Menu
Search
Jeudi 08 Janvier 2026
S'abonner
close
Jeudi 08 Janvier 2026
Menu
Search

Santé : les syndicats accentuent la pression sur le gouvernement

Le secteur de la santé au Maroc semble s’enfoncer progressivement dans une crise sociale durable. Malgré les déclarations du ministre de la Santé la semaine dernière devant la Chambre des conseillers, promettant une «approche consensuelle» et un dialogue renouvelé, la colère des professionnels ne faiblit pas. Dans un communiqué publié lundi dernier, la coordination syndicale nationale du secteur de la santé a confirmé le maintien, et même l’intensification, de son mouvement de protestation. Dès jeudi, de nouvelles actions sont prévues, marquant une escalade dans un bras de fer qui promet d’être long.

No Image
Malgré la main tendue du ministre de la Santé lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, la semaine dernière, les syndicats du secteur de la santé ne semblent pas prêts à se démobiliser. Le ministre avait alors annoncé vouloir adopter une «approche consensuelle» avec les partenaires sociaux, notamment dans la mise en œuvre des groupements territoriaux de santé (GST). Pourtant, dans un communiqué rendu public lundi 5 janvier, la coordination syndicale nationale du secteur a clairement signifié qu’elle maintenait le cap de la mobilisation, avec un programme de protestations qui démarre dès ce jeudi 8 janvier.

Un dialogue de sourds qui s’enlise

Malgré les déclarations d’ouverture faites par le gouvernement, un profond sentiment de défiance persiste chez les professionnels de la santé. Les syndicats pointent du doigt l’écart entre les promesses formulées et leur concrétisation sur le terrain. L’accord-cadre signé le 23 juillet 2024 reste largement inappliqué, à commencer par le décret 09.22, pourtant acté depuis un an et demi, déplorent-ils. Les textes réglementaires relatifs à la mobilité, à la composante variable des salaires ou aux indemnités des zones difficiles tardent à se manifester. Quant au modèle des groupements territoriaux de santé, expérimenté à Tanger, il cristallise toutes les inquiétudes des professionnels du secteur selon les syndicats. Présenté comme un succès par les autorités, le modèle des GST n’a «jamais été évalué» et «n’a pas amélioré les services rendus aux citoyens». Pis, pour les syndicats, ces groupements font craindre aux soignants une érosion de leurs droits acquis.

Un calendrier de mobilisation graduel et déterminé

Face ainsi à ce qu’ils qualifient d’«inertie gouvernementale», les syndicats ont décidé de passer à une phase active de protestation. Leur programme, structuré et progressif, vise à maintenir une pression visible et régulière. Ainsi, à partir de ce jeudi jeudi 8 janvier, et chaque jeudi ensuite, des points d’arrêt d’une heure (de 12 h à 13 h) seront organisés dans les établissements de santé et leurs administrations. Ces «pauses protestataires» coïncideront délibérément avec les réunions hebdomadaires du Conseil du gouvernement. Selon la Coordination, si aucun progrès substantiel n’est enregistré jeudi 29 janvier, le mouvement s’intensifiera avec un appel à la grève nationale dans tous les établissements sanitaires et services administratifs du pays.

«Mobilisation maximale» pour des droits «légitimes»

Dans leur communiqué, les syndicats en appellent à une «mobilisation maximale» de l’ensemble du personnel soignant et administratif. L’objectif est clair : peser sur l’agenda politique et obtenir des réponses tangibles à des revendications qu’ils jugent «justes et légitimes». Cette escalade bien orchestrée, entre arrêts symboliques et menace de grève générale, révèle clairement une stratégie de pression à moyen terme, destinée à éviter l’essoufflement tout en maintenant la visibilité médiatique et politique du mouvement.

Un secteur au bord de la rupture

Il faut dire que le malaise dans le secteur de la santé ne date pas d’hier. Les syndicats maintiennent les protestations depuis des mois et ne cessent d’appeler à l’amélioration de leur situation sociale et leurs conditions de travail. Aujourd’hui, alors que le ministre tente d’apaiser les esprits en appelant à faire prévaloir l’esprit du consensus, la réponse syndicale, ferme et organisée, montre que la tension, loin de retomber, s’installe dans la durée. La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui se trouve dans une situation pour le moins inconfortable à moins d’une année des élections générales. Soit il engage des mesures rapides et vérifiables pour répondre aux attentes légitimes des soignants, soit il risque de voir la contestation monter encore plus, avec toutes les conséquences possibles sur sa cote de popularité.
Lisez nos e-Papers