Le vent d’incertitude qui planait sur la capacité de l’Afrique de l’Est à organiser la CAN 2027 semble peu à peu tourner. Place désormais à une détermination affichée sans détour. Sous la pression des rumeurs de retrait ou de report, le Kenya – coorganisateur avec la Tanzanie et l’Ouganda – a choisi de répondre frontalement, à coups de communication musclée. Alors que les coulisses du football africain bruissaient d’un possible glissement vers 2028, Nairobi a brisé le silence à la charnière entre mars et avril 2026. Le message est sans équivoque : le projet «Pamoja» (Ensemble) avance, et il avance vite.
Une opération de com qui ne rassure pas
Dans un communiqué officiel daté du 1er avril, le secrétaire de cabinet aux Sports kenyan, Salim Mvurya, a réaffirmé la position de son pays. Le gouvernement kényan a confirmé avoir franchi une étape clé en s’acquittant des garanties financières exigées par la CAF. «Le gouvernement a versé les 30 millions de dollars de frais d'accueil à la CAF, réaffirmant ainsi la crédibilité du Kenya, sa préparation et son engagement total à organiser un tournoi continental réussi», a-t-il déclaré. Plus qu’un simple geste administratif, ce paiement sonne comme un signal fort : le Kenya accélère. Fini les promesses, place aux actes. Le communiqué insiste sur une «approche multisectorielle délibérée», destinée à aligner les capacités institutionnelles avec l’ampleur et l’urgence des travaux.
Une opération de com qui ne rassure pas
Malgré cette sortie offensive, le chantier reste immense. Le rapport d’inspection de la CAF, publié en février 2026, avait pointé des retards préoccupants, notamment dans la mise aux normes des stades de catégorie 4. Mais Nairobi riposte sur le terrain : le chantier du Talanta Stadium (Raila Odinga International Stadium) s’intensifie, tandis que les rénovations de Kasarani et Nyayo sont présentées comme les piliers d’une nouvelle ère sportive. Salim Mvurya l’assure, l’organisation de la CAN est une priorité nationale portée au sommet de l’État par le Président William Ruto, avec l’ambition de positionner le Kenya comme une place forte du sport mondial. Cette offensive médiatique intervient dans un climat sous tension.
Sur le continent, les doutes persistent quant à la capacité du trio Kenya-Ouganda-Tanzanie à accueillir 24 sélections et des milliers de supporters répartis sur dix villes. Certaines voix influentes au sein du Comité exécutif de la CAF ont même évoqué un report à 2028, invoquant un calendrier international saturé après la Coupe du monde 2026. Si l’Ouganda et la Tanzanie semblent plus avancés sur certains sites, comme le Benjamin Mkapa Stadium de Dar es Salaam, tout reste lié à la dynamique kényane. En affichant sa détermination, Nairobi préserve l’unité du bloc est-africain et coupe court aux spéculations. Le pays rejette toute idée d’échec, malgré l’intérêt de nations en embuscade comme l’Afrique du Sud ou le Botswana. Le message final est limpide : «Nous sommes prêts, non seulement à répondre aux attentes, mais à les dépasser».
