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Book Club Le Matin : Azouz Begag partage ses mémoires avec le public meknassi

L’écrivain et ancien ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances en France, Azouz Begag, était l’invité de la rencontre du Book Club «Le Matin» pour présenter son ouvrage «Mémoires au soleil». L’événement a eu lieu, samedi 11 mars, au sein de l’Université Moulay Ismail de Meknès marquant un nouveau chapitre dans le concept du Book Club «Le Matin» qui a décidé d’aller à la rencontre des étudiants dans leurs établissements.

Fidèle à sa vocation de promouvoir la culture de la lecture au Maroc, Book Club «Le Matin» vient de franchir une nouvelle étape : celle d’aller à la rencontre des jeunes étudiants dans les universités. C’est dans ce cadre que l’équipe du Book Club «Le Matin» a fait le déplacement, samedi 11 mars, à la ville de Meknès. La rencontre a eu lieu au sein de l’Université Moulay Ismaïl en présence, non seulement des étudiants et des corps administratif et professoral, mais aussi d’une pléiade d’experts venus de différentes villes pour vivre cette nouvelle expérience. L’invité de la rencontre n'était autre que Azouz Begag. Un écrivain-chercheur né à Lyon et chercheur en sociologie urbaine au Centre national de la recherche scientifique. Il a été ministre de la Promotion de l’égalité des chances de 2005 à 2007. Il est l’auteur d'une cinquantaine de romans et d’essais, parmi lesquels «Le Gone du Chaâba» en 1986, «Un mouton dans la baignoire» en 2007, «La voix de son maître» en 2017 et «La Faute aux Autres» (2017).

Lors de la rencontre du Book Club «Le Matin», Azouz Begag a présenté, avec son humour habituel, son ouvrage «Mémoires au soleil». Un ouvrage dans lequel il nous offre une ode à l’amour et à la paternité touchante et sensible. Dans son ouvrage, Azouz parle de son père, ancien travailleur du bâtiment, qui a contracté la maladie d’Alzheimer. Une maladie «qui mange les souvenirs des gens, déjà qu’on n’en avait pas beaucoup», a-t-il dit devant son public. L’ancien ministre a raconté au public le chemin qu’il avait dû parcourir à la recherche de ses racines avant même que ses parents n’aient été atteints de la maladie de l’oubli. «Mes parents étaient réticents et ne voulaient pas parler de leur parcours, alors que j’étais déterminé à comprendre d’où je venais pour pouvoir avancer». Le chemin n’était pas facile et était devenu encore plus compliqué pour Azouz Begag après avoir constaté que son père avait eu la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer et la souffrance de toute une famille

Avec son public, Azouz a partagé ses questionnements, ses besoins de réponses, ses recherches, ses doutes et ses blessures. Il a parlé aussi de lutte et de survie face à une maladie sur laquelle on ne dispose que de peu d’informations et dont on ignore même les origines. L’écrivain a également tenu à évoquer le quotidien de l'entourage et de la famille qui en souffre énormément et qui, dans la majorité des cas pour ne pas dire la totalité, ignore la façon avec laquelle elle doit se comporter avec le patient. Azouz Begag a aussi partagé la souffrance de sa maman qui n’imaginait pas vivre sans son mari à ses côtés. «Elle lui est restée fidèle même si elle n’avait pas de vie épanouie avec lui», a-t-il confié tout en rappelant que sa maman, comme toutes les femmes de son époque, avait subi de la violence.

Azouz a indiqué avoir dans sa mémoire des scènes de violence pour lesquelles il arrive aujourd’hui à trouver une excuse : la souffrance des «hommes immigrés». Une autre scène est particulièrement restée gravée dans la mémoire de notre invité : le jour où son père a voulu s’enfuir vers l’Algérie par bateau. Azouz le retrouvera finalement entouré de ses compatriotes, de ses frères du Café du Soleil où ils y passent la journée à boire un thé à la menthe, à jouer aux cartes, à se disputer, à se comprendre et à se remémorer, malgré tout. En un beau geste d'amour, Azouz restitue à son père son histoire et lui rend hommage à travers son ouvrage que le public meknassi, mais pas seulement, a énormément apprécié.