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Samedi 25 Mai 2024
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Financement extérieur du Maroc : L'analyse d'Attijari Global Research

Le Maroc confirme son retour sur le marché international avec sa levée de l'eurobond de 2,5 milliards de dollars. Et ce, après deux années marquées par un recours quasi-exclusif au marché intérieur. C'est ce que relève Attijari Global Research qui a publié une nouvelle analyse intitulée «Vers une nouvelle stratégie de financement du Trésor en 2023». Cette analyse note, toutefois, que si cette sortie rassure le marché financier dans la capacité du Trésor à s’orienter aisément vers l’endettement extérieur, elle demeure insuffisante pour combler ses besoins grandissants en 2023. Ces derniers s’établissent à plus de 230 milliards de DH pour le reste de l’année.

Financement extérieur du Maroc : L'analyse d'Attijari Global Research
Pour les analystes d'AGR, le ministère des Finances aura bien choisi son timing pour faire cette sortie sur le marché international.

Après deux années marquées par un recours quasi-exclusif au marché intérieur, le Maroc confirme son retour sur le marché international avec sa levée de l'Eurobond de 2,5 milliards de dollars, souscrite 4,6 fois. «Ce financement atteste de la qualité de signature du Royaume dans un contexte défavorable marqué par le retour de l’aversion au risque», indique Attijari Global Research dans son analyse sur la nouvelle politique de financement du Trésor en 2023 axée sur l’endettement extérieur. Selon les experts d’AGR, si cette sortie «rassure le marché financier dans la capacité du Trésor à s’orienter aisément vers l’endettement extérieur, celle-ci demeure néanmoins insuffisante pour combler ses besoins grandissants en 2023. Ces derniers s’établissent à plus de 230 milliards de DH pour le reste de l’année». Pour les analystes d'AGR, le Maroc aura bien choisi son timing pour faire cette sortie sur le marché international. Le Trésor différant ainsi la décision de son émission en mars 2023 au lieu du 4e trimestre de l’année écoulée.

Le Maroc 2e pays africain après l’Égypte à sortir sur le marché des Eurobonds en 2023

Ceci lui a permis donc d’éviter la phase défavorable marquée par une forte hausse des spreads et une nette appréciation du dollar sur le marché mondial en 2022. «À cet effet, le Maroc devient le 2e pays africain après l’Égypte à sortir sur le marché des Eurobonds en 2023 et intègre le Top 10 des émissions des marchés émergents en 2023». L’analyse souligne également le renouvellement de la confiance des instances à l’international envers le Maroc qui a su préserver ses fondamentaux économiques comme c’est le cas de la maîtrise du déficit budgétaire à 5,1% du PIB en amélioration de 760 millions de DH en 2022 par rapport à 2021. «Parallèlement, l’endettement public se stabilise en dessous des 70% du PIB contre des niveaux proches de 90% au sein des économies comparables, à l’instar de l’Égypte et de la Jordanie», relève AGR. Les auteurs de l’étude saluent également la sortie du Royaume de la liste grise du GAFI, en février dernier, affirmant que c’est un signal positif devant soutenir Bank Al-Maghrib pour l’obtention d’une ligne de crédit modulable auprès du FMI. Celle-ci permettrait ainsi d’accéder à des financements extérieurs importants à des conditions jugées relativement plus souples.

Le Maroc doit encore financer 34 milliards de DH en dette extérieure cette année

Par ailleurs, les analystes indiquent que le Royaume bénéficie de niveaux attractifs des spreads de liquidité assortis à ce nouvel Eurobond. Cette année également, notent les analyses d'AGR, «nous avons assisté à un assouplissement des primes de risque de la dette souveraine marocaine à LT libellée en dollar.

Ces dernières ont connu un repli de 42% depuis leur plus haut en 2022, passant de 387 PBS à près de 220 PBS en mars 2023». Selon eux, ces niveaux demeurent plus avantageux que les spreads exigés pour les émissions en dollar des marchés émergents, soit une décote moyenne aux environs de 100 PBS pour une maturité de 10 ans. Enfin, cette sortie à l’international semble, selon AGR, de bon augure pour la réalisation totale des financements extérieurs prévus dans le cadre de la loi de Finances 2023.

Projetés à 60 milliards de DH, en hausse de 50% par rapport aux estimations de la LF 2022, ils représentent le double des financements extérieurs réalisés l’année dernière. «Avec une émission de plus de 26 milliards de DH, le taux de réalisation extérieur ressortirait à 45% en mars, soit un reliquat à financer à l’international de près de 34 milliards d’ici la fin de 2023», note AGR. Avec cette sortie, le Maroc devrait, selon les analystes, poursuivre le financement du Trésor à l’international que ce soit auprès des institutions monétaires ou auprès des marchés de la dette en devise en 2023. Un scénario attribué, d’une part, à un retour d’appétit des investisseurs envers les dettes des marchés émergents, après une année marquée par un manque de papier frais, et d’autre part, aux anticipations d’une pause de la politique monétaire restrictive de la FED après 8 hausses successives depuis mars 2022.

>>Lire aussi: Pourquoi le Maroc a réussi sa sortie sur le marché financier international (analyste)

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