Mondial, mais qui sait aussi le raconter.
Lisez nos e-Papers