La concomitance n'est jamais anodine en matière de gouvernance. Tandis que les stades marocains vibrent au rythme de la Coupe d'Afrique des nations 2025, Rabat devient ce mercredi 7 janvier 2026 l'épicentre d'une réflexion stratégique sans précédent : le symposium scientifique international sur «La sécurité des grands événements sportifs : défis sécuritaires et juridiques à l'ère de la transformation numérique». Le choix du calendrier traduit une volonté politique assumée : transformer chaque grande compétition en laboratoire d'anticipation institutionnelle. Le conclave de ce mercredi 7 janvier s'inscrit dans cette logique d'apprentissage immédiat, où la pratique nourrit la doctrine et la doctrine affine la pratique.
Plus de 230 participants issus de quinze pays se rencontrent ainsi dans la capitale marocaine, porteurs d'expertises complémentaires et de retours d'expérience diversifiés. Cette concentration de savoirs techniques et juridiques dépasse largement le cadre d'un colloque académique ordinaire. Elle révèle une ambition structurante : élaborer les fondements normatifs d'une nouvelle génération de dispositifs sécuritaires, adaptés aux mutations profondes que connaît le sport-spectacle à l'ère numérique.
Plus de 230 participants issus de quinze pays se rencontrent ainsi dans la capitale marocaine, porteurs d'expertises complémentaires et de retours d'expérience diversifiés. Cette concentration de savoirs techniques et juridiques dépasse largement le cadre d'un colloque académique ordinaire. Elle révèle une ambition structurante : élaborer les fondements normatifs d'une nouvelle génération de dispositifs sécuritaires, adaptés aux mutations profondes que connaît le sport-spectacle à l'ère numérique.
Un dispositif institutionnel inédit
L'architecture organisationnelle du symposium insiste sur la dimension juridique. Ce positionnement institutionnel n'a rien de fortuit puisqu’il consacre une approche globale où le cadre normatif structure l'action sécuritaire, et non l'inverse. Le partenariat avec l'Université Naïf arabe des sciences de sécurité du Royaume d'Arabie saoudite confère au symposium une dimension académique solide. Cette institution saoudienne, référence continentale en matière de formation sécuritaire, apporte son expertise doctrinale et ses capacités d'analyse prospective. La collaboration entre le Maroc et l'Arabie saoudite ouvre des perspectives de mutualisation des pratiques. En effet, «avec l'approche de l'accueil par la région arabe des plus grands événements sportifs mondiaux – le Royaume du Maroc, aux côtés de l'Espagne et du Portugal pour la Coupe du monde 2030, et le Royaume d'Arabie saoudite pour l'édition 2034 – le besoin urgent de développer une approche arabe intégrée et innovante dans ce domaine se fait sentir», soulignent les organisateurs.
Sur le plan opérationnel, l'implication conjointe de la Direction générale de la Sûreté nationale et du Commandement supérieur de la Gendarmerie Royale garantit l'ancrage des réflexions dans les réalités du terrain. Ces deux institutions, piliers du dispositif sécuritaire national, apportent leurs retours d'expérience issus de la gestion quotidienne des grands rassemblements. Leur participation active permet d'éviter l'écueil des débats théoriques déconnectés des contraintes opérationnelles. La Fédération Royale marocaine de football complète ce dispositif institutionnel en représentant le monde sportif proprement dit. Sa présence assure la prise en compte des spécificités organisationnelles du football, discipline soumise à des pressions sécuritaires particulières en raison de la ferveur populaire qu'elle suscite.
Sur le plan opérationnel, l'implication conjointe de la Direction générale de la Sûreté nationale et du Commandement supérieur de la Gendarmerie Royale garantit l'ancrage des réflexions dans les réalités du terrain. Ces deux institutions, piliers du dispositif sécuritaire national, apportent leurs retours d'expérience issus de la gestion quotidienne des grands rassemblements. Leur participation active permet d'éviter l'écueil des débats théoriques déconnectés des contraintes opérationnelles. La Fédération Royale marocaine de football complète ce dispositif institutionnel en représentant le monde sportif proprement dit. Sa présence assure la prise en compte des spécificités organisationnelles du football, discipline soumise à des pressions sécuritaires particulières en raison de la ferveur populaire qu'elle suscite.
L'expertise internationale mobilisée
Le plateau d'intervenants rassemblé à Rabat témoigne de la capacité du Maroc à fédérer les principales instances mondiales de régulation sportive et de coopération sécuritaire. La FIFA, autorité suprême du football mondial, délègue ses experts en sécurité événementielle, forts de l'expérience accumulée lors des dernières éditions de la Coupe du monde. L'UEFA et la Confédération africaine de football complètent cette représentation des organisations fédérales, apportant leurs grilles d'analyse respectivement européenne et africaine.
Sur le versant sécuritaire, la présence d'Interpol et d'Europol constitue un signal fort. Ces deux organisations de coopération policière internationale disposent de bases de données uniques sur les mouvements de hooligans, les réseaux criminels exploitant les grandes manifestations et les menaces terroristes pesant sur les événements sportifs. Leur participation aux travaux permet d'enrichir les diagnostics nationaux par des approches transnationales indispensables face à des menaces qui ignorent les frontières.
Le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme apporte une expertise critique sur les vulnérabilités spécifiques des rassemblements de masse. Ses analyses prospectives sur l'évolution des modes opératoires terroristes éclairent les stratégies préventives à déployer. L'Organisation Internationale pour les migrations, partenaire moins attendu dans ce contexte, enrichit les débats par son expertise sur les flux migratoires irréguliers et les risques de traite d'êtres humains que peuvent générer les grands événements sportifs.
L'Union sportive arabe de la police, structure influente dans l'espace arabe, complète ce dispositif multilatéral. Elle incarne la dimension régionale de la coopération sécuritaire, essentielle pour harmoniser les pratiques à l'échelle continentale. Les délégations officielles comprennent des ministres et de hauts responsables des secteurs de la Justice, l’Observatoire national de la criminalité, de l'Intérieur et de la Sécurité, transformant les sessions plénières en véritables sommets décisionnels.
Sur le versant sécuritaire, la présence d'Interpol et d'Europol constitue un signal fort. Ces deux organisations de coopération policière internationale disposent de bases de données uniques sur les mouvements de hooligans, les réseaux criminels exploitant les grandes manifestations et les menaces terroristes pesant sur les événements sportifs. Leur participation aux travaux permet d'enrichir les diagnostics nationaux par des approches transnationales indispensables face à des menaces qui ignorent les frontières.
Le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme apporte une expertise critique sur les vulnérabilités spécifiques des rassemblements de masse. Ses analyses prospectives sur l'évolution des modes opératoires terroristes éclairent les stratégies préventives à déployer. L'Organisation Internationale pour les migrations, partenaire moins attendu dans ce contexte, enrichit les débats par son expertise sur les flux migratoires irréguliers et les risques de traite d'êtres humains que peuvent générer les grands événements sportifs.
L'Union sportive arabe de la police, structure influente dans l'espace arabe, complète ce dispositif multilatéral. Elle incarne la dimension régionale de la coopération sécuritaire, essentielle pour harmoniser les pratiques à l'échelle continentale. Les délégations officielles comprennent des ministres et de hauts responsables des secteurs de la Justice, l’Observatoire national de la criminalité, de l'Intérieur et de la Sécurité, transformant les sessions plénières en véritables sommets décisionnels.
Les enjeux juridiques et sécuritaires décryptés
Le programme scientifique articule cinq axes thématiques majeurs, reflétant les mutations profondes que connaît l'écosystème des grandes manifestations sportives. Le premier volet examine les défis et opportunités liés à la transformation numérique. La dématérialisation de la billetterie, le recours massif à l'intelligence artificielle pour la gestion des flux ou encore l'exploitation des big data pour anticiper les comportements à risque bouleversent les approches traditionnelles. Ces innovations technologiques, si elles offrent des possibilités inédites de monitoring et de régulation, génèrent également de nouvelles vulnérabilités que les cybercriminels ne manquent pas d'exploiter.
La question du rôle du sport dans la prévention de l'extrémisme violent constitue un axe original, rarement abordé avec cette profondeur dans les enceintes sécuritaires classiques. Les intervenants exploreront les mécanismes par lesquels les compétitions sportives peuvent servir de vecteurs de cohésion sociale, neutralisant les dynamiques de radicalisation. A contrario, ils analyseront comment certaines manifestations deviennent des cibles privilégiées pour des groupes extrémistes cherchant un impact médiatique maximal.
L'examen des meilleures pratiques internationales occupe une place centrale dans les travaux. Les retours d'expérience des Jeux olympiques récents, des Coupes du monde de football ou des championnats continentaux permettront d'identifier les dispositifs ayant fait leurs preuves. Cette capitalisation méthodique des succès et des échecs alimente l'élaboration de référentiels opérationnels adaptables aux contextes nationaux variés.
Les mesures préventives et proactives de sécurisation font l'objet d'ateliers techniques spécifiques. Il ne s'agit plus seulement de réagir aux incidents, mais d'anticiper leur survenance par des dispositifs de détection précoce. Le renseignement prédictif, l'analyse comportementale et la coordination interservices deviennent les piliers d'une sécurité moderne, rompant avec la logique purement réactive qui a longtemps prévalu.
Enfin, le cadre juridique et institutionnel de protection des manifestations sportives constitue le cœur juridique des débats. Les législations nationales doivent évoluer pour intégrer les nouvelles typologies de menaces tout en préservant les libertés fondamentales. L'équilibre entre efficacité sécuritaire et respect des droits constitue un défi permanent que les juristes présents tenteront de résoudre par des propositions normatives innovantes.
La question du rôle du sport dans la prévention de l'extrémisme violent constitue un axe original, rarement abordé avec cette profondeur dans les enceintes sécuritaires classiques. Les intervenants exploreront les mécanismes par lesquels les compétitions sportives peuvent servir de vecteurs de cohésion sociale, neutralisant les dynamiques de radicalisation. A contrario, ils analyseront comment certaines manifestations deviennent des cibles privilégiées pour des groupes extrémistes cherchant un impact médiatique maximal.
L'examen des meilleures pratiques internationales occupe une place centrale dans les travaux. Les retours d'expérience des Jeux olympiques récents, des Coupes du monde de football ou des championnats continentaux permettront d'identifier les dispositifs ayant fait leurs preuves. Cette capitalisation méthodique des succès et des échecs alimente l'élaboration de référentiels opérationnels adaptables aux contextes nationaux variés.
Les mesures préventives et proactives de sécurisation font l'objet d'ateliers techniques spécifiques. Il ne s'agit plus seulement de réagir aux incidents, mais d'anticiper leur survenance par des dispositifs de détection précoce. Le renseignement prédictif, l'analyse comportementale et la coordination interservices deviennent les piliers d'une sécurité moderne, rompant avec la logique purement réactive qui a longtemps prévalu.
Enfin, le cadre juridique et institutionnel de protection des manifestations sportives constitue le cœur juridique des débats. Les législations nationales doivent évoluer pour intégrer les nouvelles typologies de menaces tout en préservant les libertés fondamentales. L'équilibre entre efficacité sécuritaire et respect des droits constitue un défi permanent que les juristes présents tenteront de résoudre par des propositions normatives innovantes.
Une anticipation stratégique à cinq ans de la Coupe du monde
Le calendrier du symposium n'est pas neutre. Organisé alors que la CAN 2025 bat son plein et à moins de cinq ans du Mondial 2030, il s'inscrit dans une trajectoire temporelle précise. Le Maroc, co-organisateur de cette Coupe du monde avec l'Espagne et le Portugal, dispose d'une fenêtre stratégique pour capitaliser sur l'expérience de la compétition africaine en cours et préparer méthodiquement l'événement planétaire à venir.
Cette démarche d'apprentissage continu distingue l'approche marocaine. Plutôt que d'attendre 2029 pour mobiliser les dispositifs, le Royaume construit progressivement son expertise, teste ses procédures et affine ses protocoles à l'occasion de chaque grande manifestation. La CAN 2025 sert de banc d'essai grandeur nature, révélant les points de friction, les besoins d'ajustement et les réussites à consolider. Les enseignements tirés nourrissent immédiatement les réflexions du symposium, créant une boucle vertueuse entre pratique et théorie.
La dimension trinationale du Mondial 2030 complexifie considérablement l'équation sécuritaire. Harmoniser les doctrines, les procédures et les moyens de trois pays aux cultures administratives différentes requiert un travail de longue haleine. Les échanges du symposium, réunissant des responsables espagnols et portugais aux côtés de leurs homologues marocains et d'experts internationaux, facilitent cette convergence progressive.
Les trois jours de travaux permettent d'approfondir substantiellement chacun des cinq axes thématiques, alternant exposés magistraux, panels de discussion et ateliers pratiques. Les conclusions du symposium devront faire l'objet d'un document de synthèse lors de la séance de clôture du 9 janvier. Au-delà des recommandations opérationnelles attendues, c'est toute une philosophie de la sécurité événementielle qui se dessine à Rabat. Une approche où le juridique encadre l'opérationnel, où l'anticipation prime la réaction et où la coopération internationale compense les limites des dispositifs nationaux.
Cette démarche d'apprentissage continu distingue l'approche marocaine. Plutôt que d'attendre 2029 pour mobiliser les dispositifs, le Royaume construit progressivement son expertise, teste ses procédures et affine ses protocoles à l'occasion de chaque grande manifestation. La CAN 2025 sert de banc d'essai grandeur nature, révélant les points de friction, les besoins d'ajustement et les réussites à consolider. Les enseignements tirés nourrissent immédiatement les réflexions du symposium, créant une boucle vertueuse entre pratique et théorie.
La dimension trinationale du Mondial 2030 complexifie considérablement l'équation sécuritaire. Harmoniser les doctrines, les procédures et les moyens de trois pays aux cultures administratives différentes requiert un travail de longue haleine. Les échanges du symposium, réunissant des responsables espagnols et portugais aux côtés de leurs homologues marocains et d'experts internationaux, facilitent cette convergence progressive.
Les trois jours de travaux permettent d'approfondir substantiellement chacun des cinq axes thématiques, alternant exposés magistraux, panels de discussion et ateliers pratiques. Les conclusions du symposium devront faire l'objet d'un document de synthèse lors de la séance de clôture du 9 janvier. Au-delà des recommandations opérationnelles attendues, c'est toute une philosophie de la sécurité événementielle qui se dessine à Rabat. Une approche où le juridique encadre l'opérationnel, où l'anticipation prime la réaction et où la coopération internationale compense les limites des dispositifs nationaux.
