Passées les festivités du sacre continental, le Sénégal attend désormais de connaître la nature des sanctions qui pourraient découler des incidents extra-sportifs survenus lors de la finale de la CAN 2025 face au Maroc. La Confédération africaine de football (CAF) se retrouve face à un dossier brûlant, où le prestige de la compétition se heurte à des comportements susceptibles de coûter cher aux Lions de la Teranga. Si la victoire sportive semble acquise, le prix institutionnel et financier pourrait, lui, s’annoncer particulièrement élevé pour la fédération sénégalaise, ses joueurs et son encadrement technique.
Pas de victoire sur tapis vert du Maroc
L’un des points les plus débattus concerne l’éventualité d’une victoire sur tapis vert pour le Maroc. Sur ce volet, le règlement de la compétition se veut pourtant d’une clarté chirurgicale. Selon le chapitre 35, article 82 du règlement disciplinaire de la CAF, «une équipe qui refuse de continuer un match ou quitte le terrain sans autorisation est considérée comme ayant abandonné la rencontre». Toutefois, la lettre du texte, tout comme la jurisprudence, impose un constat officiel de fin de match par l’arbitre après un délai réglementaire. Or, dans le cas présent, les joueurs sénégalais, sous l’impulsion de leur capitaine Sadio Mané, sont revenus sur le rectangle vert avant l’expiration des quinze minutes réglementaires et avant que l’arbitre ne siffle la fin définitive de la rencontre. Ce retour, aussi tardif que chaotique, annule de facto la possibilité d’un forfait immédiat. Le Maroc ne devrait donc pas récupérer le titre par voie juridique, mais le Sénégal n’en sortira pas indemne pour autant.
Pape Thiaw dans la tourmente
Le premier à se retrouver dans l’œil du cyclone est le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw. En ordonnant à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre le penalty accordé aux Lions de l’Atlas, le technicien a franchi une ligne rouge, à la fois éthique et réglementaire. Ce geste de défiance envers le corps arbitral et l’organisation est assimilé à une incitation au boycott en plein match. Pape Thiaw risque une suspension pouvant aller de 2 à 6 matchs, susceptible de s’étendre sur plusieurs compétitions organisées par la CAF, ainsi qu’une amende comprise entre 10.000 et 20.000 dollars américains, conformément à l’article 82 du règlement disciplinaire de la CAF relatif à la conduite antisportive et au retrait volontaire d’une équipe. Au-delà de la sanction personnelle, c’est l’image du technicien qui sort sérieusement écornée, lui qui a transformé une finale continentale en scène de contestation globale, mettant en péril la sécurité des acteurs.
Les joueurs et la FSF face aux sanctions
Les joueurs ne sont pas en reste. Si leur retour sur le terrain a permis d’éviter un forfait pur et simple, le fait d’avoir quitté la pelouse sans autorisation constitue une infraction disciplinaire individuelle. La commission de discipline pourrait ainsi infliger des suspensions de plusieurs matchs aux cadres de l’équipe identifiés comme meneurs de la fronde. Ces sanctions pourraient avoir un impact direct sur les prochaines échéances officielles, notamment en vue des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, en privant le Sénégal de certains de ses éléments clés. Enfin, le volet le plus sombre concerne les tribunes. Les actes d’hooliganisme observés chez une frange des supporters sénégalais, marqués par des jets de projectiles et des tentatives d’envahissement de la pelouse, exposent la Fédération sénégalaise de football (FSF) à des amendes particulièrement lourdes. Des sanctions financières conséquentes, accompagnées de matchs à huis clos ou sur terrain neutre, pourraient être prononcées. Ces incidents ont non seulement terni la fête du football africain, mais ont également créé un précédent sécuritaire que la CAF ne peut ignorer sans compromettre sa crédibilité.
