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Mardi 25 Juin 2024
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Abdellatif Ouahbi : le débat sur le métier d'avocat ne doit pas être soumis au jugement des réseaux sociaux

Attendu depuis hier pour faire le point sur la polémique liée aux «dysfonctionnements» enregistrés lors du concours d’accès à la profession d’avocat, Abdellatif Ouahbi s'est finalement contenté d'une intervention lors d’une conférence organisée par le groupe socialiste à la Chambre des conseillers. Lors de cette rencontre, le ministre a affirmé que le débat autour du métier d'avocat doit être «moral et juridique, non soumis au jugement des réseaux sociaux, mais à la loi et à la rationalité».

Abdellatif Ouahbi : le débat sur le métier d'avocat ne doit pas être soumis au jugement des réseaux sociaux

La polémique autour des «dysfonctionnements» enregistrés lors du dernier concours d’accès à la profession d’avocat continuer d’enfler sur les réseaux sociaux. Interpellé, jeudi, sur la question, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas, a assuré que le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, allait prendre la parole dans la journée pour dissiper les doutes autour de cette situation inédite. Un jour après, le garde des Sceaux ne s’est toujours pas présenté devant les médias. Il s’est toutefois prononcé, le même jour, lors d’une conférence organisée par le groupe socialiste à la Chambre des conseillers et le «secteur des avocats ittihadis». Lors de son intervention, il a affirmé que le débat autour du métier d'avocat doit être «moral et juridique, non soumis au jugement des réseaux sociaux, mais à la loi et à la rationalité».

Dans son intervention, le ministre a affirmé que la profession d'avocat nécessite de l'appui et de l'encadrement, mais «sans atteinte à son indépendance. Le ministre a exprimé, par ailleurs, son optimisme de parvenir à des «compromis» avec les Barreaux quant à la nouvelle loi portant organisation de la profession d'avocat, laquelle permettra de «sauver la profession» et de «consolider le principe de reddition de comptes». M. Ouahbi a dans ce sens salué le débat autour de cette loi en gestation qui a été élaborée par son département dans le but de «conférer à la profession une force intellectuelle et morale au sein de la société», relevant que la responsabilité de la situation actuelle du métier n'incombe pas aux Barreaux ou aux avocats, mais à l'environnement qui influence sa pratique.

Le ministre a indiqué lors de cette rencontre, initiée sous le thème «Pour un cadre juridique moderniste de la profession d'avocat», que cette loi en devenir ambitionne de faire du métier d'avocat un espace de coopération aux niveaux local, national et international, soulignant que «toutes les compétences nationales doivent être représentées dans la profession d'avocat». Par ailleurs, M. Ouahbi a relevé que «la profession d'avocat ne peut et ne doit pas être la solution à la crise des Facultés de droits qui accueillent 347.000 étudiants, avec 34.000 lauréats chaque année, dont la majorité s'oriente vers le métier d'avocat ou d'autres professions». Il a souligné que la dimension de la profession d'avocat devrait toujours évoluer en parallèle à la taille et à la force de l'économie, notant que toute défaillance à ce niveau ferait peser un lourd fardeau sur les épaules des avocats «qu'ils ne pourront pas supporter».

Des avocats plaident pour le développement du Code de déontologie de la profession

Des avocats ont appelé, jeudi, au développement du Code de déontologie de la profession afin de promouvoir le service de la justice, conformément aux principes constitutionnels et aux conventions internationales. Intervenant lors des travaux de la deuxième session d'une conférence organisée par le groupe socialiste à la Chambre des conseillers, en partenariat avec les avocats socialistes, les participants se sont attardés sur les principales étapes juridiques qu'a connues la profession d'avocat, depuis la loi de 1924. Ils ont également souligné le rôle pionnier des avocats dans le processus d'indépendance et de démocratie, notant que l'année 1979 a été marquée par la promulgation de la première loi, approuvée par la Chambre des représentants, et qui a reconnu l'indépendance des avocats, leur liberté et leur dignité, en plus du premier Code de la profession basé sur la proposition de loi 28.08 présentée par le groupe socialiste.

Lors de cette conférence tenue sous le thème «Pour un cadre juridique moderne de la profession d'avocat», les participants ont souligné la nécessité d'améliorer le texte juridique régissant la profession afin de permettre aux avocats de s'ouvrir sur la profondeur africaine et d'interagir avec des questions politiques et des droits de l'Homme sur la scène africaine, notamment après le renforcement des orientations africaines du Maroc et l'émergence de l'enjeu de la diplomatie parallèle au niveau de la cause nationale, entre autres questions prioritaires. Dans ce sens, ils ont appelé à la présentation du projet d'un nouveau Code de la profession à même de contribuer au développement du système judiciaire, regrettant la faible représentation féminine au sein des conseils des instances de la profession.

 

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