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Mercredi 15 Juillet 2026
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Mondial 2026 : Avec Amrabat, Ouahbi désamorce sans brûler les ponts

S'armant, comme à l'accoutumée, de calme et de pédagogie, Mohamed Ouahbi a réussi à désamorcer les bruits de couloir nés des déclarations du frère de Sofyan Amrabat, qui aurait exprimé son insatisfaction quant au mode de gestion adopté par Ouahbi en sélection. Répliquant lors de la conférence de presse de mardi au complexe Mohammed VI, le sélectionneur a préféré saluer le professionnalisme de son joueur et minimiser une "réaction émotionnelle" classique en famille, dont il a pris l'habitude au fil de ses années en tant que formateur.

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Il y a des tempêtes dans des verres d’eau qui, si l'on n’y prend garde, finissent par inonder le vestiaire. Face aux propos émis par l'entourage de Sofyan Amrabat, Mohamed Ouahbi a choisi mardi, en conférence de presse, de revêtir le costume de pompier-éducateur. Sans jamais hausser le ton, le sélectionneur national a balayé avec beaucoup de froideur tout malaise, renvoyant la frustration du milieu de terrain à sa juste valeur : celle d'un joueur assoiffé de temps de jeu et d'une famille qui souffre de le voir sur le banc. Au moment où plusieurs pays africains, arabes et asiatiques ont reçu leurs délégations en fanfare, la toile marocaine s’est embrasée, tandis que d'autres se sont appliqués à chercher des failles dans un groupe pourtant quart-de-finaliste de la Coupe du Monde !



On attendait Mohamed Ouahbi au tournant de la justification défensive, mais il a préféré livrer une leçon de management humain et de psychologie sportive : "vous savez, moi, toute ma carrière, je l'ai faite chez les jeunes. Donc moi, j'ai passé plus de temps à faire des bilans et des évaluations avec les parents qu'avec les joueurs. Donc je sais ce que c'est que l'émotion des parents, l'émotion des familles. Ils parlent dans l'émotion. Le frère était triste, n'était pas content de la situation, il a dit des choses. Et moi, je trouve que Sofyane Amrabat, c'est quelqu'un avec beaucoup de caractère et qui vous affronte, qui vous dit les choses. Si quelqu'un comme lui n'est pas venu me dire les choses, après, c'est que voilà, il était juste déçu de ne pas beaucoup jouer. Mais après, en même temps, je ne pense pas qu'il ait un problème avec moi... Sincèrement, ça ne me fait rien du tout. J'ai tellement vécu ça avec les parents que je connais ça".

Ouahbi loue le comportement irréprochable de Sofyane à l'entraînement

Avec le flegme de l’éducateur qui a vu passer des centaines de jeunes talents et autant de parents impatients au cours de sa carrière, le technicien national a d'emblée dégonflé la baudruche. Ouahbi n'a pas tari d'éloges sur le joueur de caractère qu'est le cadet de la fratrie Amrabat, car il est inconcevable d'en faire un banni ou un rebelle de vestiaire : "A mon arrivée en sélection, on m'a fait comprendre que Sofyane doit jouer. Il faut le gérer, parce qu'il vous dit tous les jours qu'il doit jouer, il veut montrer tous les jours sur le terrain... c'est vrai qu'on a eu une discussion avant le Brésil où il sentait qu'il n'allait peut-être pas commencer. Je lui ai dit que si je l'avais pris, c'était pour qu'il nous aide. Quand ? Où ? je ne sais pas, mais il sera appelé à le faire. C'est quelqu'un qui ose parler, qui ose dire les choses. Oui, il était déçu de ne pas jouer, mais à chaque fois le lendemain, sur le terrain, il s'entraînait fort. Et c'est pour ça qu'il a eu du temps de jeu aussi". Force est de reconnaître que si le joueur du Betis Séville a rongé son frein sur le banc, c'est uniquement sous le coup de la loi de la concurrence, avec les éclosions et confirmations de Bouaddi, El Aynaoui ou El Mourabet.

Gérer l'ego pour préserver le collectif

En clôturant ce chapitre avec autant de détachement, Mohamed Ouahbi pose un jalon important pour la suite de son mandat. En ne tombant pas dans le piège de la confrontation directe, il préserve l'institution de l'Équipe Nationale tout en laissant la porte grande ouverte à un cadre indispensable du vestiaire.

La concurrence est féroce, le standing des Lions de l'Atlas exige de la hauteur, et Ouahbi vient de prouver que s'il sait élaborer des schémas tactiques, il sait aussi apaiser les esprits.
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