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Covid-19 : Il faut apaiser le citoyen et le désangoisser (Dr. Hachem Tyal)

Alors que tous les moyens sont mis en place pour accélérer la campagne de vaccination et favoriser un retour à la vie normale, la troisième dose peine à trouver son rythme. Dr Mohamed Hachem Tyal, psychiatre et psychanalyste, estime qu’il est temps de revoir la stratégie de communication en adoptant une approche rassurante et une communication transparente. Pour lui, chaque citoyen a le droit, non seulement d’être informé, mais aussi et surtout d’être rassuré.

Covid-19 : Il faut apaiser le citoyen et le désangoisser (Dr. Hachem Tyal)

Le Maroc, à l’instar de plusieurs pays du monde, se dirige vers un retour à la vie normale après plus de deux ans de mesures restrictives tantôt assouplies, tantôt renforcées ou réajustées. C’est donc une nouvelle étape qui commence en matière de gestion de la pandémie dans notre pays. Son succès, d’après les scientifiques, repose en grande partie sur l’accélération de la campagne de vaccination. Une réalité que certains refusent d’admettre, mettant en avant leur droit à la liberté individuelle. Invité de l’Info en face, Dr Mohamed Hachem Tyal, psychiatre et psychanalyste, estime que pour convaincre ces réticents, il est important de revoir la stratégie de communication tout en adoptant une approche, non seulement informationnelle, mais aussi et surtout explicative et rassurante. «On ne peut pas obliger quelqu’un à se soigner, ni à recevoir un vaccin, car ce serait une atteinte à la dignité de la personne ; d’où l’intérêt de la communication», explique-t-il.

Et d’ajouter que dans l’état actuel des choses, il faut chercher à convaincre les citoyens de l’intérêt de la vaccination au lieu de les contraindre, d’autant plus que la question de la vaccination est liée au principe d’intégrité corporelle qui recouvre le droit de chaque être humain à l’auto-détermination par rapport à son corps. «Un principe qui ne doit surtout pas être négligé», souligne l’invité de l’Info en face. L’expert tient à préciser également qu’en matière de communication, inutile d’adopter un discours ferme, car cela ne va rien changer. L’allusion est faite aux récents propos du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch : «les personnes non vaccinées pénalisent la relance. Ceux qui veulent anéantir nos efforts de relance n'ont qu'à rester chez eux».

Il faut rassurer les citoyens…
La pandémie liée à la Covid-19 a entraîné une augmentation des niveaux de peur et d’angoisse, et cela a été confirmé par plusieurs études. Selon Dr Hachem Tyal, ces sentiments ont été nourris par deux grands facteurs : D’abord, les fake news qui continuent d’ailleurs à se propager sur les réseaux sociaux. Ensuite, les avis totalement opposés des spécialistes et des scientifiques qui se défendent les uns contre les autres. «Dans la réalité, il faut admettre que malgré tous les efforts déployés, on est encore loin de tout savoir sur ce virus.

Les avis divergent et c’est pour cela que le citoyen est de devenu perdu», explique-t-il. L’expert estime ainsi qu’il est plus que nécessaire aujourd’hui d’apaiser le citoyen et de le désangoisser par rapport aux évolutions de la pandémie. «Il ne faut pas oublier d’ailleurs que cela fait pratiquement deux ans que les populations vivent des changements liés à la pandémie. Une période qui n’était pas du tout facile et dont les conséquences étaient surtout émotionnelles», rappelle-t-il. Tout en invitant les parties prenantes à prendre en considération ce volet, Mohamed Hachem Tyal recommande aussi de répondre aux interrogations des citoyens avec des éléments scientifiques et des preuves suffisamment élevés.

Ceci est très important, particulièrement en cette période de transition, et va permettre à tout un chacun de mieux comprendre les changements, se projeter dans le futur et surtout planifier des programmes. Tout l’enjeu aujourd’hui, précise-t-il, est de gagner la confiance des citoyens, les rassurer et les aider à devenir acteurs dans le changement. La sortie de crise, insiste-t-il, est une phase très cruciale qu’il faudra mener avec beaucoup de réflexions tout en y impliquant l’ensemble des citoyens.

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