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Comment l'IA facilite le travail de la DGSN

L’Intelligence artificielle s’impose dans tous les domaines et celui de la sécurité n’y échappe pas. Une analyse approfondie de ce sujet a été apportée par les participants à un colloque organisé dans le cadre de la cinquième édition des Journées portes ouvertes (JPO) de la DGSN. Les intervenants ont présenté les champs d’application de l’IA dans la sécurité tout en dévoilant les nouveautés en la matière.

Ph. Sradni
Ph. Sradni
«La stratégie d’intégration de l’IA au sein de la DGSN repose sur une approche méthodique et réfléchie», a expliqué d’entrée de jeu le contrôleur général Youness Kerbid, chef du service veille logiciel et méthodologie à la direction des systèmes d’information et de communication. S’exprimant lors du colloque «L’IA et la sécurité : défis et opportunités», organisé le 19 mai à Agadir en marge des JPO de la DGSN, le haut responsable a précisé que le but de cette stratégie était de tirer le meilleur parti de l’IA pour plus de sécurité des personnes et des biens, tout en respectant les cadres législatifs et éthiques en évolution. À ce titre, il a mis en avant les compétences techniques des cadres de la DGSN qui jouent un rôle crucial dans la mise en place de cette stratégie. «En se basant sur nos compétences techniques internes, nous avons pu développer des solutions innovantes adaptées à nos besoins spécifiques», a-t-il souligné.

Cas d’utilisation de l’IA dans la DGSN

M. Kerbid a expliqué que le processus d’intégration de l’IA dans la DGSN a démarré dans les années 1970 tout en rappelant que la période 2004-2009 a connu une refonte du système d’information avec le recrutement massif d’équipes techniques. Des résultats concrets, a-t-il dit, ont été rapidement constatés, notamment en matière de généralisation de la carte nationale biométrique. «Depuis 2015, les efforts sont concentrés en particulier sur la digitalisation des processus métier», a-t-il précisé. L’intervenant a ainsi partagé avec le public des cas concrets illustrant l’utilisation de l’IA dans la DGSN. Il a cité à cet égard :

• La gestion de la circulation : il s’agit d’analyser le flux de trafic pour identifier les zones les plus exposées aux embouteillages et assurer un déploiement efficient des effectifs. Ceci permet également de réduire les accidents, du fait que le comptage permet d’identifier les zones à haut risque et d’ajuster la signalisation, la surveillance et les patrouilles.

• La lecture des plaques minéralogiques : l’IA permet l’identification des véhicules suspects et volés en donnant des renseignements qui facilitent les efforts des forces de sécurité.

• La reconnaissance faciale : les enquêteurs mettent à profit cette technologie prodigieuse pour identifier une personne d’intérêt inconnue.

Le contrôleur général Youness Kerbid a tenu à souligner que la Direction des systèmes d’information et de communication (DISC) est également chargée de garantir la continuité des services des moyens informatiques, de télécommunications et de radiocommunications nécessaires au bon fonctionnement des services centraux et déconcentrés de la Sûreté nationale.

L’IA, une arme puissante certes, mais le contrôle par l’humain est incontournable

Intervenant lors de ce colloque, la présidente exécutive du Centre international pour l’intelligence artificielle au Maroc-AI Movement, Amal El Fallah Seghrouchni, a indiqué que parmi les défis que présente l’utilisation de l’IA dans le domaine de la sécurité figure la nécessité de garantir le contrôle des algorithmes par l’humain. «L’IA doit être un outil qui partage la prise de décision avec l’Homme tout en étant sous le contrôle de ce dernier», a-t-elle précisé, notant que l’IA aide à gérer l’énorme volume de données de sécurité à travers la prévention, le tri, la surveillance, le suivi et l’analyse. En effet, a-t-elle ajouté, l’IA peut aujourd’hui contribuer, entre autres, à réduire le temps de réponse aux menaces et à prédire les risques, et c’est ce qui fait d’elle une arme efficace et puissante au service de la sécurité.

Mme El Fallah Seghrouchni a tenu à rappeler qu’au-delà du volet sécuritaire, l’IA est devenue un phénomène sociétal qui concerne aussi bien les adultes que les enfants. «L’IA est d’ailleurs la science la plus proche de l’humain, compte tenu de ses innombrables applications», a-t-elle expliqué avant de souligner que cet outil est à double tranchant, d’où le besoin d’un cadre éthique et d’une réglementation couvrant tout le cycle de vie des systèmes d’IA, de la conception au développement et au démantèlement.

Outre le colloque «L’IA et la sécurité : défis et opportunités», d’autres conférences ont été également données dans le cadre de la cinquième édition des JPO de la DGSN, qui s’est ouverte jeudi à Agadir sous le thème «La Sûreté nationale : citoyenneté et solidarité». Cette édition coïncide avec la célébration du 68e anniversaire de la création de la Sûreté nationale. Les travaux se poursuivent jusqu’à ce mardi 21 mai avec pour objectif d’informer le public sur l’ensemble des missions assurées par les différentes unités et formations de la Sûreté nationale, ainsi que sur les efforts de modernisation entrepris par la DGSN pour assurer la sécurité des personnes et des biens et préserver l’ordre public. n
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