L'organisation à Rabat du symposium international sur la sécurité des grands événements sportifs à l'ère de la transformation numérique par le ministère de la Justice marque une étape décisive dans la réflexion régionale sur la sécurisation des manifestations sportives. Initié en partenariat avec l'Université Naïf arabe des sciences de sécurité, la Direction générale de la Sûreté nationale, le Commandement supérieur de la Gendarmerie Royale et la Fédération Royale marocaine de football, l'événement bénéficie du soutien du Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (ONUCT), de l'Organisation internationale pour les migrations et de l'Union sportive arabe de la police, témoignant de son envergure internationale.
Cette convergence institutionnelle répond à une nécessité stratégique. Les grands événements sportifs concentrent aujourd'hui des enjeux qui dépassent largement le cadre du spectacle. Ils constituent des leviers de développement économique, des vecteurs de cohésion sociale et des instruments de diplomatie. Mais ils s’avèrent être aussi des espaces de vulnérabilité face aux menaces terroristes, à la criminalité organisée et aux dérives violentes. Le symposium ambitionne de construire une approche intégrée, associant sécurité, justice, prévention et respect des libertés fondamentales.
Cette convergence institutionnelle répond à une nécessité stratégique. Les grands événements sportifs concentrent aujourd'hui des enjeux qui dépassent largement le cadre du spectacle. Ils constituent des leviers de développement économique, des vecteurs de cohésion sociale et des instruments de diplomatie. Mais ils s’avèrent être aussi des espaces de vulnérabilité face aux menaces terroristes, à la criminalité organisée et aux dérives violentes. Le symposium ambitionne de construire une approche intégrée, associant sécurité, justice, prévention et respect des libertés fondamentales.
Le sport comme rempart contre l'extrémisme
Khalid Bin Abdul Aziz Al Harash, représentant de l'Université Naïf, a posé dans son intervention le cadre d'une réflexion où le sport apparaît comme «un pont entre les peuples et un rempart contre l'extrémisme». Il a développé cette vision en affirmant que «le sport constitue un levier fondamental pour la réalisation des objectifs de paix et de développement durable à l'horizon 2030 des Nations unies. Il contribue à la sécurité, à la stabilité, à la diffusion des valeurs de tolérance et de coexistence, et au rapprochement entre les peuples et les cultures». Cette approche inscrit la sécurité sportive dans une logique préventive de long terme, où la fonction éducative et sociale du sport devient un outil de résilience face à la radicalisation.
La directrice du Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, Guadalupe Megre, a confirmé cette orientation stratégique, précisant que le symposium s'inscrivait «dans le cadre du Programme mondial pour la sécurité des grands événements sportifs, qui vise à promouvoir le sport et ses valeurs comme outil de prévention de l'extrémisme violent». Elle a souligné que «lorsque les grands événements sportifs sont sécurisés de manière efficace et organisés de façon inclusive, ils deviennent de puissants moteurs d'autonomisation des jeunes, de développement communautaire et d'égalité de genre».
La directrice du Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, Guadalupe Megre, a confirmé cette orientation stratégique, précisant que le symposium s'inscrivait «dans le cadre du Programme mondial pour la sécurité des grands événements sportifs, qui vise à promouvoir le sport et ses valeurs comme outil de prévention de l'extrémisme violent». Elle a souligné que «lorsque les grands événements sportifs sont sécurisés de manière efficace et organisés de façon inclusive, ils deviennent de puissants moteurs d'autonomisation des jeunes, de développement communautaire et d'égalité de genre».
Une architecture scientifique ambitieuse
Le symposium se structure autour de sept sessions scientifiques couvrant l'ensemble du spectre sécuritaire et juridique. Les thématiques abordent les opportunités et défis posés par les grands événements sportifs à l'ère numérique, le rôle du sport dans la prévention de l'extrémisme violent et de la criminalité organisée, les pratiques internationales en matière de sécurisation, les mesures préventives et anticipatives pour la gestion des foules, l'utilisation de l'intelligence artificielle et des technologies de cybersécurité, le cadre juridique et le traitement judiciaire des affaires liées à la sécurité des événements sportifs, ainsi que la planification de l'accueil des manifestations sportives au cours des prochaines années.
Cette architecture reflète une approche globale. M. Al Harash a résumé les objectifs comme suit : «Renforcement du rôle du sport dans les politiques de prévention, développement de la coopération institutionnelle, amélioration des mécanismes de coordination et harmonisation des politiques pénales pour faire face aux crimes liés aux événements sportifs». Le symposium vise ainsi à produire des recommandations opérationnelles directement applicables par les États.
Plusieurs expériences internationales majeures ont été présentées, notamment l'expérience de la Coupe du monde Qatar 2022, la Convention de Saint-Denis du Conseil de l'Europe relative à la sécurité et à la sûreté lors des événements sportifs, ainsi que l'expérience britannique en matière de gestion de la sécurité des stades. Ces partages permettront aux participants d'identifier les bonnes pratiques transférables à leurs contextes nationaux respectifs.
Cette architecture reflète une approche globale. M. Al Harash a résumé les objectifs comme suit : «Renforcement du rôle du sport dans les politiques de prévention, développement de la coopération institutionnelle, amélioration des mécanismes de coordination et harmonisation des politiques pénales pour faire face aux crimes liés aux événements sportifs». Le symposium vise ainsi à produire des recommandations opérationnelles directement applicables par les États.
Plusieurs expériences internationales majeures ont été présentées, notamment l'expérience de la Coupe du monde Qatar 2022, la Convention de Saint-Denis du Conseil de l'Europe relative à la sécurité et à la sûreté lors des événements sportifs, ainsi que l'expérience britannique en matière de gestion de la sécurité des stades. Ces partages permettront aux participants d'identifier les bonnes pratiques transférables à leurs contextes nationaux respectifs.
La vision Royale comme boussole stratégique
Houssine Kodad, secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale, du préscolaire et des sports, a rappelé le message de S.M. le Roi Mohammed VI lors de la conférence internationale sur le football à Skhirate en 2008, dans lequel le Souverain avait souligné que «le développement de la pratique sportive, et du football en particulier, constitue un pilier essentiel de l'intégration des jeunes dans leur environnement social et économique, et un rempart contre les dérives, l'extrémisme et les aventures dangereuses comme l'émigration irrégulière».
Cette référence à la parole Royale inscrit le symposium dans une continuité doctrinale. Mounir El Mountassir Billah, secrétaire général du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), a cité le même message, soulignant que «le football est d'abord un ensemble de valeurs et de principes avant d'être une simple quête de titres. Il promeut l'esprit sportif, le travail collectif, la compétition loyale et favorise l'ouverture, le rapprochement et la compréhension entre les peuples».
Cette philosophie traverse l'ensemble des interventions. Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, a évoqué avec émotion la «parité» observée dans les stades : «Dans le stade, il y avait pratiquement moitié femmes, moitié hommes. Les femmes, parfois plus réservées. Les hommes, parfois gênés. Mais au final, un seul élan : le patriotisme. Aucun extrémisme. Aucun dérapage». Cette observation illustre concrètement le potentiel inclusif du sport comme espace de cohésion nationale.
Cette référence à la parole Royale inscrit le symposium dans une continuité doctrinale. Mounir El Mountassir Billah, secrétaire général du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), a cité le même message, soulignant que «le football est d'abord un ensemble de valeurs et de principes avant d'être une simple quête de titres. Il promeut l'esprit sportif, le travail collectif, la compétition loyale et favorise l'ouverture, le rapprochement et la compréhension entre les peuples».
Cette philosophie traverse l'ensemble des interventions. Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, a évoqué avec émotion la «parité» observée dans les stades : «Dans le stade, il y avait pratiquement moitié femmes, moitié hommes. Les femmes, parfois plus réservées. Les hommes, parfois gênés. Mais au final, un seul élan : le patriotisme. Aucun extrémisme. Aucun dérapage». Cette observation illustre concrètement le potentiel inclusif du sport comme espace de cohésion nationale.
Les défis identifiés par les acteurs sécuritaires
Cependant, le sport demeure confronté à nombre de menaces, comme cela a été rappelé par M. Al Harash : «Le fanatisme, le racisme, la violence lors des grandes compétitions, mais aussi le risque d'instrumentalisation de ces événements par des groupes criminels ou terroristes». Il a insisté sur la nécessité pour «les institutions sécuritaires, sportives et judiciaires de renforcer leurs efforts communs, d'adopter des solutions scientifiques et opérationnelles, et de promouvoir la bonne gouvernance, la transparence et l'intégrité dans la gestion des événements sportifs».
Hicham Balaoui, procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du Ministère public, a insisté plus clairement sur l'impératif sécuritaire : «La violence dans les stades est une menace directe pour la sécurité des personnes et des biens, et c'est une atteinte grave au sentiment de sécurité des citoyens. Cela exige fermeté et sérieux». Il a cité le message Royal à la Conférence nationale sur le sport, selon lequel «la frustration et le désespoir provoqués par les échecs sportifs répétés ne peuvent jamais justifier les comportements honteux, moralement et légalement inacceptables : violence, agressions, dégradations de biens publics et privés».
Hicham Balaoui, procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du Ministère public, a insisté plus clairement sur l'impératif sécuritaire : «La violence dans les stades est une menace directe pour la sécurité des personnes et des biens, et c'est une atteinte grave au sentiment de sécurité des citoyens. Cela exige fermeté et sérieux». Il a cité le message Royal à la Conférence nationale sur le sport, selon lequel «la frustration et le désespoir provoqués par les échecs sportifs répétés ne peuvent jamais justifier les comportements honteux, moralement et légalement inacceptables : violence, agressions, dégradations de biens publics et privés».
Un engagement régional structuré
Compte tenu de ces défis, M. Al Harash a souligné que «le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur a accordé une attention particulière à ces questions, en élaborant plusieurs stratégies et plans visant à assurer la sécurité des infrastructures sportives et des foules, et à renforcer la prévention et la vigilance». Il a précisé que «ce forum constitue l'un des aboutissements concrets de ces stratégies», le situant ainsi dans une dynamique institutionnelle régionale de long terme.
La représentante de l'UNOCT a confirmé l'ampleur des défis à relever : «Protection physique, gestion des foules, usage de drones, cybersécurité, sécurité des transports et préparation aux situations d'urgence. Chaque événement exige une coordination étroite entre autorités publiques, forces de sécurité, services de renseignement, services de santé et acteurs privés». Elle a insisté sur la nécessité d'une «approche interinstitutionnelle et internationale» face à des menaces qui transcendent les frontières.
Pour sa part, le général Driss Amejrar, de la Gendarmerie Royale, a rappelé que cette dernière «a acquis une expérience solide» et «progressivement développé des dispositifs préventifs et anticipatifs dédiés à la protection des personnes, à la sauvegarde des biens et à la préservation de l'ordre et de la sécurité publics». Il a souligné que cette action «s'est accompagnée du renforcement des mécanismes de surveillance terrestre et aérienne, du déploiement de systèmes de veille numérique et de l'adoption de technologies avancées».
Une responsabilité partagée
La directrice de l'UNOCT a formulé le principe directeur de la sécurité sportive : «La sécurisation des grands événements sportifs est une responsabilité partagée. Elle exige vision, coordination et confiance.» Elle a précisé dans cet ordre d’idées que «les comités d'organisation, réunissant autorités nationales, agences de sécurité et fédérations sportives, portent la responsabilité première de la réussite des événements, à travers l'usage des nouvelles technologies, la coopération policière internationale et une gestion des foules fondée sur le respect des droits humains».
Pour sa part, Houssine Kodad a détaillé l'approche marocaine en matière de prévention : «Nous avons adopté, avec nos partenaires, une stratégie globale reposant sur des mesures dissuasives et préventives, mises en œuvre en coordination avec les départements gouvernementaux concernés, le Comité national olympique marocain, les fédérations sportives – en particulier la Fédération Royale marocaine de football – les autorités locales et la société civile, dont le rôle est déterminant». À cet égard, il a insisté sur l'action de sensibilisation : «Il s'agit d'impliquer davantage la société civile, de cibler les jeunes publics pour les alerter sur les dangers du hooliganisme, de produire des contenus éducatifs favorisant la culture du fair-play, du soutien positif et de la compétition loyale, et de mobiliser les médias pour diffuser ces messages.» Cette dimension préventive complète le dispositif répressif, dans une logique de transformation durable des comportements.
La représentante de l'UNOCT a confirmé l'ampleur des défis à relever : «Protection physique, gestion des foules, usage de drones, cybersécurité, sécurité des transports et préparation aux situations d'urgence. Chaque événement exige une coordination étroite entre autorités publiques, forces de sécurité, services de renseignement, services de santé et acteurs privés». Elle a insisté sur la nécessité d'une «approche interinstitutionnelle et internationale» face à des menaces qui transcendent les frontières.
Pour sa part, le général Driss Amejrar, de la Gendarmerie Royale, a rappelé que cette dernière «a acquis une expérience solide» et «progressivement développé des dispositifs préventifs et anticipatifs dédiés à la protection des personnes, à la sauvegarde des biens et à la préservation de l'ordre et de la sécurité publics». Il a souligné que cette action «s'est accompagnée du renforcement des mécanismes de surveillance terrestre et aérienne, du déploiement de systèmes de veille numérique et de l'adoption de technologies avancées».
Une responsabilité partagée
La directrice de l'UNOCT a formulé le principe directeur de la sécurité sportive : «La sécurisation des grands événements sportifs est une responsabilité partagée. Elle exige vision, coordination et confiance.» Elle a précisé dans cet ordre d’idées que «les comités d'organisation, réunissant autorités nationales, agences de sécurité et fédérations sportives, portent la responsabilité première de la réussite des événements, à travers l'usage des nouvelles technologies, la coopération policière internationale et une gestion des foules fondée sur le respect des droits humains».
Pour sa part, Houssine Kodad a détaillé l'approche marocaine en matière de prévention : «Nous avons adopté, avec nos partenaires, une stratégie globale reposant sur des mesures dissuasives et préventives, mises en œuvre en coordination avec les départements gouvernementaux concernés, le Comité national olympique marocain, les fédérations sportives – en particulier la Fédération Royale marocaine de football – les autorités locales et la société civile, dont le rôle est déterminant». À cet égard, il a insisté sur l'action de sensibilisation : «Il s'agit d'impliquer davantage la société civile, de cibler les jeunes publics pour les alerter sur les dangers du hooliganisme, de produire des contenus éducatifs favorisant la culture du fair-play, du soutien positif et de la compétition loyale, et de mobiliser les médias pour diffuser ces messages.» Cette dimension préventive complète le dispositif répressif, dans une logique de transformation durable des comportements.
Un héritage au-delà de l'événement
La responsable onusienne, Guadalupe Megre, a conclu en élargissant la perspective : «Nous devons regarder au-delà de l'événement lui-même. Investir dans des environnements sportifs sûrs, sécurisés et inclusifs contribue à la prévention à long terme et à la résilience sociale. Intégrer l'accessibilité et l'inclusion dans la planification sécuritaire permet de réduire les facteurs d'exclusion, de marginalisation et d'extrémisme».
