Les Lions de l’Atlas effectueront donc leur baptême post-CAN 2025 durant la fenêtre FIFA de mars avec deux matchs amicaux face à l’Équateur et au Paraguay. En optant pour ces deux adversaires, la Fédération Royale marocaine de football ne se contente pas de cocher des dates ; elle dessine les contours d’un nouveau départ après la désillusion de la CAN perdue. Cette séquence printanière dépasse largement le simple cadre amical. Elle s’annonce comme un véritable laboratoire tactique pour apprivoiser le Groupe C du Mondial 2026 (Brésil, Écosse, Haïti) et comme une étape clé pour ressouder un collectif encore marqué par la perte du trophée continental.
L’Équateur ou le défi de la modernité athlétique
Le choix de l’Équateur comme premier sparring-partner relève d’une logique implacable. Troisième nation de la zone CONMEBOL à avoir validé son billet pour le Mondial 2026, la «Tri» s’est affirmée comme un modèle de solidité et de verticalité. Sa principale force réside dans un savant mélange entre discipline défensive et explosivité offensive. Le football équatorien s’est métamorphosé, fusionnant la grinta sud-américaine avec une exigence physique d’inspiration européenne, incarnée par l’infatigable Moisés Caicedo. Pour le Maroc, l’enjeu sera clair : apprendre à survivre face à un pressing étouffant et à une intensité rarement rencontrée sur le continent africain.
Un test de résistance grandeur nature qui contraindra les Lions à une solidarité irréprochable pour ne pas plier sous les transitions éclairs d’un adversaire qui ne concède aucun répit.
Un test de résistance grandeur nature qui contraindra les Lions à une solidarité irréprochable pour ne pas plier sous les transitions éclairs d’un adversaire qui ne concède aucun répit.
Le Paraguay et le retour de la rigueur défensive
Face au Paraguay, les hommes de Walid Regragui se mesureront à une véritable école de résilience mentale et tactique. Sous la houlette de Gustavo Alfaro, l’«Albirroja» a retrouvé son ADN, bâti sur une organisation défensive rigoureuse et une culture du duel sans compromis. Les Paraguayens excellent dans l’art de faire déjouer, brisant le rythme et frappant avec efficacité sur phases arrêtées, un secteur redevenu leur marque de fabrique. Le Maroc devra prouver sa capacité à garder lucidité et patience face à un bloc bas, une configuration qui lui a souvent posé problème lors de la dernière CAN. Ce duel servira de terrain d’expérimentation pour affiner l’utilisation des couloirs et la précision dans le dernier geste, tout en évitant la moindre déconcentration sur coup de pied arrêté.
L’impératif d’un renouveau générationnel
Au-delà des considérations tactiques, cette fenêtre de mars pourrait symboliser le point de départ d’une transition attendue au sein de l’effectif. Si Walid Regragui conserve les commandes, la pression sera forte pour insuffler du sang neuf et éviter toute forme de stagnation après l’échec en finale de la CAN. La vox populi réclame une intégration audacieuse des jeunes talents qui frappent à la porte, à l’image d’Othmane Maamma ou Yassir Zabiri, capables d’apporter fraîcheur et insouciance. Le renouveau ne signifie pas révolution brutale, mais redistribution des rôles où le statut ne garantit plus l’immunité. En injectant une dose de jeunesse et de concurrence, le sélectionneur peut recréer une dynamique interne essentielle pour régénérer la cohésion du groupe. C’est en préparant dès aujourd’hui la relève que le Maroc pourra transformer la déception en tremplin, consolidant ainsi sa compétitivité face aux géants du football mondial.
