Menu
Search
Samedi 24 Janvier 2026
S'abonner
close
Samedi 24 Janvier 2026
Menu
Search

Finale de la CAN 2025 : l’éclairage et les messages de l’Ambassadeur du Maroc au Sénégal 

Dans un entretien exclusif accordé au Matin, Son Excellence l’Ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal, M. Hassan Naciri, revient sur le « climat de forte émotion » ayant suivi la finale de la CAN 2025. Le diplomate marocain qui tient à souligner la profondeur et la solidité de la relation entre Rabat et Dakar, insiste sur la nécessité de ramener les choses à leurs justes proportions et de ne pas « céder à l’inquiétude ou à des lectures excessives de faits isolés, certes regrettables, mais largement amplifiés par les dynamiques propres aux réseaux sociaux ». Pour M. Naciri, le Sénégal demeure un pays d’accueil, de fraternité et de coexistence harmonieuse, où la communauté marocaine est profondément intégrée, respectée et pleinement engagée dans la vie économique, sociale et académique.

Certaines informations et images ont circulé sur les réseaux sociaux dans le sillage de la finale de la CAN ayant opposé les sélections marocaine et sénégalaise. Quel regard portez-vous sur ces contenus et comment analysez-vous le climat qui a pu s’installer dans les heures ayant suivi la rencontre ?

SEM Hassan Naciri : Dans les heures ayant suivi la rencontre, certaines informations et images ont effectivement circulé sur les réseaux sociaux, souvent sous l’effet de l’émotion et parfois amplifiées ou sorties de leur contexte. Il importe toutefois de souligner qu’aucune dérive institutionnelle ni aucun acte généralisé n’ont été constatés, ni au Sénégal, ni, a fortiori, au Maroc. Ici à Dakar, les autorités sénégalaises ont fait preuve de responsabilité et de retenue, tandis que les voix médiatiques et intellectuelles ont, dès les premiers instants, privilégié l’apaisement, la clarification et la mise en perspective des faits. Le climat de forte émotion observé a été ponctuel, circonscrit et rapidement résorbé, sans impact durable sur la cohésion sociale ni sur la sécurité des communautés. La diffusion de fausses informations ou de contenus exagérés, parfois relayés de manière virale, a certes contribué à donner à certains faits isolés une ampleur disproportionnée. Cela rappelle la nécessité de faire preuve de discernement face aux réseaux sociaux, pour ne pas céder à des lectures excessives ou alarmistes.



Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui à la communauté marocaine établie au Sénégal, aux familles au Maroc, ainsi qu’à l’opinion publique, dans ce contexte marqué par le retour à l’apaisement ?

Le message que je souhaite adresser aujourd’hui à la communauté marocaine établie au Sénégal, aux familles au Maroc et à l’opinion publique est avant tout un message de sérénité et de confiance. Le Sénégal demeure un pays d’accueil, de fraternité et de coexistence harmonieuse, où la communauté marocaine est profondément intégrée, respectée et pleinement engagée dans la vie économique, sociale et académique. Il est toutefois important de reconnaître que certains contenus relayés sur les réseaux sociaux ont eu un impact réel sur le ressenti des familles dans les deux pays. À titre d’illustration, nous avons effectivement reçu des appels en provenance du Maroc et de l’étranger, de la part de familles inquiètes pour leurs proches résidant au Sénégal dans le cadre de leurs études ou de leur activité professionnelle. Ces inquiétudes, bien compréhensibles, ont souvent été alimentées par des informations inexactes, exagérées ou sorties de leur contexte, qui ont donné une perception erronée de la réalité sur le terrain. Ces liens humains, forgés au fil des décennies, s’inscrivent dans une convergence de vues au plus haut niveau entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, et Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Faye, dont la vision privilégie la stabilité, la souveraineté et le renforcement des partenariats africains au service des peuples. Il n’y a donc aucune raison de céder à l’inquiétude ou à des lectures excessives de faits isolés, certes regrettables, mais largement amplifiés par les dynamiques propres aux réseaux sociaux, malgré les efforts de sensibilisation entrepris de part et d’autre.

Selon vous, quels enseignements peut-on tirer de cette séquence sportive et quelles pistes privilégier pour consolider durablement l’esprit de fraternité, de respect mutuel et de dialogue entre nos deux peuples ?

Il convient avant tout de rappeler que le sport est une discipline noble, qui obéit à ses propres règles et doit rester un vecteur de rapprochement, de respect mutuel et de dialogue entre les peuples. Il ne saurait en aucun cas servir de prisme d’analyse ou de référence pour apprécier la nature des relations entre États, lesquelles relèvent d’une autre temporalité et d’autres fondements. Le principal enseignement réside dans l’importance de la responsabilité collective et individuelle dans la gestion de l’émotion, en particulier dans l’espace médiatique et numérique, où la rapidité de diffusion peut parfois l’emporter sur la vérification, la nuance et le discernement. La retenue observée, les appels rapides à l’apaisement et le refus de toute instrumentalisation ont permis de contenir les émotions et de préserver un climat général de sérénité et de responsabilité. Pour inscrire durablement cet esprit, il convient de continuer à privilégier la pédagogie, le sens des responsabilités et la parole mesurée, ainsi que de valoriser les échanges humains, culturels et sportifs en tant qu’espaces naturels de rencontre et de compréhension mutuelle, chacun dans le respect de sa vocation propre. Cette approche s’inscrit pleinement dans la vision partagée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, et des plus hautes Autorités sénégalaises, attachées à la stabilité, à la cohésion sociale et à la construction d’une Afrique unie et solidaire. À cet égard, la Lettre Royale de Sa Majesté a rappelé avec clarté que le sport, au-delà de la compétition, constitue un puissant facteur d’unité, d’espérance et de confiance, en particulier pour la jeunesse africaine, et qu’il doit demeurer un vecteur de rapprochement, de responsabilité et de projection positive pour l’avenir du continent.
Lisez nos e-Papers