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Écoles de commerce : les raisons de la hausse continue des frais de scolarité

La question de savoir si les frais de scolarité des Business Schools vont augmenter ne mérite pas d’être posée. Oui, ils seront revus à la hausse comme chaque année, ce n’est pas une surprise. Les étudiants et leurs parents semblent avoir assimilé la notion d’inflation. Mais ces prix reflètent aussi la qualité de l’enseignement dispensé.

Close-up shot of woman hands typing on laptop during the lecture at the medical university or conference. Easy study with wireless device
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Quitte à s’endetter, «les études dans les écoles de commerce sont devenues un choix très prisé par les étudiants marocains ou étrangers». Selon dates-concours.ma, site de référence des concours et inscriptions pour les programmes post-bac au Maroc, cet engouement est à mettre sur le compte de «l’implantation massive d’écoles étrangères françaises et l’amélioration significative de la compétitivité des écoles marocaines à l’international en général». Le Maroc compte actuellement une quinzaine de Business Schools privées auxquelles s’ajoutent, côté public, deux sites du Groupe ISCAE et le réseau des ENCG avec douze écoles réparties sur le territoire national. Si les formations dans les structures privées attirent de plus en plus d’étudiants, elles représentent un investissement conséquent, mais aussi «une alternative idéale pour les étudiants qui n’auront pas la chance d’intégrer une université publique ou la possibilité de poursuivre leurs études à l’étranger». Pour les coûts, la tendance est donc à la hausse, «ce qui est cohérent avec le renforcement de l’infrastructure, l’amélioration de la qualité des programmes et l’élargissement des services étudiants», confie Youssef El Hammal, président de Youth Africa Foundation (qui édite le site www.dates-concours.ma).

Des frais qui seraient aussi conséquents que les avantages

S’il y a, certes, un prix à payer, les avantages sont non négligeables : encadrement personnalisé, un taux d’insertion professionnelle élevé, un réseau Alumni très développé, une double diplomation en partenariat avec des écoles étrangères et des diplômes reconnus à l’international. Autant d’avantages à prendre en compte, qu’il faut scruter à la loupe. La plateforme électronique invite à «s’assurer que les diplômes de l’école sur laquelle vous jetterez votre dévolu soient reconnus par l’État marocain pour éviter de vous retrouver dans une situation délicate à la fin de votre scolarité». Pour les frais de scolarisation, il faut s’attendre à une fourchette de prix variant entre 30.000 et 72.000 dirhams par an. À cette enveloppe s’ajoutent également les frais d’inscription qui peuvent atteindre 5.000 DH selon les établissements et un montant de 500 DH en moyenne pour les frais de dossier et/ou de concours. Le site note par ailleurs que «le paiement des frais de scolarité peut se faire en tranche ou en un seul règlement, la deuxième option donnant la plupart du temps droit à une réduction».

Prix élevés, penser aux bourses

Étudiants et futurs étudiants doivent garder en tête que l’évolution des frais de scolarité dans les écoles de commerce privées reflète une tendance haussière d’année en année. Pour Youssef El Hammal, si «cette augmentation représente un défi pour l’accessibilité financière pour de nombreux étudiants», il existe un moyen de contrebalancer ces coûts élevés : les bourses d’études «destinées spécifiquement aux étudiants africains, et par extension aux Marocains». Bourses-etudiants.ma, lui aussi édité par la Fondation Youth Africa, référence plus de 14.000 bourses, «offrant ainsi un large éventail d’opportunités qui peuvent substantiellement alléger le fardeau financier des études», assure son président. Couvrant différents niveaux d’études et spécialisations et présentées comme accessibles, elles ne semblent pas toujours susciter l’enthousiasme qui devrait les caractériser. La faute, en partie, aux freins culturels selon Youssef El Hammal.

Sa fondation qui œuvre pour l’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi, et qui est donc au plus près des étudiants, dresse le topo : «contrairement à des pays comme l’Égypte où les étudiants sont plus proactifs, beaucoup de Marocains ne cherchent pas activement ces bourses, souvent par méconnaissance de leur existence ou par scepticisme quant à leurs chances de succès». À cette ignorance s’ajoute un obstacle qualifié de majeur : la langue. «Nombre de ces bourses sont proposées par des institutions anglophones, requérant donc une maîtrise de l’anglais que tous les étudiants ne possèdent pas», assure El Hammal.

Ceux qui souhaitent s’engager dans la voie des Business Schools privées visent généralement des postes de management et à responsabilité dans le commerce ou encore le marketing. Des postes aux salaires relativement généreux. L’enveloppe financière dans ce type de cursus est donc à penser dans la logique du retour sur investissement. L’étudiant doit garder en tête que l’inflation des coûts de ces établissements privés est sans fin.

Entretien avec Youssef El Hammal, président de Youth Africa Foundation : Il faut développer le réflexe de postulation aux bourses d'études pour contrebalancer la hausse des frais de scolarité

Écoles de commerce : les raisons de la hausse continue des frais de scolarité



Le Matin : Pourquoi faire une Classe Prépa, quels sont les avantages et à qui s’adresse-t-elle ?

Youssef El Hammal :
Les classes préparatoires sont une voie d’excellence qui s’adresse principalement aux étudiants ayant un profil académique solide et une capacité de travail importante. L’avantage principal des Prépas est qu’elles préparent de manière intensive aux concours des grandes écoles, notamment dans les domaines de l’ingénierie, du commerce, et d’autres spécialités. Elles permettent de développer des compétences analytiques, une rigueur intellectuelle et une résilience face à la pression, des qualités recherchées non seulement dans les études supérieures, mais également sur le marché du travail. Les Prépas s’adressent à ceux qui sont prêts à s’engager dans deux ou trois années de travail intense, avec un encadrement proche et une compétition stimulante avec les pairs. C’est une voie qui promet de grandes récompenses à ceux qui persévèrent, ouvrant les portes des institutions les plus prestigieuses du pays et international.

Quelles sont les formations les plus sollicitées par les entreprises et qui garantissent un emploi ?

Actuellement, les formations les plus sollicitées par les entreprises varient en fonction des régions du Maroc. Les secteurs de l’informatique, notamment tout ce qui touche au développement web, à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle, et au big data, sont extrêmement demandeurs. En parallèle, les formations en commerce et en gestion, surtout celles axées sur le digital, le marketing, et la finance, restent très prisées. Ces domaines garantissent une forte employabilité due à la digitalisation croissante des entreprises et à l’importance accrue des données et de la sécurité informatique. Les formations qui incluent des stages, des projets en entreprise, ou des alternances sont particulièrement efficaces pour intégrer rapidement le marché du travail.

Quels sont les critères pour choisir une bonne école d’enseignement supérieur privée au Maroc et comment ces critères sont-ils établis ?

Choisir une école d’enseignement supérieur privée au Maroc doit se faire selon des critères rigoureusement établis pour garantir la qualité de l’éducation reçue. Premièrement, l’accréditation et la reconnaissance de l’école par les autorités éducatives nationales ou internationales sont primordiales, attestant de la conformité des programmes aux standards académiques requis. La qualité de l’enseignement est également cruciale ; cela inclut la compétence du corps professoral et la pertinence des programmes offerts, qui doivent préparer efficacement les étudiants aux exigences du marché du travail. Un autre critère important est le taux d’insertion professionnelle des diplômés, qui reflète la capacité de l’école à former des étudiants prêts pour le monde professionnel et en adéquation avec les besoins des entreprises. Les infrastructures de l’école doivent aussi soutenir un environnement d’apprentissage optimal avec des équipements modernes et appropriés. Enfin, l’internationalisation des programmes, offrant des échanges et des doubles diplômes avec des institutions étrangères, est un indicateur de l’ouverture et de la qualité globale de l’éducation dispensée. Ces critères sont généralement établis et revus par des organismes d’accréditation qui évaluent les institutions sur la base de données quantitatives et qualitatives, comprenant les résultats des étudiants, les retours des alumni, et la réputation académique de l’école dans la communauté éducative et professionnelle. Ces évaluations assurent que les standards de qualité sont maintenus et que les diplômés sont bien préparés pour leur future carrière.

Comment l’évaluation des écoles privées et de ce qu’on appelle les critères d’excellence se fait-elle ?

L’évaluation des écoles privées au Maroc, en ce qui concerne leur excellence et la qualité de l’éducation qu’elles proposent, repose largement sur les systèmes d’accréditation et la reconnaissance des diplômes par le ministère de l’Enseignement supérieur. Cette reconnaissance est cruciale, car elle garantit que les diplômes délivrés par ces établissements sont conformes aux normes nationales et internationales, et qu’ils sont reconnus sur le marché du travail, tant au Maroc qu’à l’étranger.

Les écoles privées peuvent également obtenir des accréditations de prestigieux labels internationaux comme l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business), qui est un indicateur d’excellence en matière de formation en gestion et en commerce. L’AACSB évalue les écoles sur une multitude de critères, incluant la pertinence et l’innovation des programmes, la qualité du corps professoral, l’impact de la recherche, et l’efficacité des résultats étudiants en termes d’insertion professionnelle.

L’obtention de tels labels est un processus rigoureux qui nécessite de répondre à des standards élevés et de maintenir une qualité constante à travers des audits réguliers. Par exemple, des écoles de commerce marocaines accréditées AACSB ont dû démontrer non seulement leur capacité à offrir une éducation de premier plan, mais aussi leur engagement vers l’amélioration continue. Ces critères d’excellence sont donc établis à partir des exigences des organismes d’accréditation et du ministère, assurant que les écoles privées offrent une éducation qui prépare efficacement les étudiants aux défis professionnels actuels et futurs.

Ces évaluations sont essentielles pour maintenir la confiance des étudiants, des parents, et des employeurs en la qualité des formations proposées et en la valeur des diplômes obtenus, facilitant ainsi l’intégration des diplômés dans le marché du travail globalisé.

Que diriez-vous de l’évolution des frais de scolarité des écoles de commerce et y en a-t-il pour toutes les bourses ?

L’évolution des frais de scolarité dans les écoles de commerce au Maroc reflète une tendance à la hausse, ce qui est cohérent avec le renforcement de l’infrastructure, l’amélioration de la qualité des programmes et l’élargissement des services étudiants. Néanmoins, cette augmentation représente un défi pour l’accessibilité financière pour de nombreux étudiants. Pour contrebalancer ces coûts élevés, il existe de nombreuses bourses d’études destinées spécifiquement aux étudiants africains, et par extension aux Marocains. Le site Bourses-etudiants.ma est un exemple pertinent ; il référence plus de 14.000 bourses, offrant ainsi un large éventail d’opportunités qui peuvent substantiellement alléger le fardeau financier des études. Ces bourses couvrent divers niveaux d’études et spécialisations, et sont accessibles tant au niveau national qu’international. Cependant, il existe des freins culturels et pratiques significatifs qui limitent l’accès des étudiants marocains à ces opportunités. D’une part, il y a un manque de réflexe de postulation : contrairement à des pays comme l’Égypte où les étudiants sont plus proactifs, beaucoup de Marocains ne cherchent pas activement ces bourses, souvent par méconnaissance de leur existence ou par scepticisme quant à leurs chances de succès. D’autre part, la barrière linguistique constitue un autre obstacle majeur ; nombre de ces bourses sont proposées par des institutions anglophones, requérant donc une maîtrise de l’anglais que tous les étudiants ne possèdent pas.

Y a-t-il plus ou moins d’étudiants marocains qui choisissent d’étudier à l’étranger et que faut-il savoir pour bien préparer son départ ?

Historiquement, les étudiants marocains ont privilégié des destinations traditionnelles telles que la France et l’Espagne pour leurs études supérieures, attirés par la proximité culturelle et linguistique. Cependant, ces dernières années, on observe une diversification des choix de destinations avec un nombre croissant d’étudiants marocains qui optent pour des pays comme la Turquie, la Chine, et Chypre, entre autres. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation générale des étudiants souhaitant compléter leur parcours éducatif à l’étranger, cherchant de nouvelles opportunités et expériences.

Pour bien choisir une destination d’études à l’étranger, les étudiants marocains doivent minutieusement évaluer plusieurs critères. Il est crucial de sélectionner des universités offrant des programmes reconnus internationalement et d’examiner l’accréditation des institutions pour garantir la qualité de l’éducation. La maîtrise de la langue d’enseignement est également essentielle, surtout dans des pays où l’anglais ou la langue locale constituent la principale langue académique, ce qui pourrait nécessiter des cours de langue préalables. En plus, il est important de considérer le coût total des études, qui inclut les frais de scolarité, le logement, et les dépenses quotidiennes. Des destinations avec un coût de vie moins élevé et des frais de scolarité réduits peuvent être particulièrement attractives. S’adapter à une nouvelle culture est un autre aspect important, et s’informer auprès d’autres étudiants peut aider à mieux anticiper les défis d’intégration sociale et culturelle. Finalement, il faut évaluer les perspectives de carrière et les opportunités professionnelles dans le pays hôte, incluant les politiques de séjour post-études qui peuvent influencer les possibilités d’emploi après le diplôme. Une préparation approfondie et une réflexion détaillée sur les objectifs académiques et professionnels sont nécessaires pour tirer le meilleur parti de l’expérience éducative à l’étranger, avec de plus en plus de destinations nouvelles et variées qui s’offrent aux étudiants marocains.

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