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Le ministère de l'Éducation nationale confirme les retenues sur les salaires des grévistes

Dans un contexte de montée des tensions dans le secteur de l’éducation nationale, le ministère de l'Éducation nationale décide de procéder à des retenues sur salaire des enseignants grévistes. Cette décision, interprétée comme une tentative de mettre fin aux mouvements de protestation, déclenche l'indignation des syndicats, qui y voient une violation du droit de grève.

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Dans un contexte de tensions sociales croissantes dans le secteur de l'éducation nationale, le ministère vient d'adresser un courrier à la Trésorerie générale. Il l'invite à procéder à des retenues sur salaire des fonctionnaires absentéistes. Cette missive intervient après la multiplication des débrayages chez les enseignants, notamment suite à l'adoption du nouveau statut unifié controversé. Elle est interprétée par les syndicats comme une volonté du ministère d'endiguer le mouvement social en procédant à des retraits sur salaire pour fait de grève.



Les syndicats les plus représentatifs comme les moins représentatifs dénoncent cette décision. Ils y voient une atteinte au droit de grève des fonctionnaires. Ce bras de fer autour des retenues sur salaire s’ajoute aux turbulences grandissantes que traverse l'école marocaine et complique encore plus la recherche d'une issue négociée à ce conflit latent.
Dans le courrier adressé à la Trésorerie générale, le secrétaire général du ministère indique que son département autorise la mise en œuvre des retenues sur salaire pour absences injustifiées. «Suite à la lettre mentionnée dans la référence ci-dessus, concernant la retenue sur les salaires de certains fonctionnaires du ministère de l'Éducation nationale, du préscolaire et des sports en raison d'absences injustifiées, qui a été reportée à plusieurs reprises, j'ai le plaisir de vous informer que ce ministère ne voit pas d'objection à la mise en œuvre de cette mesure à partir du 1er novembre 2023», écrit le secrétaire général du ministère. Par cette confirmation officielle, le ministère donne son feu vert pour déduire les jours de grève des salaires des enseignants grévistes, et ce malgré l'opposition véhémente des syndicats à cette sanction financière, indiquent les syndicats.



Ainsi, si le département de l’Éducation national considère qu’il s’agit de l’application de mesures légales, cette décision a immédiatement provoqué la réprobation des syndicats du secteur. Pour Abdallah Ghmimat, secrétaire général de l'Union nationale de l'éducation-courant démocratique et membre de la Commission nationale de coordination du secteur de l'éducation (coordination regroupant 18 entités syndicales du secteur où ne figurent pas les syndicats les plus représentatifs), ce choix traduit une fuite en avant face à la mobilisation grandissante des enseignants. Selon lui, le ministère tente ainsi d’«intimider» les grévistes pour les pousser à reprendre le travail.
M. Ghmimat rappelle que le droit de grève est garanti par la loi, la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Maroc. À ses yeux, la menace de sanctions à l'égard des grévistes est donc totalement illégitime. Le secrétaire général de la FNE-Courant démocratique a qualifié cette mesure de «vol», où le ministère se sert dans les salaires des fonctionnaires du secteur, alors qu'ils ont fait grève pour protester contre leurs conditions désastreuses, leurs bas salaires, et un nouveau statut jugé injuste pour de nombreuses catégories.
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