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Emploi : ces secteurs qui recrutent le plus

Quels secteurs affichent le plus d’activités en recrutement ? Quels métiers suscitent une forte demande ? Et quels profils sont les plus recherchés par les entreprises ? Ce sont des questions auxquelles a répondu l’enquête ReKrute sur les tendances RH au Maroc. Les détails.

Après les perturbations induites par la pandémie de la Covid-19, les entreprises ont pu retrouver une certaine stabilité et confiance, ce qui a donné lieu à une reprise des recrutements, avant qu’une baisse importante ne soit enregistrée lors du deuxième semestre 2023. Ce n’est qu’à partir de novembre que la tendance est redevenue celle de 2022.

Pour comprendre les fluctuations du marché du travail et leur impact sur la demande d'emploi des entreprises, reKrute mène chaque année une étude détaillée pour comprendre ces tendances.

Le dernier baromètre en date a fait le bilan de l’année 2023 et a été publié récemment. «La tendance ne change pas énormément d’année en année. Le Top 5 des fonctions les plus demandées sur le marché reste presque inchangé : IT, commercial et finance dominent toujours», précise Alexandra Montant, DGA de Rekrute.

Il faut aussi noter qu’après avoir enregistré une baisse de 4% des annonces publiées, le marché de l’emploi au Maroc a repris son souffle. «Cette année, les offres d’emploi ont rebondi avec une augmentation significative de 14% en nombre de postes ouverts. Après les perturbations engendrées par la pandémie de la Covid-19, les entreprises ont pu retrouver une certaine stabilité et confiance, ce qui a entraîné une reprise des recrutements. Cependant, une baisse importante des recrutements sur le deuxième semestre a été enregistrée. Ce n’est qu’à partir de novembre que la tendance redevient celle de 2022», note le baromètre de ReKrute.

La Banque/Finance surclasse les Call Centers/Web Centers

L’année dernière a été marquée par un changement de dynamisme au sein des Call Centers/Web Centers qui se sont fait surclasser par la Banque/Finance prenant ainsi la tête du top 3 des secteurs recrutant le plus. «Cette évolution a été accompagnée d’une croissance significative de 8 points, atteignant ainsi 20% de l’ensemble de la demande d’emploi», précise l’enquête. Selon cette dernière, «la banque, qui se positionne parmi les 3 secteurs les plus attractifs en 2022 et qui était en stagnation en 2021, a triplé le pourcentage des postes ouverts en 2022 en passant de 4% en 2021 à 12% en 2022».

Bien entendu, cette performance est synonyme d’une importante pour des profils axés sur la vente et le développement commercial, représentant 23% des postes ouverts. À cela s’ajoutent tout naturellement les métiers traditionnels de la banque qui occupent 60% des offres. «Ces postes concernent principalement les agents de vente, les responsables de relation client et les commerciaux spécialisés dans les produits financiers. Parallèlement, une demande croissante de compétences en informatique et en électronique se fait sentir au sein du secteur bancaire, probablement en lien avec la digitalisation accrue de ce domaine, nécessitant des profils tels que les développeurs logiciels ou les spécialistes en sécurité informatique», précise l’enquête. Selon cette dernière, la demande pour des profils ayant le niveau Bac+5 a fortement augmenté. Ce qui peut être traduit par l’orientation des choix des banques vers des profils hautement qualifiés et spécialisés. Les profils avec une expérience de 3 à 5 ans ont été très sollicités. Idem pour ceux ayant moins d’un an d’expérience.

La distribution redistribue les cartes

Avec 19% des postes ouverts, la distribution se classe en deuxième position. Les secteurs de l’Informatique (quatrième avec 11% de l’ensemble des postes ouverts en 2023) et du Tourisme/Voyage/Loisirs (cinquième avec 10% de l’ensemble de la demande) conservent une présence dans le Top 10.

Le Bug dans le secteur des IT

Dans le secteur des Technologies de l’information (IT), l’enquête a révélé qu’entre 2022 et 2023, une baisse notable du nombre de postes ouverts est apparue. Ces derniers sont passés de 17 à 11%. Ce qui peut être expliqué par une stabilité relative après la période d’accélération post-Covid.

«Alors que la fonction Informatique/Électronique demeure en tête des fonctions les plus demandées, une évolution significative s’est manifestée dans l’intérêt des recruteurs pour les profils RH/Formation, occupant la deuxième place en 2023. Ceci s’explique par le besoin croissant dans un secteur en expansion où les professionnels IT sont rares, difficiles à attirer et à retenir», souligne l’enquête.

Cela étant, même si les profils Bac+5 restent recherchés, leur prévalence avec 7% des demandes a baissé de 9 points en 2023. En revanche, une hausse substantielle de la demande pour les profils Bac+2 (+100%) ainsi que pour les niveaux Bac+3 et Bac+4 a été notée. «Cette tendance pourrait refléter une ouverture accrue aux diplômés de niveaux inférieurs, suggérant un besoin accru de compétences opérationnelles. L’intérêt croissant pour les débutants suggère un besoin de faire face à l’augmentation des salaires», note le baromètre.

Les fonctions les plus demandées

Selon l’enquête le Top 5 des fonctions les plus recherchées reste plus ou moins le même. Il s’agit de l’informatique, des métiers du Call Center, des métiers de la vente et de la finance. «Les métiers de la banque sortent légèrement du Top 5 pour être remplacés par l’enseignement qui occupe la 3e position avec 6% des annonces diffusées, alors que cette fonction ne figurait pas dans ce classement l’année précédente», précise l’enquête.

À préciser aussi que la demande pour les postes dans l’Informatique/Électronique reste importante avec 24% des annonces publiées contre 34% un an auparavant.

«Globalement, une certaine stabilité caractérise les fonctions les plus demandées, bien que quelques fluctuations dans les pourcentages attribués à chaque fonction aient été observées cette année», note le baromètre de Rekrute.

Ainsi, le Top 10 des fonctions les plus demandées en 2023 est composé de l’Informatique/Électronique (24% des demandes), des métiers du Call Center (15% des demandes) de l’Enseignement (6% des demandes), du Commercial/Vente/Export (5% des demandes), de la Gestion/Comptabilité/Finance (5% des demandes), des métiers de la banque (5% des demandes), des RH (5% des demandes), de la Gestion projet/Études/R&D (4% des demandes), des Achats/la Supply Chain (3% des demandes), de la Production/Qualité (3% des demandes).

Les Bac et Bac+2 ont la cote

L’étude a révélé aussi que le marché du travail s’intéresse fort bien aux profils avec un niveau Bac à Bac+2. Ces derniers ont enregistré une hausse significative en 2023 passant de 19% de la demande globale à 24%. Ce qui dénote du besoin accru de compétences opérationnelles.

«Les profils jusqu’à 10 ans d’expérience restent les plus recherchés du marché comme les années passées. Quant à l’expérience, les profils avec moins d’un an d’expérience ont suscité un intérêt croissant, passant de 6 à 10% en 2023. Cette tendance pourrait refléter une ouverture plus grande aux jeunes diplômés et aux nouveaux entrants sur le marché du travail», note l’étude de Rekrute.

Entretien avec Alexandra Montant, directrice générale adjointe de Rekrute : «Le marché de l’emploi au Maroc est trop petit»

Emploi : ces secteurs qui recrutent le plus



Le Matin : Depuis quelques années déjà, le secteur de l’informatique et de la cybersécurité rafle la mise en termes d’offres d’emplois. Est-ce que cette tendance arrive à se maintenir ?

Alexandra Montant :
Oui, la tendance se maintient, mais elle s’est calmée un peu ces temps-ci. Il y a eu un boom après la Covid parce que toutes les entreprises du monde entier devaient se digitaliser, avoir des plateformes web... Ce grand boom du secteur a eu lieu pendant les deux années qui ont suivi la crise sanitaire. Aujourd’hui, presque toutes les entreprises ont été équipées de sites internet, de plateformes web. Il y a moins de besoins en ressources humaines. Toutefois, le secteur continue de recruter beaucoup. C’est d’ailleurs l’un des plus grands recruteurs même s’il y a un retour à la normale.

À part le secteur de l’informatique, quels sont les autres secteurs qui recrutent le plus au Maroc ?

Il y a aussi le secteur des centres d’appel qui continue à recruter en masse. Et contrairement au secteur de l’informatique, la tendance des recrutements dans les centres d’appel ne se calme pas. Il y a aussi des secteurs qui se développent comme l’énergie et l’environnement qui ont besoin en outre d’ingénieurs. Mais en volume et en comparaison par exemple au secteur de l’informatique ou celui des centres d’appel, il y a peu de recrutements pour le moment. Mais, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit des métiers d’avenir d’autant que le Maroc se positionne dans cette dans cet endroit-là. Il y aura de plus en plus de demandes.

À noter également qu’il y a des secteurs qui ont des réseaux très fermés comme le secteur de l’agroalimentaire. Il s’agit de petits marchés et de petites niches qui recrutent des profils très pointus.

Il y a quelques années, le secteur de la logistique était un grand recruteur. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le secteur continue de bien recruter, car le pays importe beaucoup et exporte également et de ce fait, il a un grand besoin de logisticiens. Et comme il y a des normes internationales de plus en plus exigeantes, on est obligé d’avoir des experts de la logistique.

Quelles sont les formations les plus demandées sur le marché du travail ?

Les formations les plus demandées sur le marché du travail marocain sont les mêmes et ne changent pas d’année en année. Il s’agit des commerciaux, de la finance et de l’informatique. Et là c’est le Top 3 qui n’a pas changé depuis une dizaine d’années. Il y a aussi les RH et la production qui sont des fonctions très demandées.

Quelle est votre analyse de l’évolution du marché du travail au Maroc ?

Le marché de l’emploi marocain est tout petit. C’est la première chose qu’il faut savoir. Sur Rekrute, près de 60.000 offres d’emploi sont postées par an sans compter bien entendu les autres solutions sur le marché. Il y a beaucoup de demandes de cadres et de professions intermédiaires, mais il n’y a pas beaucoup d’offres. De nombreuses entreprises croient qu’il suffit d’ouvrir les portes, que les candidats vont venir se présenter. Elles ont intérêt à faire du marketing RH pour être attractives et fidéliser leurs collaborateurs. Sur ce point, il faut savoir que depuis la Covid, les candidats sont ultra-exigeants. Aujourd’hui, ils veulent savoir où ils vont postuler et ce qu’ils auront-ils comme informations sur les cadres supérieurs. Les jeunes diplômés font souvent la grosse tête : dès qu’on un Bac +5, on fait partie de l’élite marocaine. Il vaut mieux entrer sur le marché de l’emploi et chercher d’autres opportunités, car il y en a. Cela étant, le profil idéal et qui est préféré par les entreprises est celui d’un Marocain qui a fait une partie de sa formation au Maroc et l’autre partie à l’étranger.

Entre l’enseignement supérieur marocain privé et celui public, qui est le plus demandé sur le marché de l’emploi ?

Ce n’est pas une spécificité marocaine. Le problème est partout pareil. En fait, les entreprises veulent des candidats qui soient opérationnels sur le champ. Le problème dans les études universitaires est qu’il y a beaucoup de théories et peu de pratique. C’est pour cela que les lauréats des écoles privées intègrent facilement le marché du travail, car on leur assure des stages, des projets et des collaborations avec les entreprises durant les études. Ce sont des candidats rapidement opérationnels. Et cela est partout pareil dans le monde.

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