L’accueil d’un grand événement sportif engage moins une performance logistique qu’une robustesse institutionnelle : celle d’un État capable d’anticiper le risque, d’ordonner ses instruments de sécurité et d’inscrire l’action publique dans une continuité stratégique. Au Maroc, cette exigence s’est vérifiée à mesure que le Royaume abritait des compétitions continentales et internationales, avec toutes les menaces transnationales qu’elles impliquent.
C’est en substance ce qu’a affirmé le directeur général du Bureau central d’investigations judiciaires, Habboub Cherkaoui, qui a tenu à mettre en lumière cette dimension, généralement reléguée hors champ du spectacle sportif. S’exprimant au micro de nos confrères de Med Radio, dans le cadre de l’émission Ghorfat l’VAR (la chambre du VAR), le haut responsable a expliqué que la sécurisation des manifestations sportives s’inscrivait dans une conception globale de la protection de l’espace public et des intérêts fondamentaux de l’État, dans un environnement régional marqué par la persistance de foyers d’instabilité, notamment au Sahel.
Partant de là, la spécialisation du BCIJ prend place dans une architecture de sécurité pleinement intégrée, associant la Direction générale de la Sûreté nationale, la Gendarmerie Royale et l’ensemble des acteurs institutionnels concernés. La coordination, à la fois verticale et horizontale, en constitue la clé de voûte, garantissant la fluidité des échanges et la cohérence des interventions, souligne-t-il. Pour lui, cette articulation est d’autant plus opérante que la gouvernance sécuritaire repose sur une direction unifiée, assurée par Abdellatif Hammouchi, à la tête simultanément de la DGST et de la DGSN, conférant à l’ensemble du dispositif une continuité stratégique et opérationnelle cruciale.
C’est en substance ce qu’a affirmé le directeur général du Bureau central d’investigations judiciaires, Habboub Cherkaoui, qui a tenu à mettre en lumière cette dimension, généralement reléguée hors champ du spectacle sportif. S’exprimant au micro de nos confrères de Med Radio, dans le cadre de l’émission Ghorfat l’VAR (la chambre du VAR), le haut responsable a expliqué que la sécurisation des manifestations sportives s’inscrivait dans une conception globale de la protection de l’espace public et des intérêts fondamentaux de l’État, dans un environnement régional marqué par la persistance de foyers d’instabilité, notamment au Sahel.
Un rôle judiciaire strictement encadré par la loi
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, Habboub Cherkaoui tient à souligner un point essentiel : le Bureau central d’investigations judiciaires ne se conçoit ni comme une structure autonome ni comme un acteur périphérique du champ sécuritaire. Il s’inscrit, au contraire, dans une logique de complémentarité organique : bras judiciaire spécialisé de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGST), il est compétent en matière de terrorisme et de criminalité organisée et agit sous l’autorité du Parquet, dans le strict respect des cadres juridiques en vigueur. Cette position lui confère une fonction précise : transformer le renseignement en action judiciaire, sans rupture ni discontinuité institutionnelle.Partant de là, la spécialisation du BCIJ prend place dans une architecture de sécurité pleinement intégrée, associant la Direction générale de la Sûreté nationale, la Gendarmerie Royale et l’ensemble des acteurs institutionnels concernés. La coordination, à la fois verticale et horizontale, en constitue la clé de voûte, garantissant la fluidité des échanges et la cohérence des interventions, souligne-t-il. Pour lui, cette articulation est d’autant plus opérante que la gouvernance sécuritaire repose sur une direction unifiée, assurée par Abdellatif Hammouchi, à la tête simultanément de la DGST et de la DGSN, conférant à l’ensemble du dispositif une continuité stratégique et opérationnelle cruciale.
Sécuriser l’espace public : discrétion et anticipation
Sur le terrain, l’apport du Bureau central d’investigations judiciaires consiste à assurer la sécurisation méthodique de l’espace public et des sites hautement sensibles : aéroports, gares, enceintes sportives, fan zones, lieux d’hébergement des délégations et infrastructures connexes. Selon M. Cherkaoui, il ne s’agit pas tant d’afficher une visibilité ostensible que de mener un travail en profondeur, reposant sur l’observation fine des flux, le suivi rigoureux des déplacements et l’exploitation croisée des données disponibles.
Dans ce cadre, la vigilance s’exerce sans relâche. Les mouvements des publics, qu’ils soient nationaux ou étrangers, font l’objet d’une attention constante, dans le strict respect des procédures et des garanties légales, insiste l’intervenant. Lorsque des éléments objectivés le justifient, les mécanismes prévus par la loi sont activés (éloignement du territoire, remise aux autorités compétentes ou engagement de poursuites judiciaires), selon des modalités encadrées, sans atteinte aux libertés fondamentales. Ainsi conçue, l’action du BCIJ privilégie la prévention discrète plutôt que l’intervention ostentatoire, inscrivant la sécurisation de l’espace public dans une démarche à la fois préventive, proportionnée et juridiquement maîtrisée, insiste l’expert judiciaire.
Dans ce cadre, la vigilance s’exerce sans relâche. Les mouvements des publics, qu’ils soient nationaux ou étrangers, font l’objet d’une attention constante, dans le strict respect des procédures et des garanties légales, insiste l’intervenant. Lorsque des éléments objectivés le justifient, les mécanismes prévus par la loi sont activés (éloignement du territoire, remise aux autorités compétentes ou engagement de poursuites judiciaires), selon des modalités encadrées, sans atteinte aux libertés fondamentales. Ainsi conçue, l’action du BCIJ privilégie la prévention discrète plutôt que l’intervention ostentatoire, inscrivant la sécurisation de l’espace public dans une démarche à la fois préventive, proportionnée et juridiquement maîtrisée, insiste l’expert judiciaire.
Anticiper plutôt que subir
Ainsi, l’anticipation est élevée au rang de principe cardinal au Bureau central d’investigations judiciaires. «Il n’y a pas de place pour la routine», insiste Habboub Cherkaoui, rappelant que la prévention des menaces suppose un travail constant d’analyse et d’ajustement. Depuis sa création, le BCIJ a procédé au démantèlement de 103 cellules terroristes, dont près de 93 présentaient des liens directs avec des organisations jihadistes, environ 40 étant rattachées à des réseaux relevant d’Al-Qaïda ou de Daech. Ces résultats, souligne-t-il, sont indissociables d’un travail mené en amont, fondé sur l’évaluation continue des risques et l’adaptation permanente des dispositifs. Mais le BCIJ n’agit jamais isolément. Il s’inscrit dans un maillage opérationnel où l’information circule, se recoupe et se consolide, au fil d’échanges constants avec l’ensemble des composantes du dispositif sécuritaire, sous l’autorité du Parquet et dans le respect strict du cadre légal, rappelle M. Cherkaoui.
Souveraineté sécuritaire et horizon 2030
Prenant le cas concret de la Coupe d’Afrique des nations, Habboub Cherkaoui affirme que la sécurisation de l’événement repose d’abord sur des capacités nationales pleinement souveraines, fruit d’un savoir-faire consolidé et d’une organisation éprouvée. Cette autonomie n’exclut nullement l’ouverture à la coopération internationale dans une logique de partenariat maîtrisé et de responsabilité assumée.
Au-delà de l’échéance immédiate, le dispositif déployé lors de la CAN s’apparente à un socle opérationnel appelé à durer. Il constitue même la matrice des préparatifs engagés en vue de la Coupe du monde 2030, dont les jalons sécuritaires sont d’ores et déjà posés. Dans cette perspective, la CAN apparaît moins comme «un point d’aboutissement que comme une étape structurante, révélatrice d’une capacité à projeter l’action sécuritaire dans le temps long, sans rupture ni improvisation».
Au-delà de l’échéance immédiate, le dispositif déployé lors de la CAN s’apparente à un socle opérationnel appelé à durer. Il constitue même la matrice des préparatifs engagés en vue de la Coupe du monde 2030, dont les jalons sécuritaires sont d’ores et déjà posés. Dans cette perspective, la CAN apparaît moins comme «un point d’aboutissement que comme une étape structurante, révélatrice d’une capacité à projeter l’action sécuritaire dans le temps long, sans rupture ni improvisation».
Une doctrine éprouvée et en constante adaptation
En filigrane, l’intervention du directeur du BCIJ dessine les contours d'une doctrine marocaine de sécurité patiemment élaborée, fondée sur la vigilance continue, l’anticipation méthodique, la coopération multiforme et l’ajustement permanent aux recompositions de la menace. Cette approche, loin de se cantonner à la seule gestion des échéances événementielles, inscrit l’action sécuritaire dans une vision d’ensemble, où se répondent les échelles nationale, régionale et internationale.
À ce titre, la sécurité apparaît moins comme une succession de réponses ponctuelles que comme un processus dynamique, pensé dans le temps long et nourri par l’expérience accumulée. «Elle repose sur une capacité à lire les transformations en cours, à intégrer les enseignements du terrain et à adapter sans relâche les dispositifs, afin de préserver, au-delà des événements, la stabilité de l’espace public et la protection des intérêts fondamentaux de l’État».
À ce titre, la sécurité apparaît moins comme une succession de réponses ponctuelles que comme un processus dynamique, pensé dans le temps long et nourri par l’expérience accumulée. «Elle repose sur une capacité à lire les transformations en cours, à intégrer les enseignements du terrain et à adapter sans relâche les dispositifs, afin de préserver, au-delà des événements, la stabilité de l’espace public et la protection des intérêts fondamentaux de l’État».
Le Sahel, nouveau centre de gravité de la menace
Au fil de l’échange, le directeur général du Bureau central d’investigations judiciaires s’attache à mettre en perspective une inflexion déterminante de la cartographie terroriste contemporaine. Le Sahel africain s’y dessine comme un nouveau centre de gravité stratégique, espace de convergence des dynamiques de Daech et d’Al-Qaïda, dans un environnement caractérisé par la porosité des frontières, l’érosion de certaines capacités étatiques et la persistance de fragilités socio-économiques profondes.
Dans ce contexte, les investigations menées ont révélé l’existence de liens opérationnels structurés entre des cadres implantés dans la bande sahélienne et des cellules locales, organisés autour de mécanismes d’endoctrinement, de pilotage à distance et de financement. Loin d’être un phénomène conjoncturel, cette configuration a conduit les services marocains à alerter de manière précoce leurs partenaires internationaux sur la centralité désormais acquise du Sahel dans l’agenda terroriste mondial, ainsi que sur les risques systémiques qu’elle fait peser, bien au-delà du seul espace africain.
Car face à une menace par essence transnationale, la réponse ne saurait être fragmentée. Le Maroc a fait le choix d’une coopération sécuritaire étendue, couvrant l’Afrique, l’Europe et les États-Unis. Cette orientation se traduit par des échanges soutenus de renseignements, des formations spécialisées, des exercices de simulation et un appui technique constant au profit de partenaires africains confrontés à des environnements sécuritaires fragilisés.
Dans le prolongement de cette approche, le Royaume a investi résolument le champ du renforcement capacitaire. Il accueille et forme des officiers et des cadres sécuritaires africains, partageant méthodes d’analyse et retours d’expérience en matière de lutte antiterroriste. Cette dynamique s’inscrit dans une vision de long terme, nourrie par l’expérience accumulée depuis au moins 2022, année charnière dans l’identification des connexions opérationnelles entre le Sahel et les cellules locales.
Dans ce contexte, les investigations menées ont révélé l’existence de liens opérationnels structurés entre des cadres implantés dans la bande sahélienne et des cellules locales, organisés autour de mécanismes d’endoctrinement, de pilotage à distance et de financement. Loin d’être un phénomène conjoncturel, cette configuration a conduit les services marocains à alerter de manière précoce leurs partenaires internationaux sur la centralité désormais acquise du Sahel dans l’agenda terroriste mondial, ainsi que sur les risques systémiques qu’elle fait peser, bien au-delà du seul espace africain.
Car face à une menace par essence transnationale, la réponse ne saurait être fragmentée. Le Maroc a fait le choix d’une coopération sécuritaire étendue, couvrant l’Afrique, l’Europe et les États-Unis. Cette orientation se traduit par des échanges soutenus de renseignements, des formations spécialisées, des exercices de simulation et un appui technique constant au profit de partenaires africains confrontés à des environnements sécuritaires fragilisés.
Dans le prolongement de cette approche, le Royaume a investi résolument le champ du renforcement capacitaire. Il accueille et forme des officiers et des cadres sécuritaires africains, partageant méthodes d’analyse et retours d’expérience en matière de lutte antiterroriste. Cette dynamique s’inscrit dans une vision de long terme, nourrie par l’expérience accumulée depuis au moins 2022, année charnière dans l’identification des connexions opérationnelles entre le Sahel et les cellules locales.
La sécurité comme production conjointe
Pour Habboub Cherkaoui la sécurité est une œuvre collective dépassant le seul périmètre institutionnel. La production de la sécurité, telle qu’il la décrit, ne saurait être l’apanage exclusif des services spécialisés : elle suppose l’implication des citoyens et de la société civile, appelés à jouer un rôle actif dans la consolidation du dispositif préventif. Les mécanismes de signalement, la vigilance communautaire et l’engagement des familles constituent, à cet égard, des leviers déterminants, notamment pour identifier en amont des dangers potentiels comme les dynamiques de radicalisation.
Cette ouverture maîtrisée vers la société procède d’une conception assumée de l’action sécuritaire. Elle repose sur un équilibre rigoureux entre transparence encadrée et exigence de confidentialité opérationnelle, dans le respect du droit à l’information tel qu’il est garanti par les textes. Selon M. Cherkaoui, cette approche contribue à élargir le spectre de la vigilance et à ancrer la sécurité dans une responsabilité partagée, où la confiance devient un vecteur essentiel de prévention durable.
Cette ouverture maîtrisée vers la société procède d’une conception assumée de l’action sécuritaire. Elle repose sur un équilibre rigoureux entre transparence encadrée et exigence de confidentialité opérationnelle, dans le respect du droit à l’information tel qu’il est garanti par les textes. Selon M. Cherkaoui, cette approche contribue à élargir le spectre de la vigilance et à ancrer la sécurité dans une responsabilité partagée, où la confiance devient un vecteur essentiel de prévention durable.
