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Fakhreddine Rajhi : Les déceptions sont devenues familières avec la CAF

Ancien international marocain et ex-joueur emblématique du Wydad de Casablanca, Fakhreddine Rajhi n’a pas été surpris par les sanctions prononcées par la CAF à l’encontre du Maroc, à l’issue de la finale du 18 janvier dernier au complexe Moulay Abdellah. Pour le meilleur buteur de l’histoire du WAC, la CAF “nous a habitué à ce genre de décisions”. L’instance peine toujours à se défaire de certains dysfonctionnements, notamment ce qui se passe “dans les coulisses”, selon Rajhi.

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À l’heure où plusieurs anciens internationaux ont préféré rester dans l’ombre, pour ne pas se risquer sur un terrain pour le moins glissant, Fakhreddine Rajhi s’est longuement confié au quotidien Le Matin au sujet des sanctions prononcées par la CAF à l’encontre du Maroc et du Sénégal, suite à la finale de la CAN 2025. Ancien international marocain, meilleur buteur et joueur le plus capé du Wydad avant de se reconvertir en entraîneur, Fakhreddine Rajhi a assuré que la CAF a confirmé ses positions antérieures : « Avec du recul, et au vu des expériences passées, nous avons pris l’habitude de voir nos attentes bafouées. Les déceptions sont devenues familières avec la CAF. Il y a toujours des divergences, trop de choses se passent en coulisses... Toutefois, je crois qu’un facteur a davantage compliqué la situation : le public, les supporters et le citoyen lambda, qui ne disposent pas forcément des outils d’analyse nécessaires, ont longtemps été exposés à des scénarios empreints d’exagération. Les téléspectateurs ont entendu dire qu’il y aurait des sanctions lourdes, des suspensions sévères... Certains ont même insinué que la Coupe pourrait être retirée au Sénégal ou que le match pourrait être rejoué. C’est pourquoi nous avons toujours appelé à attendre la version officielle et à ne pas se laisser entraîner par les spéculations. »

« Au niveau de la FIFA ou encore du TAS, la situation aurait été différente ! »

Pour Fakhreddine, l’espoir était de voir une décision qui allait restaurer la confiance en les instances décisionnelles et disciplinaires de la CAF. Il n’en fut rien : « On attendait des décisions qui allaient soigner l’image de la CAF et de son jury disciplinaire, mais cela n’a pas été le cas. Une fois la décision dévoilée, nous avons été surpris de constater que le Maroc a été davantage sanctionné que le Sénégal. Nous avons écopé de suspensions et d’autres sanctions : une décision inacceptable pour le peuple marocain, et certainement pour les responsables de la FRMF aussi. La CAF nous a habitués à ce genre de déceptions et de décisions aberrantes. Au niveau de la FIFA ou encore du TAS, la situation aurait été différente, car là-bas, les décisions sont prises avec transparence. À la CAF, en revanche, beaucoup de choses se trament en coulisses. »

Le Maroc bénéficie-t-il vraiment d’un quelconque favoritisme ?

Pour Rajhi, qui avait accompagné les Lions de l’Atlas au Sénégal lors de la CAN 1992, l’élection de Fouzi Lekjaa au sein de la CAF, puis de la FIFA, a suscité une avalanche d’accusations. Les détracteurs ne cessent d’affirmer que le Maroc bénéficie de favoritisme, mais la situation actuelle vient balayer cette idée :

« Depuis l’élection de Fouzi Lekjaa au sein du comité exécutif de la FIFA, nous avons constaté une grande hostilité à notre égard. Il est désormais perçu comme un grand décideur au sein de la CAF, un homme à craindre, mais la réalité ne reflète en rien cette supposée puissance. Nous avons perdu la CAN féminine à domicile face au Nigéria, avec un arbitrage contesté. Nous avons aussi perdu la finale de la CAN U20, avant cette finale... Je ne pense pas que les choses vont changer au niveau de la CAF, car il y a une dissonance, due à l’intervention de plusieurs pays africains. Il faut aussi prendre en compte qu’une partie de ces acteurs ne considère pas le Maroc et d’autres pays maghrébins comme des Africains à part entière. J’irais même jusqu’à dire qu’ils ont tenu compte des positions de pays voisins, ou d’autres comme le Nigéria, le Mali et le Cameroun. »

Rajhi : « Il va falloir changer de vision, sans pour autant nous détacher de nos valeurs »

Le Maroc se retrouve face à deux options claires : avaler la pilule et se concentrer sur les prochaines échéances, ou faire appel de la décision auprès de la CAF, en vue d’une démarche future devant le TAS.

Pour Fakhreddine Rajhi, le Royaume doit avant tout revoir sa stratégie et ses relations avec les sphères footballistiques continentales :

« Il va falloir tirer des enseignements de cette situation. Il faudra changer de vision, sans pour autant nous détacher de nos valeurs ! Nous avons toujours été Africains, et nous le resterons, mais notre conception du football africain devra évoluer. Il faut aussi équilibrer nos positions. La qualité de l’organisation lors de la dernière CAN nous a valu de l’hostilité, car plusieurs visiteurs ont constaté que le tournoi s’est déroulé selon des standards européens, voire supérieurs. Ces comparaisons avec la réalité d’autres pays africains — que nous connaissons bien pour avoir sillonné le continent — ont généré une certaine amertume, voire de la jalousie. Cela explique ces positions de plus en plus hostiles. »

a commenté l’ex-international marocain.

Malgré une organisation irréprochable, saluée tant par les adversaires que les partenaires, le Maroc s’est retrouvé sous une pluie d’accusations infondées durant tout le tournoi et même après. Ces sanctions viennent, au moins, dissiper les allégations fallacieuses affirmant que le Royaume tirerait toutes les ficelles au sein de la CAF.
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