Les épisodes pluvieux survenus entre janvier et février 2026 ont provoqué des crues et des dégâts importants dans plusieurs régions du Royaume, entraînant évacuations, relogements temporaires et perturbations des activités locales. Dans ce contexte, l’Organisation marocaine des droits humains a mené un travail de suivi à travers ses sections locales afin d’évaluer les différentes phases de gestion de la catastrophe. S’appuyant sur une approche fondée sur les droits humains et sur des référentiels internationaux et constitutionnels, le rapport propose une lecture globale de l’événement, attentive à la fois aux réponses opérationnelles déployées et aux fragilités structurelles mises en lumière par la crise.
Une mobilisation anticipative qui a préservé le droit à la vie
Premier enseignement relevé par l’Organisation marocaine des droits humains : la mobilisation anticipative des autorités publiques a permis d’éviter toute perte humaine, malgré l’intensité des précipitations et l’ampleur des dégâts enregistrés dans plusieurs régions. Grâce à une coordination rapide des services concernés et à la mise en œuvre de dispositifs d’intervention sous la supervision des autorités compétentes, les populations exposées ont pu être sécurisées face aux risques d’inondation, d’effondrement d’habitations ou encore d’instabilité des terrains.
Au fil de l’analyse, le rapport souligne que cette réactivité institutionnelle a joué un rôle déterminant dans la préservation du droit à la vie et à l’intégrité physique. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, elle témoigne d’une capacité opérationnelle effective lorsque l’urgence l’exige, constituant ainsi l’un des principaux éléments positifs mis en avant par l’OMDH. Cette efficacité dans la phase d’intervention apparaît, dès lors, comme un point d’appui central pour comprendre à la fois les acquis du dispositif actuel et les marges d’amélioration qu’appelle la suite de l’analyse.
Au fil de l’analyse, le rapport souligne que cette réactivité institutionnelle a joué un rôle déterminant dans la préservation du droit à la vie et à l’intégrité physique. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, elle témoigne d’une capacité opérationnelle effective lorsque l’urgence l’exige, constituant ainsi l’un des principaux éléments positifs mis en avant par l’OMDH. Cette efficacité dans la phase d’intervention apparaît, dès lors, comme un point d’appui central pour comprendre à la fois les acquis du dispositif actuel et les marges d’amélioration qu’appelle la suite de l’analyse.
Une fragilité structurelle révélée par la catastrophe
Au-delà de la phase d’intervention, l’Organisation marocaine des droits humains s’attarde sur l’ampleur des conséquences sociales et territoriales laissées par les inondations. De nombreuses habitations ont été détruites ou rendues inhabitables à la suite de fissures importantes, contraignant des familles entières à quitter leur domicile pour rejoindre des centres d’hébergement provisoires. Dans des provinces telles que Sidi Kacem, Kénitra, Sidi Slimane, Larache, Chefchaouen, Ouezzane, Taounate et Al Hoceïma, l’étendue des dégâts met en évidence la vulnérabilité persistante d’une partie du tissu résidentiel face aux aléas climatiques.
Dans le même temps, le monde rural a été particulièrement affecté. Les pertes de bétail, les atteintes aux cultures et aux arbres fruitiers, ainsi que l’interruption temporaire de certaines activités agricoles ont pesé sur des économies locales déjà fragilisées par la variabilité climatique. À cela se sont ajoutées les coupures de routes et l’isolement de plusieurs douars, rendant plus difficile l’accès aux services publics essentiels, notamment aux structures de santé. Pris ensemble, ces constats dessinent une cartographie des vulnérabilités où les territoires ruraux et montagneux apparaissent plus exposés, non seulement aux effets immédiats des crues, mais aussi à leurs répercussions sociales et économiques durables.
Dans le même temps, le monde rural a été particulièrement affecté. Les pertes de bétail, les atteintes aux cultures et aux arbres fruitiers, ainsi que l’interruption temporaire de certaines activités agricoles ont pesé sur des économies locales déjà fragilisées par la variabilité climatique. À cela se sont ajoutées les coupures de routes et l’isolement de plusieurs douars, rendant plus difficile l’accès aux services publics essentiels, notamment aux structures de santé. Pris ensemble, ces constats dessinent une cartographie des vulnérabilités où les territoires ruraux et montagneux apparaissent plus exposés, non seulement aux effets immédiats des crues, mais aussi à leurs répercussions sociales et économiques durables.
Des droits fondamentaux mis à l’épreuve de la gestion de crise
Au-delà des dommages matériels et des déséquilibres territoriaux, le rapport examine l’incidence de la catastrophe sur l’exercice effectif de plusieurs droits fondamentaux. La gestion de crise, observe l’Organisation marocaine des droits humains, constitue à cet égard un moment révélateur de la solidité – ou des fragilités – du cadre institutionnel.
S’agissant du droit à l’information, l’OMDH relève un retard dans la communication officielle relative à la nature et à l’ampleur des événements, retard qui a suscité des critiques dans l’opinion publique. Certes, les médias publics et privés ont assuré une couverture continue ; mais dans le même temps, les réseaux sociaux ont occupé une place déterminante en relayant images et alertes provenant de zones parfois peu couvertes par les canaux traditionnels, contribuant ainsi à attirer l’attention sur certaines localités et, dans certains cas, à orienter l’intervention des autorités.
La question de la continuité du droit à l’éducation apparaît également centrale. La suspension prolongée des cours dans les zones touchées, en l’absence de dispositifs alternatifs rapidement déployés, est identifiée comme un facteur susceptible d’accentuer les inégalités scolaires, en particulier pour les élèves concernés par des examens nationaux. Le rapport met ainsi en garde contre les effets différenciés qu’une interruption prolongée peut produire selon les territoires et les contextes sociaux.
Enfin, l’analyse souligne l’absence d’une approche intégrant pleinement les besoins spécifiques des groupes vulnérables – femmes, enfants, personnes âgées et personnes en situation de handicap. Cette lacune est d’autant plus notable que les engagements internationaux de référence insistent sur l’intégration de la dimension genre et sur la prise en compte des catégories les plus exposées à chaque étape de la prévention, de la réponse et du relèvement post-catastrophe.
S’agissant du droit à l’information, l’OMDH relève un retard dans la communication officielle relative à la nature et à l’ampleur des événements, retard qui a suscité des critiques dans l’opinion publique. Certes, les médias publics et privés ont assuré une couverture continue ; mais dans le même temps, les réseaux sociaux ont occupé une place déterminante en relayant images et alertes provenant de zones parfois peu couvertes par les canaux traditionnels, contribuant ainsi à attirer l’attention sur certaines localités et, dans certains cas, à orienter l’intervention des autorités.
La question de la continuité du droit à l’éducation apparaît également centrale. La suspension prolongée des cours dans les zones touchées, en l’absence de dispositifs alternatifs rapidement déployés, est identifiée comme un facteur susceptible d’accentuer les inégalités scolaires, en particulier pour les élèves concernés par des examens nationaux. Le rapport met ainsi en garde contre les effets différenciés qu’une interruption prolongée peut produire selon les territoires et les contextes sociaux.
Enfin, l’analyse souligne l’absence d’une approche intégrant pleinement les besoins spécifiques des groupes vulnérables – femmes, enfants, personnes âgées et personnes en situation de handicap. Cette lacune est d’autant plus notable que les engagements internationaux de référence insistent sur l’intégration de la dimension genre et sur la prise en compte des catégories les plus exposées à chaque étape de la prévention, de la réponse et du relèvement post-catastrophe.
L’équité territoriale au cœur des interrogations
Parmi les points les plus sensibles soulevés par le rapport figure la question de la reconnaissance officielle des zones sinistrées. Si certaines provinces – notamment Larache, Sidi Kacem, Sidi Slimane et Kénitra – ont été déclarées comme telles, d’autres territoires ayant pourtant subi des dégâts comparables, en particulier dans les zones montagneuses du Rif et du pré-Rif, en ont été exclus. Ce différentiel de traitement constitue, selon l’Organisation marocaine des droits humains, un élément central de l’analyse.
Au-delà d’une simple délimitation administrative, cette distinction emporte des conséquences directes sur l’accès aux mécanismes d’indemnisation et de réparation. Elle soulève ainsi des interrogations quant au respect des principes d’équité et d’égalité devant l’action publique, notamment pour les populations affectées, mais privées du statut ouvrant droit aux dispositifs de soutien. Dans cette perspective, l’OMDH recommande l’adoption d’une décision complémentaire visant à élargir le périmètre des zones reconnues, afin de garantir un accès équitable aux mesures de compensation pour l’ensemble des territoires concernés.
Au-delà d’une simple délimitation administrative, cette distinction emporte des conséquences directes sur l’accès aux mécanismes d’indemnisation et de réparation. Elle soulève ainsi des interrogations quant au respect des principes d’équité et d’égalité devant l’action publique, notamment pour les populations affectées, mais privées du statut ouvrant droit aux dispositifs de soutien. Dans cette perspective, l’OMDH recommande l’adoption d’une décision complémentaire visant à élargir le périmètre des zones reconnues, afin de garantir un accès équitable aux mesures de compensation pour l’ensemble des territoires concernés.
Une gestion réactive face à l’absence d’approche intégrée
Au-delà des observations sectorielles, le rapport propose une lecture plus globale des politiques publiques relatives à la gestion des risques naturels. Si l'OMDH reconnaît l’efficacité de l’intervention d’urgence, elle met en lumière, dans le même mouvement, les limites d’un modèle encore largement structuré autour de la réaction immédiate plutôt que de la prévention à long terme. À travers cette analyse, plusieurs fragilités apparaissent : l’absence d’une approche anticipative réellement intégrée, une coordination encore insuffisante entre les différents niveaux de gouvernance, ainsi qu’une implication limitée des collectivités territoriales dans la gestion des effets de la catastrophe. Autant d’éléments qui, selon le rapport, entravent l’émergence d’une stratégie durable et cohérente face aux risques naturels, soulignant la nécessité d’une évolution vers des mécanismes de planification plus structurés et mieux articulés.
Transformer la gouvernance des risques
Les recommandations formulées par l’Organisation marocaine des droits humains s’inscrivent dans une logique de réajustement structurel, articulée autour de plusieurs axes complémentaires. En premier lieu, l’élaboration d’un plan national de réduction des risques de catastrophes est préconisée, accompagnée du renforcement des systèmes d’alerte précoce et de la mise en place de plans saisonniers anticipatifs intégrant les effets du changement climatique. Autre volet central : l’aménagement du territoire. Le rapport insiste sur l’actualisation du cadre juridique de l’urbanisme, l’intégration systématique des risques environnementaux dans les documents de planification et le renforcement des infrastructures hydrauliques, notamment à travers le développement des barrages collinaires et une gestion plus structurée de l’eau dans les zones montagneuses.
Sur le plan institutionnel, l’OMDH appelle à la révision de la loi 110.14 relative au fonds de soutien contre les catastrophes naturelles, à la simplification des conditions d’accès aux mécanismes d’indemnisation et à un renforcement du rôle de contrôle du Parlement. À ces mesures s’ajoutent la création d’une assurance agricole spécifique contre les catastrophes naturelles, l’implication du secteur privé dans le financement du fonds catastrophes, ainsi que l’intégration des risques environnementaux dans les programmes éducatifs.
Enfin, une attention particulière est portée à l’approche inclusive. L’intégration systématique de la dimension genre, la prise en compte des besoins des groupes vulnérables, l’amélioration des conditions dans les centres d’hébergement et le renforcement du rôle de la société civile – notamment dans l’accompagnement psychosocial des populations affectées – sont présentés comme des leviers essentiels pour inscrire durablement la gestion des catastrophes dans une perspective respectueuse des droits humains.
Sur le plan institutionnel, l’OMDH appelle à la révision de la loi 110.14 relative au fonds de soutien contre les catastrophes naturelles, à la simplification des conditions d’accès aux mécanismes d’indemnisation et à un renforcement du rôle de contrôle du Parlement. À ces mesures s’ajoutent la création d’une assurance agricole spécifique contre les catastrophes naturelles, l’implication du secteur privé dans le financement du fonds catastrophes, ainsi que l’intégration des risques environnementaux dans les programmes éducatifs.
Enfin, une attention particulière est portée à l’approche inclusive. L’intégration systématique de la dimension genre, la prise en compte des besoins des groupes vulnérables, l’amélioration des conditions dans les centres d’hébergement et le renforcement du rôle de la société civile – notamment dans l’accompagnement psychosocial des populations affectées – sont présentés comme des leviers essentiels pour inscrire durablement la gestion des catastrophes dans une perspective respectueuse des droits humains.
