Le titre de champion du monde des moins de 20 ans n’a visiblement pas rassasié Mohamed Ouahbi, qui s’apprête à aborder la Coupe du monde FIFA 2026 avec un appétit grandissant. Lors de l’entretien accordé à la chaîne nationale spécialisée «Arryadia», le successeur de Walid Regragui s’est montré rassurant et rassuré ! Avec un discours beaucoup moins affectif et dans un registre empreint de confiance, Ouahbi a d’abord expliqué sa vision et sa stratégie avec les Lions de l’Atlas, avant d’afficher des ambitions débordantes. Pour le natif de Bruxelles, le Maroc a légitimement le droit de se porter candidat au titre de la prochaine Coupe du monde FIFA 2026 : «Il faut être réaliste : au vu de ce que représente le Maroc aujourd'hui, de son rayonnement mondial et de la qualité de nos joueurs, on peut légitimement rêver de tout et vouloir gagner chaque match. Le réalisme, c'est aussi savoir que c'est du football et qu'on peut être éliminé dès le premier tour. Mais je crois fermement que nous pouvons aller au bout et remporter la Coupe du monde.»
Pour Ouahbi, considérer la consécration et y croire n’est pas un luxe, mais une nécessité : «Viser le titre suprême insuffle une dynamique indispensable, même si l'objectif n'est pas atteint cette fois-ci, cette culture de la gagne perdure pour les compétitions suivantes et vous finissez par l'atteindre un jour. Le Maroc sera champion du monde un jour. Ce ne sera peut-être pas avec moi, mais notre travail actuel y contribue, dans la continuité de ce qu'ont bâti Walid Regragui ou Vahid Halilhodžić avant nous. Nous allons en Coupe du monde pour être performants immédiatement, pas seulement pour préparer l'échéance de 2030. C'est le message clair que j'ai passé aux joueurs dès le premier jour.»
Mohamed Ouahbi : «Parfois, nous aurons moins le ballon, mais nous serons beaucoup plus efficaces»
En plus de l’élimination précoce en Coupe d’Afrique des nations 2023 (Côte d’Ivoire), le manque d’efficacité face à des blocs compacts ou bas a nettement altéré la relation entre Walid Regragui et les supporters marocains. Ces derniers ont commencé à perdre confiance après une succession de victoires étriquées, malgré une possession très favorable et une supériorité indiscutable sur papier. Mohamed Ouahbi en a certainement pris conscience et a déjà proposé une solution : céder davantage le ballon pour plus de réalisme. «Mon identité et ma philosophie de jeu dépendent énormément du profil des joueurs à disposition. On sélectionne les plus performants, mais on doit s'adapter. Les joueurs qui me connaissent savent que je n'ai pas d'idées figées ou de jeu de position arrêté. J'affectionne un style hybride : une manière d'attaquer et une autre de défendre selon que la pression adverse est haute ou basse, ou que l'on construise face à un ou deux attaquants. Mon objectif est de contrôler le match, et pour cela, on n'a pas forcément besoin du ballon... Parfois, nous aurons moins le ballon, mais nous serons beaucoup plus efficaces et tranchants. C’est ce qui définit mon approche. La structure mise en place doit être vivante et dynamique, et le rôle des joueurs y est primordial» a expliqué le «Schaerbeekois», qui s’apprête à surprendre ses adversaires du premier tour par son style «hybride» tellement attendu.
Le sélectionneur a reconnu que le football n’est pas une science exacte. Toutefois, son staff est décidé à apporter de la fierté aux supporters, quels que soient les obstacles : «Nous sommes pleinement conscients que 40 millions de Marocains se tiennent derrière cette équipe et attendent d'elle qu'elle les rende fiers de leur pays. Nous allons tout mettre en œuvre pour honorer cette attente. En football, on ne peut jamais garantir un résultat à l'avance, mais je vous garantis que nous avons tout le talent et les moyens nécessaires pour vous rendre fiers, et nous ferons tout pour que cela se réalise». Les premiers éléments de réponse seront livrés le 26 mai prochain, d’abord avec le match amical face au Burundi, puis avec l’annonce de la liste finale pour le Mondial 2026 en soirée.
