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Idarati X.0 : huit conventions pour donner une nouvelle impulsion à l’administration numérique

La signature, mardi 10 février 2026 à Rabat, de huit conventions entre le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), plusieurs départements gouvernementaux et des entreprises technologiques marque une étape structurante dans le déploiement d’«Idarati X.0». Conçue comme une méta-application intégrant un wallet national adossé à l’identité numérique, ce projet vise à unifier l’accès aux services publics digitaux tout en plaçant la protection des données et la confiance numérique au cœur de son architecture.

La signature mardi dernier de huit conventions destinées à structurer le déploiement d’«Idarati X.0» marque une étape cruciale dans le renforcement de l’administration électronique. Au-delà de l’annonce d’un nouvel outil numérique, cette étape consacre la mise en place d’un cadre de coopération associant régulateur, administrations sectorielles et partenaires technologiques autour d’une architecture commune.

Des partenariats pour ancrer le projet dans l’opérationnel

Les huit accords ont été conclus entre le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration et la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), d’une part, et plusieurs partenaires publics et privés, d’autre part. Il s’agit notamment du ministère du Transport et de la logistique, le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ainsi que l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA). Trois entreprises spécialisées – SHAREID, iDAKTO et La Marocaine électronique des E-Services – ont également été associées à ce projet afin d’en accompagner le développement technique.



Concrètement, ces conventions structurent le déploiement d’«Idarati X.0» en posant les bases d’une architecture numérique intégrée, centrée sur l’interopérabilité des systèmes publics et l’unification de l’accès aux services digitaux. Pour la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, leur signature marque «une étape importante dans la mise en œuvre de la vision du Royaume en matière de transition numérique, de modernisation de l’action publique et de renforcement de la confiance numérique». Elle a souligné que l’initiative dépassait la simple digitalisation des procédures existantes pour engager une transformation plus profonde, fondée notamment sur la confiance, la sécurité et l’interopérabilité.

Au-delà de leur dimension institutionnelle, ces accords traduisent également une volonté d’ancrer le projet dans une dynamique opérationnelle. L’association d’acteurs publics et d’entreprises spécialisées vise à mobiliser des expertises complémentaires pour concevoir, expérimenter et déployer les solutions envisagées. Cette approche collaborative marque le passage d’une phase de conception à une étape de mise en œuvre progressive appelée à s’élargir à d’autres institutions et partenaires.

Une méta-application pensée comme socle d’interopérabilité

C’est dans cette logique que s’inscrit la conception d’«Idarati X.0». Son architecture s’articule autour d’une méta-application conçue pour regrouper, au sein d’un environnement unique, l’accès aux services publics numériques. Ce dispositif repose sur l’adoption d’un wallet national intégré à une architecture sécurisée et adossée à l’identité nationale, incarnée notamment par la Carte nationale d’identité électronique délivrée par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).
L’ambition affichée consiste à dépasser une logique d’applications dispersées pour instaurer un point d’entrée unifié, capable de fluidifier les interactions entre citoyens et administration. La logique d’interopérabilité vise à faciliter la continuité des parcours administratifs et à réduire la fragmentation des services. La ministre a rappelé que la transformation engagée allait «au-delà de la simple numérisation des procédures existantes» et impliquait une évolution profonde de la manière dont l’administration conçoit, fournit et gouverne ses services, autour de trois principes : la confiance, la sécurité et l’interopérabilité.

La protection des données comme fondement architectural

La question de la protection des données occupe une place centrale dans la conception d’«Idarati X.0», envisagée dès l’origine comme une composante intrinsèque de l’architecture technique. Le projet intègre ainsi les principes de «Privacy by Design» et de «Security by Design», afin d’assurer la sécurisation des échanges numériques et de garantir la fiabilité des systèmes d’information.

Dans cet esprit, le président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a rappelé que la protection des données ne relevait pas uniquement d’un cadre réglementaire, mais reposait avant tout sur des choix d’architecture. Il a notamment mis en avant la nécessité de limiter la centralisation des informations sensibles et de privilégier des mécanismes de cloisonnement destinés à réduire les risques en cas de cyberattaque. La séparation entre données d’authentification et données d’usage constitue, selon lui, une garantie essentielle pour préserver la vie privée des citoyens et instaurer un climat de confiance autour des services numériques. Ces orientations s’inscrivent dans le prolongement des travaux conduits par la CNDP, notamment à travers les ateliers organisés en 2024 autour du portefeuille numérique et de la gouvernance des données, qui ont contribué à définir les bases méthodologiques et techniques du projet.

Une dimension citoyenne et d’accès à l’information

Intervenant lors de la cérémonie, le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohammed Mehdi Bensaïd, a mis en avant la portée du projet en matière d’accès à l’information et de rapprochement entre l’administration et les citoyens, en particulier les jeunes. Il a souligné que de nombreux services publics demeuraient parfois insuffisamment connus du grand public, estimant qu’un outil numérique unifié pourrait contribuer à en faciliter l’accès et à améliorer leur visibilité. Selon lui, la méta-application «Idarati X.0» s’inscrit dans une dynamique visant à élargir l’usage des services digitaux et à renforcer leur accessibilité, notamment à travers des partenariats avec les collectivités territoriales, afin d’étendre progressivement le dispositif aux provinces, aux villes et au monde rural.
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