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La viralité numérique n’est plus un simple phénomène d’audience : elle peut accélérer une rumeur, amplifier une tension et transformer en quelques heures une conversation en mobilisation dans le monde réel. Les récentes séquences de mobilisation en ligne en donnent une illustration concrète et montrent à quel point les réseaux sociaux peuvent devenir des accélérateurs de crises. Récit émotionnel, amplification algorithmique, effet de masse, relais coordonnés ou opportunistes, basculement vers des espaces fermés : ces mécanismes peuvent être exploités pour transformer une vulnérabilité sociale en levier de déstabilisation. Alors que le Maroc s’évertue à asseoir les bases de sa souveraineté (politique et économique notamment) et poursuit sa marche pour l’édification d’un État social fort et inclusif, adossé à une économie moderne et compétitive, force est de constater qu’il évolue désormais dans un environnement de guerre informationnelle sans précédent où la question migratoire, les problème de l’emploi et de la jeunesse sont devenus des vecteurs d’attaque privilégié. Les usines à trolls n’ont pas créé la vulnérabilité sociale sous-jacente : elles l’exploitent, l’industrialisent et la synchronisent. Face à ce risque, l’enjeu n’est plus seulement de contre-attaquer ou de démentir, mais de détecter les signaux faibles, comprendre les chaînes de diffusion et agir avant que la dynamique numérique ne produise ses effets dans le réel. Après les événements déplorables de fin juillet dernier, la prochaine mobilisation numérique n’est plus une éventualité lointaine : c’est une échéance. La seule question est de savoir si nous l’observerons en spectateurs ou en analystes préparés.
Les 395 députés élus le 23 septembre forment une Chambre des Représentants où les femmes occupent 27,09% des sièges et où les moins de 35 ans pèsent 9,37%. Derrière ces moyennes, les données publiées par le ministère de l'Intérieur, relevées région par région par Le Matin, font ressortir deux contingents. Dans les 305 sièges des circonscriptions locales, les hommes détiennent 94,4% des mandats et un élu sur deux a dépassé 55 ans. Les 90 sièges des listes régionales, réservées aux femmes, fournissent à eux seuls 84% des députées et 78% des élus de moins de 35 ans. Sur les 875 candidates engagées dans les circonscriptions locales, 17 seulement ont été élues. Trois régions n'y ont élu aucune femme.
Les résultats provisoires des législatives du 23 septembre rendent possible, sur le papier, la reconduction du trio PAM, RNI et Istiqlal, avec le PAM désormais en tête. Deux universitaires invitent pourtant à dépasser le seul décompte des sièges. Le politologue Abdelmounim Lazaar distingue la nomination du Chef du gouvernement, encadrée par l'article 47 de la Constitution, de la formation de la majorité, qui échappe aux électeurs, et estime que le PAM trouvera la voie dégagée auprès d'un large cercle de partis. Khalid Chiate, professeur à l'Université Mohammed Ier d'Oujda, identifie trois variables appelées à peser sur les tractations, à savoir les passes d'armes entre le PAM et le RNI durant la précédente campagne électorale, les communales de l'an prochain et la percée du PJD dans les grandes villes.
Arrivé en tête des législatives du mercredi 23 septembre avec 97 sièges, selon les résultats provisoires annoncés jeudi par le ministre de l'Intérieur, le PAM doit réunir une coalition d'au moins 198 députés pour obtenir l'investiture de la Chambre des représentants, comme l'exige l'article 88 de la Constitution. Face à lui, un RNI tombé à 66 sièges, un Istiqlal à 65 et un PJD revenu à 54. Le scrutin a rendu caduc le veto conditionnel du PAM contre le RNI brandi lors de la campagne électorale. Rachid Lazrak, professeur de sciences politiques et de droit constitutionnel, décrit trois scénarios et désigne la reconduction du trio PAM, RNI et Istiqlal, à 228 sièges, comme l'hypothèse la plus vraisemblable.
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