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L’inclusion financière jusque sur les bancs de l’école

Les premières actions d’éducation financière démarreront en 2014-2015 dans le cadre d’activités parascolaires. Cette discipline deviendra une matière à part entière après révision des programmes.

L’inclusion financière jusque sur  les bancs de l’école
La Banque centrale s’est associée avec le CDVM, la DAPS, la Bourse de Casablanca, le GPBM et la FMSAR notamment pour créer la Fondation marocaine pour l’éducation financière.

L’éducation financière fera bel et bien son entrée à l’école marocaine. Mais ce n’est pas pour la prochaine rentrée, car toutes les conditions de réussite de cette opération ne sont pas encore réunies. La Fondation marocaine pour l’éducation financière doit d’abord boucler son référentiel d’apprentissage. C’est un document qui se base sur les expériences internationales pour préciser ce que les jeunes doivent apprendre en fonction de leur âge. Le travail est en cours.

La Fondation planchera par la suite sur la définition des programmes et la formation des formateurs. Ce chantier sera mené, en partie, durant l’année scolaire 2013-2014. In fine, l’éducation financière touchera annuellement plus de 6 millions de jeunes scolarisés dans le Royaume. «L’objectif est de leur apprendre certaines bonnes pratiques et de leur inculquer des valeurs de nature à leur faciliter la gestion de leurs finances personnelles», souligne Nezha Saadani, membre exécutif de la Fondation et directrice communication de Bank Al-Maghrib. A cet effet, la Fondation a opté pour une implémentation en plusieurs phases, nous explique-t-elle.

Au départ, il sera question d’organiser des ateliers et mener des actions de sensibilisation dans le cadre d’activités parascolaires. C’est ce qui est prévu pour l’année scolaire 2014-2015. Mais les discussions sont toujours en cours entre la Fondation marocaine pour l’éducation financière et le ministère de l’Education nationale. L’étape suivante : enrichir certaines matières existantes de chapitres relatifs à l’éducation financière. La dernière étape consiste à créer des matières à part entière dédiées à cette discipline. Ce qui nécessite la révision des programmes scolaires.

Toujours à destination des enfants, la Fondation s’appuie sur un autre partenaire : Child and Youth Finance International (CYFI). C’est une organisation non gouvernementale basée à Amsterdam qui a pour vocation l’inclusion financière des enfants et des jeunes. Elle a d’ailleurs déjà accompagné la Fondation marocaine dans l’organisation de la 2e édition des journées de la finance pour les enfants et les jeunes, en mars 2013, ayant bénéficié à environ 60.000 enfants. CYFI recense plus de 25 pays qui organisent des événements dédiés à l’éducation financière des enfants.

Le programme international «Aflatoun» pourrait aussi intervenir au Maroc. D’origine indienne, il vise à «enseigner aux enfants les rudiments de la finance et de la gestion budgétaire, tout en leur faisant découvrir leur droits et responsabilités, et en les sensibilisant à leur propre personne et à l’environnement qui les entoure. L’ambition de ce projet est d’inclure des cours de finance simple et de base, très tôt dans les programmes scolaires», lit-on dans un document présentant ce programme. La contribution de «Aflatoun» au Maroc pourrait prendre la forme notamment de formations de formateurs. Et ce n’est pas tout. La Fondation continue toujours de tisser sa toile aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. «Cette démarche est incontournable pour nous. Afin de favoriser l’inclusion financière et la protection du consommateur, nous voulons être un acteur fédérateur», explique notre interlocutrice. D’ailleurs, des conventions seront signées avec l’Agence de développement social, le Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire et l’Office national pour le conseil agricole.

Un autre partenariat est en cours d’élaboration avec le ministère de l’Artisanat. Tous ces partenaires vont permettre à la Fondation marocaine pour l’éducation financière de jouer son rôle. Actuellement, elle est en train de définir des plans d’action avec certains d’entre eux pour passer à l’action. Mais aucun engagement sur des plannings n’est encore fixé.

L’apport de la Fondation concerne l’élaboration de modules de formation, la formation des formateurs et la mobilisation des partenaires. Elle a également comme rôle de mener des campagnes nationales de sensibilisation de la population en vue d’améliorer les connaissances des risques financiers et des moyens pour s’en prémunir. La Fondation définira aussi des plans d’actions avec ses membres fondateurs qui sont, entre autres, Bank Al-Maghrib, l’Education nationale, l’Economie et Finances, le CDVM, la DAPS, la Bourse de Casablanca, le GPBM et la FMSAR.

Par ailleurs, la Fondation prend en considération les Principes de Haut niveau de l’OCDE pour la mise en place d’une stratégie nationale de l’éducation financière, validés lors du Sommet du G20 réuni en juin 2012. Elle puise aussi dans les réalisations et réflexions de l’Alliance pour L’Inclusion Financière (AFI), dont le Maroc est membre depuis juin 2011. Ce réseau de décideurs des pays émergents, créé en 2008, regroupe plus de 85 pays. Sa mission consiste à accélérer l’adoption de solutions politiques efficaces par l’ensemble des pays membres, dans le but de fournir l’accès aux services financiers aux 2,5 milliards de personnes qui en sont exclues.

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