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Changements climatiques: le salut de l'agriculture passe par la recherche scientifique

L’heure est grave et l’engagement pour la sécurité alimentaire pour tous devient une urgence. C’est en somme ce que les invités de la première conférence organisée ce mardi, deuxième jour du SIAM, ont tenu à rappeler à travers leurs interventions. À leur tête, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohamed Sadiki, qui a donné le coup d’envoi de cette conférence.

Ph. Sradni
Ph. Sradni
Placée sous le thème de la recherche agricole, cette conférence de haut niveau a été l’occasion d’identifier les bases pour une stratégie efficace dans ce domaine avec comme priorité : trouver des solutions innovantes pour faire aux défis climatiques au Maroc et dans le monde. «Les changements climatiques touchent le secteur agricole de plein fouet. Nous avons assisté ces dernières années à une baisse sans précédent des ressources hydriques à cause des faibles pluies. Cette situation impacte donc la campagne agricole ainsi que tout le secteur, notamment en matière d’emploi», a indiqué le ministre de l'Agriculture dans son allocution d’ouverture.

M. Sadiki a ainsi expliqué que le cumul pluviométrique national moyen à la mi-avril était de 224 mm, soit une baisse de 29% par rapport à la moyenne des 30 dernières années (317 mm) et une hausse de 8% par rapport à la campagne précédente (207 mm) à la même date. La réserve globale des barrages à usage agricole s’élève actuellement à près de 4,33 milliards de m³, soit le même niveau que celui enregistré lors de la campagne précédente.

La recherche et l'innovation agricoles, des priorités mondiales, régionales et nationales

Face à cette situation, la sécurité agricole et alimentaire devient une priorité qui nécessite, de la part des tous les acteurs concernés, un engagement sérieux pour trouver les solutions innovantes et durables à même de permettre de faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain. Et les défis sont nombreux, note le ministre. «Le plus grand défi que nous devons relever est celui d’assurer la sécurité alimentaire dans un contexte marqué par la pénurie d’eau. Le secteur se trouve donc devant une équation difficilement équilibrée : assurer des produits diversifiés, suffisants et de qualité en utilisant le minimum de ressources naturelles et en particulier l’eau. La résolution de cette équation n’est possible qu’à travers des programmes organisés de recherche agricole», a souligné le ministre.



En effet, seule une stratégie poussée de recherche agricole ciblant toute la chaîne de valeur peut permettre de produire efficacement et durablement. «Le Maroc est engagé, à travers une vision Royale claire, pour assurer sa souveraineté alimentaire». Cette vision se traduit par des politiques qui fixent les priorités et trace le chemin pour promouvoir la recherche et l’innovation agricole. «Le monde a pris conscience depuis des années de l’importance d’accentuer les politiques favorables à la recherche et l’innovation agricole. Des avancées majeures ont été réalisées, que ce soit au niveau des techniques de production agricole, de l’utilisation durable des terres ou de l’irrigation ciblée. Mais ces efforts s’avèrent insuffisants aujourd’hui face à la rapidité des changements climatiques», alerte le ministre.
Le Maroc a également avancé en la matière, mais il faut encore redoubler d’efforts, notamment en ce qui concerne les budgets alloués à la recherche agricole. L’objectif étant de renforcer davantage nos compétences de recherche et former les profils capables de porter des projets innovants. «La stratégie “Génération Green” fait de la recherche agronomique un des leviers fondamentaux dans la transformation des systèmes de production agricole et alimentaire, et l'amélioration des chaînes de valeur agricoles et du secteur agricole et agro-alimentaire au Maroc», ajoute M. Sadiki.

Représentant son pays, invité d’honneur de cette édition du SIAM, le ministre espagnol de l'Agriculture, de la pêche et de l’alimentation, Luis Planas, a également rappelé l’importance de la recherche agricole pour faire face aux changements climatiques. «Le sujet s’impose à nous tous, que ce soit en Europe ou en Afrique, au Maroc ou en Espagne. Ces changements climatiques se traduisent donc par des niveaux de pluviométrie moindres et des hausses des températures. Ceci a des conséquences sur la santé humaine et sur le secteur agricole et la production d’aliments», note le ministre. Et de préciser que le Maroc et l’Espagne doivent œuvrer conjointement pour élaborer une stratégie de lutte contre les changements climatiques. Cet objectif est aussi celui de toute la planète, avec en tête l’organisation des Nations unies, notamment dans le cadre des ODD 2030.
«Nous devons également réfléchir à comment s’adapter à ces changements», précise le responsable. Et de noter que le Maroc et l’Espagne ont les mêmes défis à relever en matière de lutte contre les effets néfastes du changement climatique, «raison de plus pour renforcer notre coopération agricole». Dans ce sens, les deux pays sont engagés à travailler davantage sur plusieurs fronts, notamment la recherche et l’innovation agricoles, la sélection de variétés végétales capables de résister aux nouvelles conditions climatiques, ainsi que les nouvelles techniques génomiques. L’autre défi prioritaire est celui de trouver des solutions innovantes pour gérer la pénurie d’eau : utiliser moins d’eau grâce à une agriculture de précision, optimiser les techniques de traitement et de réutilisation des eaux non conventionnelles, les eaux usées et les eaux dessalées pour la production agricole.

Recherche agricole : quelques pistes de solutions

Les intervenants à cette conférence inaugurale ont ainsi été unanimes à dire que le monde traversait une crise climatique sans précédent, caractérisée par des températures élevées et un manque de précipitations, entraînant une sévère diminution des ressources hydriques, la détérioration des sols et menaçant la sécurité alimentaire. Dans ce contexte, le développement de solutions efficaces pour venir en aide aux populations les plus touchées par ces phénomènes et la réflexion sur une agriculture plus résiliente s’avèrent urgents.

Comme pistes de réflexion, les intervenants ont appelé à sensibiliser davantage à la problématique du changement climatique et à engager le secteur public et privé pour développer des technologies et des solutions agricoles adaptées et résilientes. La mobilisation internationale devrait également passer par une gouvernance appropriée du Système national de recherche agricole, des moyens à mettre à la disposition de la recherche et l'innovation à la hauteur des ambitions de son développement, la collaboration entre les chercheurs des différentes disciplines et le renforcement de la coopération internationale en matière de recherche et développement agricole.
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