Véritable finale avant l’heure, le choc des quarts de finale de la CAN 2025 entre l’Égypte et la Côte d’Ivoire promet une rencontre intense et chargée d’émotions entre deux géants du continent. La Côte d’Ivoire aborde ce rendez-vous avec le vent en poupe. Les champions en titre ont envoyé un message fort en balayant le Burkina Faso (3-0) avec une facilité déconcertante. Le style imposé par Émerse Faé repose sur un jeu offensif dynamique et des transitions éclair. La menace est permanente : de la vista d’Amad Diallo, auteur de trois buts dans le tournoi, à la percussion de la jeune révélation Bazoumana Touré. Le milieu de terrain, orchestré par le métronome Franck Kessié, apporte une densité physique et une sérénité qui ont longtemps fait défaut aux Éléphants. La grande force de cette équipe réside dans sa capacité à imposer son tempo dès le coup d’envoi. Toutefois, cette projection massive vers l’avant peut l’exposer aux contres chirurgicaux des Égyptiens. La charnière centrale, pourtant solide avec Ndicka et Kossounou, devra faire preuve d’une vigilance de tous les instants pour ne pas se laisser aspirer par les appels tranchants de Salah.
Le pragmatisme des Pharaons face à la puissance des Éléphants
Fidèle à sa réputation continentale, l’Égypte aborde cette confrontation avec une résilience éprouvée lors du tour précédent. Sous la houlette de Hossam Hassan, le bloc égyptien a dû lutter jusqu’aux prolongations pour écarter le Bénin (3-1). La grande force des Pharaons réside dans leur immense expérience des matchs à élimination directe et leur capacité à frapper au moment où l’adversaire s’y attend le moins. Mais l’Égypte arrive avec un handicap physique certain après les 120 minutes disputées en huitièmes, et devra composer avec l’absence de son latéral Mohamed Hamdy, forfait sur blessure. Leur faiblesse réside dans cette dépendance à un bloc bas qui, s’il est transpercé trop tôt, peine parfois à changer de rythme pour reprendre le contrôle du jeu.
L’historique des confrontations penche largement en faveur des Égyptiens, véritables «bêtes noires» des Ivoiriens en Coupe d’Afrique. Sur 11 duels en phase finale, les Pharaons se sont imposés à 10 reprises (tirs au but compris). Les souvenirs sont encore vifs : la finale de 2006 ou la demi-finale de 2008, où l’Égypte avait brisé les rêves de la génération Drogba. Plus récemment, en 2022, les Pharaons avaient de nouveau éliminé les Éléphants en huitièmes de finale. Pour la Côte d’Ivoire, ce quart de finale représente donc un défi psychologique majeur : briser enfin ce plafond de verre face à l’ennemi historique pour espérer conserver sa couronne continentale.
