Menu
Search
Vendredi 12 Avril 2024
S'abonner
close
Vendredi 12 Avril 2024
Menu
Search
Accueil next Économie

Entretien avec Mohammed Amin, vice-président principal Moyen-Orient, Turquie et Afrique chez Dell EMC

Dell Technologies, le géant mondial de la technologie, continue de promouvoir activement la transformation numérique en Afrique en collaborant étroitement avec les gouvernements et les parties prenantes. Le groupe, qui emploi 3.500 personnes en Afrique, dont 2.100 au Maroc, croit fermement en l'avenir technologique prometteur de l'Afrique et considère la transformation numérique comme un élément essentiel pour garantir une croissance économique durable dans la région.

Le Matin : Quelle est la particularité du Gitex en Afrique et quelles opportunités nouvelles offre-t-il aux fournisseurs du marché africain ?
Mohammed Amin :
Je tiens à féliciter le Royaume du Maroc pour l’organisation du Gitex, qui se tient pour la première fois en Afrique. Le Gitex rencontre un énorme succès à Dubaï, mais il revêt une importance particulière au Maroc en tant que porte de l'Afrique vers l'Europe. Pour le continent, le Gitex offre des opportunités nouvelles qui permettront de dessiner une nouvelle Afrique confiante en ses capacités naturelles et humaines, prête à travailler en union pour relever le défi de la transformation digitale.



Quelle est votre vision de l'avenir technologique de l'Afrique et comment Dell envisage-t-il d'accompagner les gouvernements dans la transformation numérique pour assurer une croissance durable ?
Nous considérons que l'avenir technologique de l'Afrique est prometteur. Nous sommes conscients des mutations en cours et de l'importance de les accompagner. La transformation numérique est un point de départ essentiel. Les gouvernements doivent étudier et planifier cette transition numérique pour assurer une croissance durable. Nous sommes prêts à accompagner les gouvernements dans cette démarche. Grâce à nos relations avec différents gouvernements africains, nous partageons notre expertise et notre expérience. Avec notre présence dans plus de 160 pays et des investissements qui ont atteint 13 milliards de dollars au cours des cinq dernières années, nous continuerons à investir pour développer nos services et les adapter aux besoins technologiques spécifiques des gouvernements africains.

L'Afrique peut-elle surmonter le retard important qu'elle accuse dans le domaine du cloud, qui est l'infrastructure de l'IA, notamment face à la comparaison de ses capacités avec des pays tels que la Suisse ?
Je suis contre le fait de comparer l'Afrique à un autre pays pour conclure à un retard. Ce qui importe, c'est où nous serons demain, pas où nous nous trouvons aujourd'hui. Nous nous dirigeons vers une étape cruciale et nous conseillons aux décideurs gouvernementaux de consacrer une part importante de leur PIB à l'enseignement et au développement technologique, c'est-à-dire à la transformation numérique.

La transformation numérique favorisera-t-elle l'accès à l'éducation pour chaque Africain, indépendamment de son lieu de résidence, tout en contribuant au développement économique des pays ?
Absolument, car il s'agit du même écosystème. Le développement numérique réduit l'écart avec les pays développés et il est crucial que la technologie soit au service de l'enseignement. Je suis convaincu que l'IA et la transformation digitale aideront les citoyens africains à améliorer leurs compétences. Concernant les craintes selon lesquelles l'IA remplacerait des emplois humains, ce n'est pas tout à fait vrai. L'IA créera de nouveaux types d'emplois qui nécessiteront des qualités humaines différentes. C'est pourquoi nous devons mettre la technologie au service de l'enseignement et de la transformation des individus afin de favoriser l'innovation.

Les individus sont donc amenés à développer les capacités de l'IA ?
L'IA effectuera certainement des tâches habituelles, mais nous devrons acquérir une intelligence différente, ce que j'appelle «les fonctions innovatives». Je crois donc que l'IA donnera naissance à des individus dotés de nouvelles et différentes capacités.

Pensez-vous que les gouvernements africains soient prêts à innover en matière de cadres réglementaires favorisant le développement du numérique ?
Chaque pays africain présente des différences en termes de cadres réglementaires régissant l'informatique et la sécurité des informations, et certains pays commencent tout juste à amorcer leur développement numérique. Cependant, je pense que le continent a besoin d'être à la fois plus flexible et plus agressif dans la transformation de son arsenal juridique afin de le mettre au service de la technologie et de l'information, tout en assurant la protection de la sécurité. Il est en effet possible de trouver un juste équilibre entre ces deux aspects. Les gouvernements africains ont un rôle crucial à jouer dans cette transformation. Il est essentiel qu'ils reconnaissent l'importance du secteur numérique dans le développement économique et social de leur pays. Cela signifie qu'ils doivent être prêts à innover et à créer des cadres réglementaires adaptés qui favorisent le développement du digital.

Cependant, il est également important de noter que les gouvernements ne peuvent pas faire cela seuls. Ils doivent impliquer les parties prenantes clés et collaborer étroitement avec elles, notamment les entreprises technologiques, les experts en sécurité informatique, la société civile et les organismes de réglementation internationaux. Ensemble, ils peuvent élaborer des politiques et des réglementations qui encouragent l'innovation, tout en protégeant les intérêts des citoyens et en garantissant la sécurité des informations. En développant des cadres réglementaires flexibles et adaptés, les gouvernements africains peuvent stimuler l'investissement dans le secteur numérique, encourager l'entrepreneuriat technologique, faciliter l'accès à l'Internet et promouvoir l'inclusion numérique. Cela nécessite une approche proactive, où les gouvernements doivent rester à l'écoute des besoins et des préoccupations des acteurs du secteur et ajuster leurs réglementations en conséquence.

En résumé, je pense que les gouvernements africains sont de plus en plus conscients de l'importance du développement numérique et de la nécessité d'innover leurs cadres réglementaires. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour assurer une transformation complète et réussie. Avec une approche collaborative et une volonté politique forte, les gouvernements africains peuvent jouer un rôle clé dans le développement d'un écosystème numérique dynamique et florissant sur le continent.

Lire aussi : Gitex Africa : Les startups à la rencontre des poids lourds de l’innovation technologique

Lisez nos e-Papers