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La Biennale d’art contemporain de Diriyah 2026 ouvre ses portes sous le signe du mouvement et des circulations

La Biennale d’art contemporain de Diriyah ouvre sa troisième édition sous le signe du mouvement, des circulations et des mémoires partagées. Réunissant 68 artistes issus de plus de 37 pays, l’événement, intitulé «In Interludes and Transitions», investit le district créatif de Jax jusqu’au 2 mai 2026 et propose une réflexion sensible sur les déplacements, les transmissions culturelles et les formes contemporaines de création.

La troisième édition de la Biennale d’art contemporain de Diriyah a ouvert au public le 30 janvier 2026 à Jax, le quartier créatif de Diriyah, en Arabie saoudite. Intitulée «In Interludes and Transitions», la manifestation se poursuit jusqu’au 2 mai 2026 et réunit 68 artistes issus de plus de 37 pays autour d’une réflexion sur les déplacements, les migrations et les formes de transmission culturelle.

Organisée par la Diriyah Biennale Foundation, cette édition s’inscrit dans un site emblématique, à proximité du quartier historique d’At-Turaif, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle confirme la volonté de l’Arabie saoudite de s’imposer comme une plateforme majeure de création contemporaine, à la croisée des scènes artistiques régionales et internationales.

Placée sous la direction artistique conjointe de Nora Razian et Sabih Ahmed, la Biennale propose une lecture du monde à travers l’idée de procession : un enchaînement de passages, de flux et de transformations qui traversent les territoires, les mémoires et les pratiques artistiques. Les œuvres présentées explorent ces dynamiques à travers des médiums variés : arts visuels, installations, performances, musique, cinéma et architecture, en mettant l’accent sur les récits oraux, les sons et les gestes comme vecteurs de mémoire.



L’exposition s’étend sur près de 13.000 m² au sein des halls, cours et terrasses du district de JAX. La scénographie, conçue par le studio italien Formafantasma, transforme l’architecture industrielle du site en un parcours fluide, ponctué de volumes colorés, de passages courbes et de perspectives ouvertes, invitant le visiteur à une déambulation continue plutôt qu’à une lecture linéaire.

Parmi les temps forts de cette édition figure une importante commande artistique confiée à l’artiste saoudien Mohammed Alhamdan (7amdan). Intitulée «Folding the Tents» (2026), cette procession traverse la vallée de Wadi Hanifah avant de rejoindre le site de la Biennale à JAX, où elle s’achève par une performance musicale du Miniawy Trio. À travers ce projet, l’artiste interroge la transformation des rituels collectifs et leur réinvention à l’ère des technologies électriques et numériques.

La Biennale 2026 accorde une place centrale à la musicalité et aux formes sonores, considérées comme des modes essentiels de transmission des histoires sociales dans le monde arabe et au-delà. Cette approche se reflète dans de nombreuses œuvres qui mobilisent la voix, le rythme et l’écoute comme outils de narration et de résistance face aux bouleversements contemporains.

Selon Aya AlBakree, directrice générale de la Fondation de la Biennale de Diriyah, cette édition marque une étape importante dans le développement de l’institution, qui célèbre son cinquième anniversaire. Elle souligne la diversité des pratiques artistiques présentées et le rôle croissant de Diriyah comme espace de rencontre, de production et de réflexion culturelle, tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Avec «In Interludes and Transitions», la Biennale d’art contemporain de Diriyah invite le public à penser le monde non comme un ensemble de frontières fixes, mais comme un tissu de trajectoires, de récits et de relations en perpétuelle recomposition, une vision résolument en phase avec les enjeux artistiques et sociétaux contemporains.

Participation d’Amina Saoudi Aït Khay

Parmi plus de 60 artistes participants à la Biennale d’art contemporain de Diriyah, on découvre les créations d’Amina Saoudi Aït Khay. Née à Casablanca en 1955 et installée depuis près de quarante ans à Tunis, cette artiste marocaine développe une œuvre profondément ancrée dans la mémoire du tissage marocain. Initiée très jeune à cet art par sa mère, elle inscrit sa pratique dans une transmission féminine et amazighe multigénérationnelle.

Travaillant sur un métier à tisser vertical qu’elle aborde comme une toile, Amina Saoudi Aït Khay transforme le tissage de laine traditionnel en un langage plastique contemporain, fait de formes abstraites et de rythmes graphiques improvisés. Ses œuvres, réalisées à partir de teintures naturelles, évoquent des paysages intimes entre le Maroc et la Tunisie et sont aujourd’hui présentes dans plusieurs collections internationales majeures, dont le Guggenheim Abu Dhabi et la Fondation Kamel Lazâar.
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