Depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc, nous avons assisté à un véritable acharnement médiatique émanant de plusieurs supports étrangers à l’encontre de l’organisation du tournoi. De la billetterie à la remise en cause des décisions arbitrales, jusqu’aux accusations de favoritisme envers la sélection nationale, tous les prétextes ont été exploités pour ternir cette ambition marocaine d’organiser une CAN aux standards d’une Coupe du monde. Pour le Maroc, l’heure n’est plus seulement à l’accueil d’événements mondiaux, mais également le développement de sa souveraineté narrative pour la rendre capable de répondre aux campagnes de désinformation et de consolider son influence sur la scène internationale, notamment dans la perspective du Mondial 2030.
Le premier levier de cette transformation réside dans la professionnalisation et l’internationalisation des contenus. La CAN 2025 a mis en lumière une fragilité : le décalage entre la qualité des infrastructures physiques et la capacité des médias nationaux à imposer un contre-récit audible au-delà des frontières. Pour peser, le paysage médiatique marocain doit impérativement s’affranchir d’une posture purement réactive ou défensive. Cela passe par la création de plateformes d’information multilingues performantes, capables de diffuser une image rigoureuse du pays en anglais, en espagnol ou dans d’autres langues, afin de toucher directement les opinions publiques mondiales sans l’intermédiation de relais parfois hostiles.
La nécessité de la création d’une chaîne d’information internationale et d’investir dans les réseaux sociaux
L’émergence d’une chaîne d’information en continu aux standards internationaux apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Un tel outil permettrait de valoriser les grands projets nationaux et de déconstruire en temps réel les narratifs fallacieux. Les critiques essuyées durant la compétition démontrent que la persuasion ne naît pas de la propagande, mais de la capacité à produire une analyse factuelle, documentée et nuancée, capable de rassurer les partenaires internationaux et de désarmer les critiques par la précision plutôt que par l’émotion.
Parallèlement, la stratégie doit intégrer la «guerre psychologique» qui se joue sur les réseaux sociaux. Le Maroc dispose d’une communauté numérique dynamique, mais encore trop fragmentée. Structurer cette force de frappe à travers une synergie entre médias traditionnels et nouveaux créateurs de contenus permettrait de bâtir un véritable bouclier numérique. Il s’agit de former une nouvelle génération de journalistes et d’influenceurs aux enjeux géopolitiques du sport, afin de porter la voix du Maroc avec les codes de la modernité digitale. À l’approche de 2030, le défi est clair : faire des médias marocains le miroir fidèle d’une nation qui ne se contente plus d’organiser le Mondial, mais qui sait aussi le raconter.
