Économie

Sécurité alimentaire : les pistes à développer pour une agriculture durable

Abdelhafid Marzak Abdelhafid Marzak,

Irrigation efficiente, sensibilisation des consommateurs, gestion des déchets agricoles, utilisation raisonnée des pesticides, traitement des emballages vides de pesticides… Autant de solutions possibles pour une agriculture durable proposées par les participants à la conférence organisée, vendredi, par Le Groupe «Le Matin», en partenariat avec l’association CropLife.

Opter pour une agriculture durable, c’est adopter un comportement adéquat vis-à-vis de la Terre. C’est aussi «ménager les sols, alterner les cultures, voire laisser reposer les territoires, rationaliser l’usage des insecticides, pesticides, engrais et produits phytosanitaires», a déclaré Mohammed Haitami, PDG du Groupe «Le Matin», lors de la conférence organisée, vendredi à Casablanca, en partenariat avec l’association à but non lucratif CropLife Maroc. Placée sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), cette Matinale, qui s’inscrit dans le cadre du Cycle de conférences du Groupe «Le Matin», avait pour thème «Quelles solutions durables pour l’agriculture ?»

L’irrigation efficiente pour atténuer les effets de la sécheresse

Les changements climatiques sont réels et menacent la sécurité alimentaire du pays. «Le Maroc disposait d’une agriculture durable. Mais les contraintes climatiques ont poussé les agriculteurs à s’adapter, dans les années 1980-1990, en utilisant notamment les ressources souterraines pour atténuer les effets de la sécheresse», explique Redouane Arrach, secrétaire général du département de l’Agriculture. Certes, le dessalement de l’eau de mer est une des solutions possibles, «mais il faut aussi être responsable et travailler sur l’efficience de l’irrigation. Et c’est le pari de la stratégie “Génération Green” : augmenter la productivité de l’eau et son efficience pour une bonne utilisation de cette ressource», explique-t-il.
Le capital humain est également un facteur clé pour assurer la sécurité alimentaire. Perdre des compétences dans le domaine de l’agriculture présente, en effet, des risques. 
La succession des crises et la sécheresse ont sévèrement impacté certaines filières qu’il faut sauver selon le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, comme la filière laitière. «Avec le renchérissement des intrants, si un éleveur quitte, c’est très difficile de le faire revenir», soutient-il.

La dimension sociale est, elle aussi, à tenir en compte : les régimes alimentaires, diversifiés dans les années 1960-1970, sont aujourd’hui standardisés, «ce qui est dangereux pour la sécurité alimentaire», affirme Arrach. Une diversification des régimes alimentaires pourrait faire partie des solutions au même titre que le citoyen qui doit se positionner comme consommateur responsable.
Autre solution proposée par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture : «Aller vers une agriculture raisonnée, basée sur la science. On ne peut pas venir demain et dire qu’on ne va plus utiliser d’engrais chimiques ou de pesticides», soutient Arrach. À condition de les utiliser de manière adaptée. Et justement, c’est l’une des missions que prend à sa charge CropLife International. Christoph Neumann, VP Regulatory CropLife International, a eu l’occasion de le rappeler, lors de son intervention intitulée «Relever le triple défi vers des systèmes alimentaires durables».

Ainsi, le plan d’action de CropLife dans ce sens est construit autour de 3 axes : réduire la dépendance à l’égard des pesticides hautement dangereux, encourager l’innovation pour trouver, entre autres, des solutions alternatives aux pesticides existants et, en fin, promouvoir une utilisation responsable et raisonnée des phytosanitaires. Concernant ce dernier axe, a dévoilé Nuemann, le plan d’action de CropLife veut aider à la mise à niveau du circuit de distribution et de revente des produits phytopharmaceutiques, travailler de concert avec toutes les parties prenantes pour lutter contre les produits de la contrefaçon ainsi que financer et mettre en œuvre un programme pilote de gestion des emballages vides de pesticides (EVP) dans la région de Souss Massa». Ce projet pilote sert de prélude à la création d’une filière des EVP. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’un programme de gestion durable des phytopharmaceutiques de 5 ans supporté par CropLife International et mis en œuvre par CropLife Maroc dans le Royaume. «Des partenariats ont été scellés, dans un premier temps, avec plusieurs acteurs dont l’ONCA (Office national du conseil agricole), le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL) et l’Association Agrotechnologies du Souss-Massa (AgroTech)», révèle Mohamed Chetouani, président de CropLife Maroc.

Pesticides hautement dangereux : l’heure est à l’action !

Selon un rapport de l’Association marocaine santé, environnement et toxicovigilance (Amsetox), 58 substances actives de pesticides hautement dangereux figurant sur la PAN List (liste de pesticides bannis, Ndlr) étaient commercialisés au Maroc en 2018, soit 15% de tous les pesticides commercialisés au Maroc tous usages confondus», partage Naima Rhalem, responsable du département toxicovigilance au CAPM. Ce qui rappelle l’impact de la vente illicite, le mésusage, l’ignorance des bonnes pratiques d’utilisation et la problématique des emballages vides de pesticides. Par ailleurs, révèle Rhalem, «les intoxications par pesticides restent un problème de santé au Maroc, responsables d’une léthalité importante comparées à celles provoquées par d’autres substances toxiques».
C’est pourquoi le rôle de l’ONSSA est déterminant. «Il intervient en amont : un produit phytopharmaceutique ne peut être ni fabriqué ni importé s’il n’est pas homologué et en aval : contrôle de la distribution, la revente et l’utilisation. Une traçabilité est assurée de bout en bout conformément à la loi en vigueur, avec la mise en place, depuis 4 ans, d’un mécanisme de veille à l’international où toutes les substances actives importées au Maroc sont suivies.
S’il y a des faits nouveaux par rapport à la santé humaine ou l’environnement, on déclenche un processus de réévaluation qui peut donner lieu, le cas échéant, à une restriction d’usage ou au retrait d’un produit», explique Ahmed Jaafari, chef de division des intrants chimiques à l’ONSSA.

Vers un écosystème de gestion des déchets phytosanitaires

Une des solutions pour une agriculture durable a été pour Agrotech de s’assigner la mission de la gestion des déchets agricoles qui posent des problèmes environnementaux et qui ne sont pas pris en charge. «Aucune institution étatique qui prend en charge la problématique des déchets agricoles. C’est la raison pour laquelle cet axe a été choisi par l’Association afin de le développer», explique Thami Benhalima, directeur général d’Agrotech.
Après une étude, en 2013-2014, pour établir un état des lieux sur les déchets organiques et non organiques dans la région, un travail a été mené pour identifier les acteurs, y compris informels, qui opèrent dans ce segment. Résultat : «On a créé 11 coopératives que nous avons réunies en une union des coopératives. On a créé également un groupement d’intérêt économique pour les sociétés qui existent et qui font du recyclage», explique le DG d’Agrotech.
Les déchets phytosanitaires représentent 415 tonnes, soit 30 à 35% des emballages de pesticides vides au niveau national et les emballages vides sont revendus. Or, préconise Benhalima, il faut effectuer le triple rinçage et le perçage des emballages vides de pesticides pour qu’ils ne soient plus utilisés. 
«Après cela, on fera des analyses pour prouver que ces emballages ne constituent plus un danger pour les mettre dans le circuit du recyclage», préconise-t-il. L’occasion pour Samira Amellal, DG de CropLife, de rappeler que le programme de son Association est une solution pour une agriculture durable.

Pour sa part, Khalid Saidi, président de l’APEFEL, rappelle que la région d’Agadir souffre d’un sérieux problème d’eau. «Heureusement qu’il y a un projet structurant de dessalement de l’eau de mer qui est venu préserver la nappe phréatique de Chtouka et sauvegarder les investissements. Dans cette région, il y a 15 milliards de DH d’investissements dans les cultures de serres et dans les fermes d’agrumes et 2,5 milliards de DH dans les stations de conditionnement», poursuit-il.
Et d’ajouter : «Pour un hectare de serre de tomate, il vous faut entre 700.000 et 800.000 DH. Pour l’entretenir, il faut le même montant. Donc, si vous n’avez pas l’exportation en face, vous n’allez pas pouvoir faire de la production». Des investissements importants qu’il faut rentabiliser. 
D’autant plus qu’au cours des 4 dernières années, selon Saidi, les producteurs ont vendu la tomate à 1,5 DH en moyenne sur le marché local. «Elle nous coûtait 3,20 DH avant contre 4 DH aujourd’hui. On vendait à perte, mais on continuait à exister parce que nous avons le marché européen qui nous permet de marger et de subventionner le marché local. Autrement dit, sans exportation, nous ne pourrons pas investir dans des cultures comme la tomate. Si demain je ne peux pas produire et commercialiser comme bon me semble, je vais peut-être m’orienter vers des cultures plus rentables, mais qui ne sont peut-être pas consommés par les nationaux. Il faut donc dialoguer avec l’agriculteur», précise Saidi.

Concernant le partenariat de son Association avec CropLife, Saidi rappelle que l’objectif est de travailler sur des sujets tels que les produits dangereux à éliminer, comment sensibiliser les producteurs ou comment faciliter l’homologation de nouvelles formulations plus «soft». Sur ce point, il partage son souhait de voir la digitalisation accélérer les procédures.
Nouvelles maladies, nouveaux virus ou insectes menacent l’agriculture. En parallèle, pas mal de produits sont en train d’être retirés du marché. «Or, nous sommes très dépendants des produits phytopharmaceutiques. Nous devons, par conséquent, avoir des produits de substitution à notre disposition», espère le président de l’Association. En attendant, partage Saidi, les producteurs déboursent jusqu’à 4.000 ou 5.000 DH le litre pour certains produits, dits nobles, pour respecter le consommateur et la nature. 

Ils ont dit

 

Redouane Arrach, secrétaire général du département de l’Agriculture : «Il faut aller vers une agriculture raisonnée basée sur la science»

• La souveraineté alimentaire est abordée au Maroc dans le cadre de la transformation des systèmes alimentaires.
• Pour transformer, il faut s’installer dans une logique de cours, moyen et long termes, sans oublier la pression qu’il y a actuellement sur ce système alimentaire.
• La stratégie «Géneration Green» se base sur les acquis du Plan Maroc vert, mais comporte des axes que nous devons repenser.
• Le secteur de l’agriculture peut être considéré comme un piège de la pauvreté si l’on ne renforce pas les investissements.
• La priorité pour le Maroc est de sauver les filières agricoles dans ce contexte difficile. S’il arrive qu’un acteur soit contraint de quitter l’activité, il est difficile de le faire revenir.
• Pas de transformation agricole vers le durable sans investissement et sans soutien des agriculteurs.
• L’innovation est la voie vers une agriculture durable, mais les citoyens doivent contribuer et être sensibilisés à consommer propre.
• Dans un contexte de rareté de l’eau, il devient urgent de travailler sur l’efficience de l’irrigation.
• Il faut aller vers une agriculture raisonnée basée sur la science en matière d’usage des pesticides et des engrais chimiques.
• On ne peut pas assurer une sécurité alimentaire sans l’usage des engrais chimiques et des pesticides, mais ces usages doivent être rationnels et scientifiques.

 

Christoph Neumann, Vice-President Regulatory Policy & Stewardship, CropLife International : «Le programme de gestion durable des phytopharmaceutiques est fondé sur des bases scientifiques»

• Le Programme de gestion durable des produits phytopharmaceutiques supporté par CropLife International est entré dans sa deuxième phase et sera étalée sur 5 ans au Maroc, en Thaïlande et au Vietnam.
• Ce Programme repose sur les principes d’accompagnement des améliorations au niveau de l’industrie des pesticides à travers une responsabilité partagée, et de promotion de solutions fondées sur des données scientifiques et basées sur des données probantes.
• La priorité pour CropLife est de créer un système de régulation pour gérer les innovations dans l’agriculture.
• Il faut veiller à une bonne commercialisation des technologies agricoles pour plus d’efficacité.
• Le concept d’innovation responsable est important, car il permet de faire avancer des technologies pertinentes qui vont répondre à de vrais besoins avec la vision de durabilité.
• Les innovations en protection des cultures, notamment le recours aux technologies avancée au niveau de l’usage des pesticides, doivent se faire en prenant compte des connaissances des agriculteurs eux-mêmes.
• Pour une agriculture durable, il faut innover en matière de formation en se basant sur les principes d’usage responsable et raisonné des phytopharmaceutiques, l’achat d’équipements pour les agriculteurs.
• Il est important d’apprendre avec les agriculteurs, d’utiliser la communication digitale pour avancer et innover dans l’éducation agricole.
• La biodiversité est un aspect important qui doit être pris en compte lors de la conception de nouvelles technologies en agriculture, on doit protéger les écosystèmes vulnérables et améliorer les habitats des pollinisateurs.
• L’agriculture de précision est un outil important dans l’innovation. Il est primordial de sensibiliser les agriculteurs à ce domaine et de créer des plateformes de formation.
• L’agriculture numérique a besoin de réglementation.
• La technologie de modification des gênes est un outil important pour compléter la boite à outils des agriculteurs.
• Au Maroc comme dans le monde, Croplife s’engage à l’usage des systèmes innovant de contrôle des pesticides durables.
• Échanger avec les agriculteurs et étudier leurs problématiques sont deux points importants pour pouvoir créer des infrastructures efficaces et apporter les innovations qu’il faut.

 

Mohamed Chetouani, président CropLife Maroc : «Il faut encourager et accélérer l’homologation de solutions alternatives aux produits phytosanitaires jugés dangereux»

• Il est aujourd’hui important de réduire la dépendance des agriculteurs vis-à-vis de certains produits dangereux.
• Avec l’ONSSA, CropLife Maroc s’active pour élaborer des décrets et arrêtés complétant la loi n°34.18 sur les phytosanitaires qui vont organiser les cycles de production et de distribution.
• La priorité est à encourager et accélérer l’homologation de solutions alternatives aux produits jugés dangereux. À noter que près de 350 produits impropres ont été retirés en 2022 par l’ONSSA.
• Toute l’industrie des phytosanitaires se penche sur cet axe d’homologation afin de mettre à la disposition de l’agriculteur des produits sains.
• Il faut renforcer les capacités du Centre anti-poison via un diagnostic de terrain sur la prise en charge des cas d’intoxication aux produits phytopharmaceutiques.
 • Pour encourager l’innovation, il faut un appui à la digitalisation des processus d’homologation.
• La promotion de la R&D doit se faite en collaboration avec les organismes internationaux, régionaux et locaux pour mener des essais techniques et encourager le développement de solutions alternatives aux pesticides à risques.
• Nous prônons une utilisation responsable et raisonnée des phytopharmaceutiques à travers la mise à niveau du circuit de distribution et de revente de ces produits, la lutte contre les phytosanitaires contrefaits et le financement.
• Nous avons lancé un programme pilote de gestion des emballages vides de pesticides au niveau de la région de Souss-Massa.
• CropLife Maroc a lancé un cycle de formation de conseillers agricoles. Notre objectif est de former 1.000 agriculteurs-ambassadeurs d’ici 2024.

 

 

 

Naïma Rhallem, responsable du département toxicovigilance au Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM)

Les constats alarmants du CPAM

• L’Afrique est le continent qui utilise le moins de pesticides, mais où ces produits font le plus de dégâts.
• 58 substances actives de pesticides hautement dangereux sont commercialisées au Maroc.
• Le Maroc fait face également au problème de la vente illicite de certains pesticides et au mauvais usage de ces derniers.
• L’ignorance des bases de l’utilisation des pesticides expose un certain nombre de personnes, notamment des agriculteurs, a de graves formes d’intoxication.
• Le Maroc manque d’informations précises sur l’impact sanitaire des pesticides sur la santé humaine.
• L’incidence des intoxications aiguës par les pesticides est de 4 cas pour 100.000 habitants au Maroc.
• Les pesticides sont dominants en terme de létalité (3 à 3,5%), ils viennent après les plantes.
Selon le classement de l’OMS des substances actives de toxicité, 17% des pesticides sont qualifiés de très dangereux, 8% extrêmement dangereux.
• Le phosphure d’aluminium est responsable de 30 à 50% de décès par pesticide.
• L’empoisonnement par pesticides est dû aux insecticides dans 38% des cas et aux herbicides dans 5% des cas. 

 

Ahmed Jaafari, chef de division des Intrant chimiques ONSSA

Produits phytopharmaceutiques : les attributions de l’ONSSA


• L’ONSSA, organe régulateur, a pour mission de valider la mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques pour répondre aux besoins des agriculteurs.
• Son rôle est également d’évaluer et de gérer ce marché dans le respect des exigences nationales en matière de santé et de respect de l’environnement.
• L’ONSSA est tenu de faire un suivi du processus d’homologation jusqu’à la décision de maintenir ou de retirer le produit du circuit.
• Les homologations ne sont accordées qu’aux pesticides à usage agricole ayant fait l’objet d’un examen destiné à vérifier leur efficacité et leur innocuité à l’égard de l’Homme, les animaux et leur environnement.
• L’Office met à disposition un index phytosanitaire avec des données sur les produits pesticides à usage agricole homologués au Maroc, indépendamment du fait qu’ils soient commercialisés ou non. En cas de doutes, seules les attestations d’homologation ou d’autorisation de vente font foi.
• L’homologation des pesticides à usage agricole est effectuée selon une procédure qui vise à garantir l’efficacité, la sélectivité et l’innocuité du produit mis sur le marché.

Par Souad Badri


 

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