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Hydrogène vert : les ambitions de Falcon Capital Dakhla pour le projet «White Dunes»

Le paysage énergétique du Maroc, particulièrement dans la région de Dakhla, se profile vers une transformation fondamentale grâce aux avancées projetées de l'initiative «White Dunes» portée par Falcon Capital Dakhla. Cette démarche s'inscrit en parfaite cohérence avec la stratégie visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour placer le Maroc en tête de proue mondiale dans le secteur de l'énergie verte, affirme Majid Slimani, président de Falcon Capital Dakhla, lors de cet entretien. Pour M. Slimani, ce projet aspire à positionner le Maroc en tant que précurseur global dans le domaine de l'énergie verte. Dotée d'un investissement initial de 2 milliards de dollars, cette centrale d'hydrogène vert implantée à Dakhla s'inscrit dans une perspective environnementale d'envergure tout en offrant des opportunités économiques prometteuses pour la région, explique-t-il.

Majid Slimani, fondateur et président de Falcon Capital Dakhla et Damien Havard, PDG de HDF Energy, lors de la signature le 15 novembre 2013 du partenariat entre les deux entités.
Majid Slimani, fondateur et président de Falcon Capital Dakhla et Damien Havard, PDG de HDF Energy, lors de la signature le 15 novembre 2013 du partenariat entre les deux entités.
Le Matin : Quels sont les principaux objectifs et la vision à long terme de Falcon Capital Dakhla concernant le projet «White Dunes» en partenariat avec HDF Energy ?
Majid Slimani : Le projet «White Dunes», porté par la société marocaine Falcon Capital Dakhla, s’inscrit dans la vision avant-gardiste de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de positionner le Maroc comme un précurseur mondial dans le domaine de l’énergie verte. En partenariat avec HDF Energy, leader en énergie verte, Falcon Capital Dakhla prévoit la création d’une centrale de production d'hydrogène vert en plein cœur de la région de Dakhla, avec une première phase d'investissement évaluée à 2 milliards de dollars.



White Dunes ambitionne ainsi de se positionner comme un opérateur de référence dans le secteur des énergies renouvelables au Maroc en capitalisant sur les 14 ans d’expérience du Royaume dans les énergies propres, tout en bénéficiant d’un écosystème propice à l’innovation et à l’investissement.


Pouvez-vous nous expliquer en quoi ce partenariat stratégique avec HDF Energy renforce les ambitions de Falcon Capital Dakhla dans le domaine des énergies renouvelables ?
Tout d’abord, HDF Energy est un acteur de renom spécialisé dans le développement d'infrastructures d'hydrogène et la conception de puissantes piles à combustible, et donc son expertise dans le domaine nous a poussé naturellement vers un partenariat qui nous semblait évident. Dans ce rapprochement, HDF Energy intervient en tant que co-développeur du projet à hauteur de 10% du capital de White Dunes, renforçant ainsi notre position dans la quête de production d'hydrogène vert de haute qualité. La collaboration avec Falcon Capital Dakhla représente donc la synergie parfaite entre deux entités complémentaires permettant de produire au Maroc un hydrogène vert parmi les plus compétitifs au monde.


Comment le projet «White Dunes» contribuera-t-il à la vision des pouvoirs publics de positionner le Maroc en tant que précurseur mondial dans le domaine de l'énergie verte ?
La vision avant-gardiste de positionner le Maroc sur la carte mondiale de l’hydrogène vert est avant tout une orientation Royale. Depuis le lancement en 2009 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de la nouvelle stratégie énergétique du pays, basée essentiellement sur les énergies renouvelables et le développement de l’efficacité énergétique, on parle d’une «Offre Maroc» opérationnelle et incitative. Il faut dire que le Royaume ne manque pas d’atouts pour réussir cette ambition, d’autant plus qu’aucun pays n’exporte encore de l’hydrogène vert et que le marché est très demandeur. Les plus récentes études mondiales considèrent le Maroc comme un exportateur d’hydrogène vert en 2030 et White Dunes ambitionne de faire partie de l’échiquier en produisant un hydrogène vert parmi les plus compétitifs au monde, pour le marché local et également pour l’exportation.

Quels sont les éléments clés du design préliminaire du projet et comment avez-vous géré les études d'impact environnemental et social dans la région de Dakhla ?
Avant de lancer le projet White Dunes, nous avons consacré près de deux ans à l’étude de faisabilité. Durant ces deux dernières années, nous avons pu définir un design préliminaire du projet ainsi qu’un phasage sur une surface globale projetée de 150.000 ha. Ce design a pu être obtenu notamment grâce à l’installation d’un mât de mesure ainsi que la mise en place d’une étude d’impact environnemental et social préliminaire, et ce afin de déterminer les zones sensibles de la faune et la flore dans la région. La première phase du projet White Dunes, qui comprend donc la construction et le développement d’un parc éolien, solaire, d’une station de dessalement de l'eau de mer ainsi que des électrolyseurs, sera financée par le 1/5e de l’investissement global.


Pourquoi la région de Dakhla a-t-elle été choisie pour le projet White Dunes ? Quelles sont ses caractéristiques exceptionnelles et quel sera l’impact de ce projet dans le développement socio-économique local et international de Dakhla ?
Il faut savoir que la région de Dakhla bénéficie d’atouts considérables comme l’ensoleillement et ses vents moyens de 10 m/s à une hauteur de 100 mètres, la positionnant ainsi parmi les sites de «classe I» pour la production d'énergie éolienne. Dakhla est également un hub et c’est aussi le trait d’union entre le Maroc, l’Afrique la face atlantique. Investir à Dakhla, c’est bénéficier de tous ces atouts importants, mais c’est également pouvoir capitaliser sur une région très dynamique et sur une stratégie sectorielle ambitieuse de l’État visant à appuyer les filières à forte valeur ajoutée qui forment les moteurs de la croissance de la région. White Dunes est donc un projet qui dépasse de loin le simple cadre d'un projet énergétique et qui en ce sens va non seulement contribuer à façonner l'avenir de l'énergie verte au Maroc et à l’international, mais qui va également profiter à la région de Dakhla. On voit bien que la priorité accordée au développement de la région de Dakhla est en train de porter ses fruits. Cette volonté s’incarne dans la réalisation de nombreux projets structurants et l’énorme potentiel de production d’énergies renouvelables va permettre de créer des emplois et d’attirer des investisseurs. Pour exemple, l’unité pour la production d’hydrogène vert que nous allons déployer sur une superficie globale de 150.446 ha, correspondant à la création, à terme, de 350 postes d’emploi.


Quels sont les objectifs spécifiques en termes de capacité énergétique pour l'énergie éolienne, photovoltaïque et les électrolyseurs dans le cadre du projet White Dunes ?
À travers le projet White Dunes, nous prévoyons, dans un premier temps et dès la première phase, de produire 100.000 tonnes d’hydrogène vert très compétitif et cela à compter de 2028. Bien évidemment, dans sa vision, White Dunes projette d’atteindre une capacité de 10 GW en énergie éolienne, 7 GW en énergie photovoltaïque et 8 GW en électrolyseurs.


En quoi le projet White Dunes va-t-il au-delà d'un simple projet énergétique et comment contribue-t-il à façonner l'avenir des énergies renouvelables au Maroc et à l'international ?
White Dunes incarne l’ambition de devenir un symbole de durabilité et d'innovation dans les énergies propres, et ce en produisant un hydrogène vert parmi les plus compétitifs au monde. Le potentiel énergétique marocain en énergies renouvelables, désormais plus compétitif, est remarquable. L’exploitation de l’hydrogène vert nous permettra de réduire fortement notre dépendance énergétique, d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, la compétitivité de nos industries et les comptes publics, mais aussi de consolider le positionnement international de notre pays. Le Maroc peut, en effet, dans un proche avenir, jouer un rôle fondamental pour l’approvisionnement de l’Europe en énergie verte via l’électricité ou l’hydrogène, redessinant ainsi les équilibres géopolitiques de notre région. Les nouveaux engagements européens de neutralité carbone en 2050, formalisés dans le Green New Deal, ouvrent cette opportunité. D’ailleurs, une étude allemande a récemment classé le Maroc parmi les 5 meilleurs pays au monde pour le développement d’un tel partenariat énergétique.


Comment envisagez-vous que ce projet contribuera à la production d'hydrogène vert compétitif à l'échelle mondiale ?
Il y a aujourd’hui un engagement mondial des États ainsi que des entreprises privées de réduire les émissions à effet de serre à 0 ou à des niveaux proches de 0 d’ici à 2050 et cela ne peut se faire sans l’hydrogène vert. Au niveau international, le Maroc a tous les atouts pour prendre une place dans la nouvelle économie verte et notamment la filière hydrogène, et cela pourra se concrétiser par la mise en place de partenariats énergétiques entre le Maroc et l’Europe, par exemple en incluant les dimensions de transfert technologique, de recherche-développement et de développement industriel. En ce qui concerne notre projet, nous comptons produire à travers White Dunes plus de 1 million de tonnes d’ici à 2050 et nous espérons même atteindre cet objectif bien avant.


Pouvez-vous nous parler des autres initiatives de Falcon Capital Dakhla dans le domaine des énergies renouvelables et de leur impact sur la durabilité des communautés locales au Maroc ?
Falcon Capital est une société qui se focalise sur le Maroc d’abord avec des projets structurants de grande envergure, tels que White Dunes. Dans notre vision, nous espérons répliquer plus tard ce modèle en Afrique. L’hydrogène vert est un levier de développement durable bénéfique pour le Maroc, mais aussi pour ses partenaires africains. Il faut savoir que l’expertise acquise par les acteurs marocains depuis le lancement de la stratégie de 2009 ainsi que l’évolution technologique qui a connu des ruptures fondamentales au cours des 4 dernières années créent une donne nouvelle et cela va nous permettre de nous positionner sur d’autres marchés.


Quels sont les principaux défis auxquels vous vous attendez lors de la mise en œuvre du projet White Dunes, et comment prévoyez-vous de les surmonter ?
Le Maroc est en train de mettre en place un véritable écosystème favorable au développement de l’hydrogène vert. Grâce à cet environnement, nous pourront relever d’importants défis et profiter par exemple du futur pipeline qui devrait traverser le Maroc pour desservir l’Europe en hydrogène vert, des infrastructures portuaires et des terminaux gaziers qui devront accompagner l’évolution de la demande mondiale. Pour le moment, le défi se situe dans l’approvisionnement en eau et la question est de savoir si chaque développeur pourra développer son projet de dessalement ou s’il profitera d’une stratégie commune.


Y a-t-il des plans pour intégrer des initiatives de développement communautaire dans le cadre du projet, telles que des programmes de formation, de création d'emplois ou de soutien à l'éducation locale ?
Lors de l’étude de faisabilité avant le lancement du projet White Dunes, nous avons également réalisé une étude d’impact social. Nous allons donc nous appuyer dessus pour développer un plan social afin de faire bénéficier les communautés locales de notre projet et également verser une partie des bénéfices à ces dernières. Ce versement se fera à travers l’éducation, la formation et la construction d’infrastructures.


Pouvez-vous expliquer en quoi la technologie utilisée dans ce projet est innovante et en quoi elle se démarque des autres initiatives similaires dans le domaine des énergies renouvelables ?
En ce qui concerne la technologie des énergies renouvelables pour l’éolien et le solaire, c’est aujourd’hui une technologie assez standard, mais l’innovation se fera au niveau des électrolyseurs. Sur ce volet, nous comptons sur l’expertise et le savoir-faire de notre partenaire HDF Energy.


Comment envisagez-vous d'impliquer les autorités locales, les organisations et les parties prenantes, et de travailler elles pour assurer la réussite et l'installation du projet «White Dunes» dans la région de Dakhla ?
Nous le faisons déjà, car depuis le début du projet, nous nous sommes tournés vers les autorités locales et toutes les parties prenantes pour bénéficier de leurs conseils et leur accompagnement. Je tiens d’ailleurs à réitérer mes remerciements à Monsieur le wali de la région de Dakhla, au gouverneur de la province d'Aousserd, au directeur du Centre régional d'investissement, aux élus locaux et régionaux et à tous les directeurs régionaux pour leur soutien.


Quelles sont vos perspectives concernant l'impact géopolitique et économique de ce projet à l'échelle régionale et internationale, en termes de collaboration et de positionnement du Maroc sur la scène mondiale des énergies renouvelables ?
Sous la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les provinces du sud du Maroc deviennent progressivement un hub africain incontournable. Ces provinces sont appelées à innover en matière de conception et de mise en œuvre de projets de développement locaux, et ce en consolidant les différents atouts dont elles bénéficient. D’ailleurs, le potentiel des provinces du Sud est énorme et elles sont classées par les experts dans le top 3 des destinations mondiales pour investir dans les énergies renouvelables et particulièrement l’hydrogène vert. Nous voyons d’ailleurs de plus en plus de sociétés s’implanter dans les provinces du Sud afin de développer des projets d’envergure qui vont positionner le Maroc sur la scène internationale des énergies renouvelables. Pour notre part, nous y contribuons également à travers White Dunes et nous continuerons à le faire afin d’accompagner et d’accélérer le développement dans ces régions qui se positionnent comme un hub qui va connecter l’Europe à l’Afrique et au reste du monde.