La rencontre organisée par le Centre d’études et de recherches Aziz Belal autour de l’ouvrage «Enjeux de l’emploi : l’entreprise est-elle au rendez-vous ?» a permis des lectures croisées qui ont mis en lumière la complexité de la problématique de l'emploi et de la nécessité d'une convergence des efforts publics et privés pour relever le défi du chômage.
En effet, la question posée par l’ouvrage a servi de point de départ à une réflexion attentive sur les équilibres fragiles qui structurent aujourd’hui le marché du travail. À travers les échanges, la relation entre croissance économique, dynamiques entrepreneuriales et création d’emplois a été interrogée à l’aune des transformations en cours, qu’elles soient productives, technologiques ou sociales. Plus qu’un simple débat théorique, la discussion a cherché à éclairer les décalages persistants entre les promesses de la performance économique et les réalités concrètes de l’emploi, ouvrant ainsi un espace de questionnement sur les choix et les orientations qui façonnent les trajectoires économiques contemporaines.
En effet, la question posée par l’ouvrage a servi de point de départ à une réflexion attentive sur les équilibres fragiles qui structurent aujourd’hui le marché du travail. À travers les échanges, la relation entre croissance économique, dynamiques entrepreneuriales et création d’emplois a été interrogée à l’aune des transformations en cours, qu’elles soient productives, technologiques ou sociales. Plus qu’un simple débat théorique, la discussion a cherché à éclairer les décalages persistants entre les promesses de la performance économique et les réalités concrètes de l’emploi, ouvrant ainsi un espace de questionnement sur les choix et les orientations qui façonnent les trajectoires économiques contemporaines.
Les chiffres, un outil nécessaire, mais insuffisant
La discussion autour des statistiques a constitué l’un des points saillants de la discussion, chacun des intervenants y revenant à partir de son propre champ d’analyse pour en questionner les usages autant que les interprétations. Si les chiffres demeurent indispensables pour orienter les politiques publiques, ils ne suffisent pas, à eux seuls, à rendre compte des transformations profondes du marché du travail.
Professeur universitaire, économiste et ancien ministre de l’Emploi et des affaires sociales, Abdeslam Seddiki a ainsi interrogé la manière dont certains indicateurs sont mobilisés dans l’espace public, estimant qu’une connaissance plus fine du chômage supposerait la mise en place d’un système administratif structuré d’enregistrement des demandeurs d’emploi. À ses yeux, l’absence de dispositifs plus précis entretient des lectures partielles des dynamiques économiques.
Adoptant une approche plus technique, l’économiste et statisticien Abdelouahed El Jaï a rappelé les contraintes méthodologiques auxquelles est soumis le Haut-Commissariat au Plan, soulignant que les enquêtes par échantillonnage – conduites auprès d’environ 90.000 ménages – impliquaient nécessairement une marge d’erreur. Il a également distingué les statistiques monétaires, fondées sur des données comptables, des statistiques macroéconomiques construites à partir d’estimations.
L’auteur et penseur Noureddine El Hachimi Oudghiri a, quant à lui, mis en garde contre les effets trompeurs des moyennes statistiques, capables de masquer des réalités territoriales et sociales hétérogènes. Dans le prolongement de cette réflexion, le pharmacien et acteur associatif Abdelhafid Oualalou a plaidé pour une lecture qualitative des données, appelant à dépasser l’énumération des chiffres pour en dégager des pistes d’action concrètes.
Professeur universitaire, économiste et ancien ministre de l’Emploi et des affaires sociales, Abdeslam Seddiki a ainsi interrogé la manière dont certains indicateurs sont mobilisés dans l’espace public, estimant qu’une connaissance plus fine du chômage supposerait la mise en place d’un système administratif structuré d’enregistrement des demandeurs d’emploi. À ses yeux, l’absence de dispositifs plus précis entretient des lectures partielles des dynamiques économiques.
Adoptant une approche plus technique, l’économiste et statisticien Abdelouahed El Jaï a rappelé les contraintes méthodologiques auxquelles est soumis le Haut-Commissariat au Plan, soulignant que les enquêtes par échantillonnage – conduites auprès d’environ 90.000 ménages – impliquaient nécessairement une marge d’erreur. Il a également distingué les statistiques monétaires, fondées sur des données comptables, des statistiques macroéconomiques construites à partir d’estimations.
L’auteur et penseur Noureddine El Hachimi Oudghiri a, quant à lui, mis en garde contre les effets trompeurs des moyennes statistiques, capables de masquer des réalités territoriales et sociales hétérogènes. Dans le prolongement de cette réflexion, le pharmacien et acteur associatif Abdelhafid Oualalou a plaidé pour une lecture qualitative des données, appelant à dépasser l’énumération des chiffres pour en dégager des pistes d’action concrètes.
Croissance sans emploi : la rupture d’un paradigme économique
La relation entre croissance économique et création d’emplois a occupé une place centrale dans les échanges, révélant une interrogation croissante autour d’une équation longtemps tenue pour acquise. L’idée selon laquelle la progression économique entraînerait mécaniquement une expansion de l’emploi a ainsi été réexaminée à la lumière des transformations récentes du système productif. Pour Abdeslam Seddiki, les emplois créés ces dernières années se concentrent largement dans des segments précaires ou à faible valeur ajoutée. Parallèlement, l’industrie – qu’il considère comme un levier structurant – ne joue plus le même rôle moteur dans l’absorption de la main-d’œuvre, ce qui invite à repenser les priorités sectorielles des politiques économiques.
Dans le prolongement de cette analyse, Noureddine El Hachimi Oudghiri a rappelé que l’intensité en emploi de la croissance s’était nettement réduite : alors qu’un point de croissance pouvait générer environ 30.000 emplois dans les années 1990, il n’en produirait aujourd’hui qu’environ 15.000, notamment en raison des transformations technologiques et de l’évolution des modes de production. Ces constats ont alimenté une réflexion plus large sur les mutations en cours du modèle économique, invitant à dépasser les corrélations simplifiées entre investissement, croissance et création d’emplois afin de mieux saisir les mécanismes qui structurent désormais le marché du travail.
Dans le prolongement de cette analyse, Noureddine El Hachimi Oudghiri a rappelé que l’intensité en emploi de la croissance s’était nettement réduite : alors qu’un point de croissance pouvait générer environ 30.000 emplois dans les années 1990, il n’en produirait aujourd’hui qu’environ 15.000, notamment en raison des transformations technologiques et de l’évolution des modes de production. Ces constats ont alimenté une réflexion plus large sur les mutations en cours du modèle économique, invitant à dépasser les corrélations simplifiées entre investissement, croissance et création d’emplois afin de mieux saisir les mécanismes qui structurent désormais le marché du travail.
L’entreprise face à l’emploi : un paradoxe conceptuel ?
La question centrale posée par l’ouvrage – l’entreprise est-elle véritablement au rendez-vous de l’emploi ? – a suscité des lectures nuancées, révélant des conceptions différentes de sa fonction dans le système économique. Noureddine El Hachimi Oudghiri a ainsi rappelé que l’entreprise se définissait avant tout par sa capacité à mobiliser des ressources dans un environnement marqué par l’incertitude. Une telle approche conduit à relativiser l’idée selon laquelle la création d’emplois constituerait sa finalité première, celle-ci relevant plutôt des dynamiques indirectes de l’activité économique.
À l’inverse, Abdelouahed El Jaï, économiste et statisticien marocain, a défendu une lecture plus ancrée dans l’économie politique classique, soulignant l’interdépendance structurelle entre capital et travail. Si la recherche du profit demeure le moteur de l’entreprise, l’emploi n’en constitue pas moins une nécessité inhérente au fonctionnement du système productif : sans travail, la production se priverait des consommateurs capables d’en assurer les débouchés.
Pour sa part, Abdeslam Seddiki a attiré l’attention sur le rôle des petites et moyennes entreprises, qu’il considère comme particulièrement intensives en emploi. Il a toutefois regretté leur marginalisation prolongée dans les orientations économiques, estimant que leur potentiel en matière de création d’emplois n’avait pas été pleinement mobilisé.
À l’inverse, Abdelouahed El Jaï, économiste et statisticien marocain, a défendu une lecture plus ancrée dans l’économie politique classique, soulignant l’interdépendance structurelle entre capital et travail. Si la recherche du profit demeure le moteur de l’entreprise, l’emploi n’en constitue pas moins une nécessité inhérente au fonctionnement du système productif : sans travail, la production se priverait des consommateurs capables d’en assurer les débouchés.
Pour sa part, Abdeslam Seddiki a attiré l’attention sur le rôle des petites et moyennes entreprises, qu’il considère comme particulièrement intensives en emploi. Il a toutefois regretté leur marginalisation prolongée dans les orientations économiques, estimant que leur potentiel en matière de création d’emplois n’avait pas été pleinement mobilisé.
Vers une nouvelle hiérarchie de la valeur
La question de la transformation des mécanismes de création de valeur a constitué par ailleurs l’un des points essentiels des échanges, ouvrant une réflexion sur les mutations profondes qui redéfinissent aujourd’hui les logiques économiques. Noureddine El Hachimi Oudghiri a illustré cette évolution à travers une comparaison parlante entre productions à faible contenu technologique et biens à forte intensité de savoir : d’un kilogramme de produit agricole valorisé à quelques dollars jusqu’au kilogramme de satellite pouvant atteindre près d’un million de dollars. Une telle progression, a-t-il souligné, traduit le déplacement du centre de gravité de la richesse vers le capital humain et la densité technologique des activités.
Dans le prolongement de cette analyse, il a mis en avant la nécessité de distinguer clairement automatisation, robotisation et intelligence artificielle. Cette dernière représenterait, selon lui, une rupture qualitative majeure, introduisant des capacités cognitives nouvelles et soulevant des enjeux éthiques, juridiques et épistémologiques qui dépassent le seul champ économique. Abdeslam Seddiki tout en partageant cette distinction nuancée, a appelé à poursuivre une réflexion collective sur les effets encore incertains de l’intelligence artificielle sur l’emploi, afin d’éviter les conclusions hâtives face à des transformations dont l’ampleur reste difficile à mesurer.
Au fil des interventions, une idée s’est cristallisée : la question de l’emploi ne peut plus être abordée sous le seul angle économique. Les participants ont mis en évidence la nécessité d’articuler plusieurs dimensions : les transformations technologiques, la valorisation du capital humain, l’évolution du rôle de l’entreprise ainsi que des réalités sociales souvent absentes des indicateurs traditionnels. Au-delà de l’analyse de l’ouvrage, les échanges ont ouvert une réflexion plus large sur les équilibres du modèle de développement et sur les conditions d’une création d’emplois durables dans un contexte marqué par des mutations structurelles.
Dans le prolongement de cette analyse, il a mis en avant la nécessité de distinguer clairement automatisation, robotisation et intelligence artificielle. Cette dernière représenterait, selon lui, une rupture qualitative majeure, introduisant des capacités cognitives nouvelles et soulevant des enjeux éthiques, juridiques et épistémologiques qui dépassent le seul champ économique. Abdeslam Seddiki tout en partageant cette distinction nuancée, a appelé à poursuivre une réflexion collective sur les effets encore incertains de l’intelligence artificielle sur l’emploi, afin d’éviter les conclusions hâtives face à des transformations dont l’ampleur reste difficile à mesurer.
Au fil des interventions, une idée s’est cristallisée : la question de l’emploi ne peut plus être abordée sous le seul angle économique. Les participants ont mis en évidence la nécessité d’articuler plusieurs dimensions : les transformations technologiques, la valorisation du capital humain, l’évolution du rôle de l’entreprise ainsi que des réalités sociales souvent absentes des indicateurs traditionnels. Au-delà de l’analyse de l’ouvrage, les échanges ont ouvert une réflexion plus large sur les équilibres du modèle de développement et sur les conditions d’une création d’emplois durables dans un contexte marqué par des mutations structurelles.
