Trois journées de débats entre experts de haut niveau ont permis de transformer un exercice académique en cadre opérationnel structuré. Le symposium qui s'est tenu du 7 au 9 janvier à Rabat a mobilisé un parterre exceptionnel : plus de 300 participants venus de quinze pays, représentant des institutions internationales et régionales de premier plan. La Fédération internationale de football association, l'Union des associations européennes de football, la Confédération africaine de football, l'Organisation internationale de police criminelle, l'Office européen de police, le Conseil de l'Europe et l'Union africaine ont envoyé leurs experts les plus qualifiés. Des acteurs ayant participé à l'organisation de la Coupe du monde Qatar 2022 et des Jeux olympiques de Paris 2024 ont également apporté leurs retours d'expérience.
Les sept sessions scientifiques programmées ont couvert l'ensemble du spectre sécuritaire : opportunités et défis des événements sportifs à l'ère numérique, rôle du sport dans la prévention de l'extrémisme violent et de la criminalité organisée, meilleures pratiques internationales de sécurisation, mesures préventives de gestion des foules, déploiement de l'intelligence artificielle et des technologies de cybersécurité, cadre juridique et traitement judiciaire des affaires, planification de l'accueil des manifestations sportives. Plusieurs expériences de référence ont été présentées, notamment celle du Qatar 2022, la Convention de Saint-Denis du Conseil de l'Europe et l'expérience britannique en matière de gestion de la sécurité des stades.
Le symposium a constitué, selon les termes du communiqué final, «un modèle réussi d'interdisciplinarité, réunissant les domaines du droit, de la sécurité, de la gestion sportive et des technologies modernes autour d'un objectif commun». Les travaux ont mis en évidence une mutation profonde : la sécurisation des grandes manifestations sportives ne saurait désormais se limiter à l'approche traditionnelle, mais s'inscrit pleinement dans le cadre des mutations numériques accélérées.
Les sept sessions scientifiques programmées ont couvert l'ensemble du spectre sécuritaire : opportunités et défis des événements sportifs à l'ère numérique, rôle du sport dans la prévention de l'extrémisme violent et de la criminalité organisée, meilleures pratiques internationales de sécurisation, mesures préventives de gestion des foules, déploiement de l'intelligence artificielle et des technologies de cybersécurité, cadre juridique et traitement judiciaire des affaires, planification de l'accueil des manifestations sportives. Plusieurs expériences de référence ont été présentées, notamment celle du Qatar 2022, la Convention de Saint-Denis du Conseil de l'Europe et l'expérience britannique en matière de gestion de la sécurité des stades.
Le symposium a constitué, selon les termes du communiqué final, «un modèle réussi d'interdisciplinarité, réunissant les domaines du droit, de la sécurité, de la gestion sportive et des technologies modernes autour d'un objectif commun». Les travaux ont mis en évidence une mutation profonde : la sécurisation des grandes manifestations sportives ne saurait désormais se limiter à l'approche traditionnelle, mais s'inscrit pleinement dans le cadre des mutations numériques accélérées.
Une gouvernance sécuritaire intégrée et anticipative
Les deux premières recommandations adoptées posent les fondations d'une approche renouvelée de la sécurité sportive. La première appelle à «adopter un modèle intégré de gouvernance sécuritaire pour les grands événements sportifs, fondé sur l'approche anticipative, la coordination opérationnelle et la planification sécuritaire rigoureuse». Ce modèle couvre l'ensemble des phases de l'événement : avant, pendant et après son organisation, rompant ainsi avec une logique exclusivement réactive.
La deuxième recommandation prescrit d'activer les mécanismes de coordination entre les différents intervenants. Services de sécurité, autorités judiciaires, autorités territoriales et partenaires institutionnels doivent élaborer les plans sécuritaires «sur la base d'une analyse précise des risques et menaces liés à la nature de l'événement et à son contexte national et international». Cette exigence de rigueur méthodologique traduit une volonté d'abandonner l'improvisation pour installer des processus standardisés et évaluables.
La deuxième recommandation prescrit d'activer les mécanismes de coordination entre les différents intervenants. Services de sécurité, autorités judiciaires, autorités territoriales et partenaires institutionnels doivent élaborer les plans sécuritaires «sur la base d'une analyse précise des risques et menaces liés à la nature de l'événement et à son contexte national et international». Cette exigence de rigueur méthodologique traduit une volonté d'abandonner l'improvisation pour installer des processus standardisés et évaluables.
Un cadre juridique adapté aux menaces numériques
Les recommandations 3 et 4 traitent de la nécessaire actualisation du droit applicable aux événements sportifs. La troisième appelle à «actualiser le cadre juridique et réglementaire de la sécurité des grands événements, afin de l'adapter aux évolutions technologiques et aux menaces numériques émergentes». Cette formulation reconnaît l'obsolescence partielle des textes existants, conçus avant l'explosion du numérique et des nouvelles formes de criminalité.
La quatrième recommandation précise les contours de cette actualisation : «Établir des protocoles juridiques clairs pour l'utilisation des technologies numériques modernes (surveillance intelligente, intelligence artificielle, analyse de données), tout en garantissant le respect des droits et libertés individuels ainsi que la protection des données à caractère personnel». L'équilibre recherché entre efficacité sécuritaire et préservation des libertés fondamentales traverse l'ensemble des travaux du symposium.
La quatrième recommandation précise les contours de cette actualisation : «Établir des protocoles juridiques clairs pour l'utilisation des technologies numériques modernes (surveillance intelligente, intelligence artificielle, analyse de données), tout en garantissant le respect des droits et libertés individuels ainsi que la protection des données à caractère personnel». L'équilibre recherché entre efficacité sécuritaire et préservation des libertés fondamentales traverse l'ensemble des travaux du symposium.
La technologie comme pilier de l'anticipation
Les recommandations 5, 6 et 7 constituent le volet technologique du dispositif. La cinquième prescrit d'intégrer de manière systématique les technologies modernes et l'intelligence artificielle dans le dispositif sécuritaire, et de créer «des cellules de veille numérique et cybernétique pour la détection des menaces non conventionnelles». Cette institutionnalisation de la veille numérique traduit une prise de conscience : les menaces contemporaines se préparent et se propagent dans l'espace digital avant de se matérialiser dans les stades.
La sixième recommandation affine cette orientation en appelant à «déployer des outils d'analyse intelligente et anticipative pour identifier les indicateurs de violence, d'extrémisme et d'appels à la subversion, notamment via l'espace numérique et les réseaux sociaux». Les algorithmes d'analyse sémantique et comportementale deviennent ainsi des instruments de prévention au même titre que les dispositifs policiers classiques.
La septième recommandation élargit le périmètre de la cybersécurité au-delà de la détection des menaces terroristes. Elle préconise de «renforcer la cybersécurité des infrastructures numériques liées aux événements, et de lutter contre les phénomènes de désinformation et de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l'image de l'événement ou à l'ordre public». La guerre informationnelle fait désormais partie intégrante des défis sécuritaires des grandes compétitions.
La sixième recommandation affine cette orientation en appelant à «déployer des outils d'analyse intelligente et anticipative pour identifier les indicateurs de violence, d'extrémisme et d'appels à la subversion, notamment via l'espace numérique et les réseaux sociaux». Les algorithmes d'analyse sémantique et comportementale deviennent ainsi des instruments de prévention au même titre que les dispositifs policiers classiques.
La septième recommandation élargit le périmètre de la cybersécurité au-delà de la détection des menaces terroristes. Elle préconise de «renforcer la cybersécurité des infrastructures numériques liées aux événements, et de lutter contre les phénomènes de désinformation et de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l'image de l'événement ou à l'ordre public». La guerre informationnelle fait désormais partie intégrante des défis sécuritaires des grandes compétitions.
Une coopération internationale opérationnelle
Les recommandations 8, 9 et 10 tracent les contours d'une collaboration internationale renforcée. La huitième appelle à «consolider les mécanismes de coopération internationale opérationnelle dans le domaine de la sécurisation des grands événements sportifs, à travers l'échange de renseignements, le partage d'expertises et l'harmonisation des meilleures pratiques». Le terme «opérationnelle» souligne la volonté de dépasser les déclarations d'intention pour construire des dispositifs concrets et mesurables.
La neuvième recommandation identifie les domaines prioritaires de cette coopération : «Échanger les données relatives aux menaces terroristes, à la criminalité organisée transfrontalière et aux risques cybernétiques, tout en prévenant l'exploitation du secteur sportif à des fins de blanchiment de capitaux». Cette dernière dimension, souvent négligée dans les approches classiques, reconnaît que les grands événements sportifs attirent des flux financiers considérables susceptibles d'intéresser les réseaux criminels.
La dixième recommandation encourage à «capitaliser sur les expériences comparées et les enseignements issus de l'organisation des grands événements sportifs à l'échelle internationale». Cette mutualisation du savoir-faire évite à chaque pays organisateur de réinventer des solutions déjà éprouvées ailleurs, générant des économies substantielles en temps et en ressources.
La neuvième recommandation identifie les domaines prioritaires de cette coopération : «Échanger les données relatives aux menaces terroristes, à la criminalité organisée transfrontalière et aux risques cybernétiques, tout en prévenant l'exploitation du secteur sportif à des fins de blanchiment de capitaux». Cette dernière dimension, souvent négligée dans les approches classiques, reconnaît que les grands événements sportifs attirent des flux financiers considérables susceptibles d'intéresser les réseaux criminels.
La dixième recommandation encourage à «capitaliser sur les expériences comparées et les enseignements issus de l'organisation des grands événements sportifs à l'échelle internationale». Cette mutualisation du savoir-faire évite à chaque pays organisateur de réinventer des solutions déjà éprouvées ailleurs, générant des économies substantielles en temps et en ressources.
Les supporters comme acteurs de la sécurité
Les recommandations 11, 12 et 13 opèrent un changement de paradigme en matière de gestion des publics. La onzième appelle à «instaurer un cadre réglementaire et institutionnel de gouvernance des supporters, fondé sur la sensibilisation, l'encadrement, la discipline et l'approche participative, considérant le public comme un acteur essentiel de la réussite et de la sécurité des événements». Cette formulation renverse la logique traditionnelle où le supporter apparaît comme une menace à contrôler pour en faire un partenaire à responsabiliser.
La douzième recommandation décline opérationnellement cette vision : «Structurer et encadrer les associations de supporters selon des normes juridiques et organisationnelles, en leur confiant des rôles d'encadrement au sein des tribunes et en privilégiant le principe de discipline participative plutôt que l'approche exclusivement répressive». Le modèle européen des groupes de supporters organisés et reconnus par les clubs semble inspirer cette orientation.
La treizième recommandation complète le dispositif par un volet préventif : «Élaborer des programmes de sensibilisation anticipative destinés au public, notamment aux jeunes, autour des valeurs du supportérisme responsable, du rejet de la violence et du respect de l'ordre public». L'accent mis sur les jeunes publics reflète une volonté d'agir en amont, avant le développement de comportements violents.
La douzième recommandation décline opérationnellement cette vision : «Structurer et encadrer les associations de supporters selon des normes juridiques et organisationnelles, en leur confiant des rôles d'encadrement au sein des tribunes et en privilégiant le principe de discipline participative plutôt que l'approche exclusivement répressive». Le modèle européen des groupes de supporters organisés et reconnus par les clubs semble inspirer cette orientation.
La treizième recommandation complète le dispositif par un volet préventif : «Élaborer des programmes de sensibilisation anticipative destinés au public, notamment aux jeunes, autour des valeurs du supportérisme responsable, du rejet de la violence et du respect de l'ordre public». L'accent mis sur les jeunes publics reflète une volonté d'agir en amont, avant le développement de comportements violents.
La formation et la recherche comme investissements de long terme
Les deux dernières recommandations portent sur le capital humain et la production de connaissances. La quatorzième recommandation prescrit de «renforcer les capacités des ressources humaines intervenant dans la sécurisation des grands événements, à travers des programmes de formation spécialisés en sécurité numérique et en gestion des risques». Cette exigence de professionnalisation concerne aussi bien les magistrats que les forces de l'ordre, les gestionnaires de stades et les responsables de fédérations sportives.
La quinzième et dernière recommandation appelle à «encourager la recherche scientifique et les études appliquées dans le domaine de la sécurité des grands événements, et articuler leurs résultats avec le processus décisionnel dans le cadre de politiques publiques fondées sur les preuves». Cette référence aux «politiques fondées sur les preuves» inscrit la sécurité sportive dans une logique d'évaluation permanente et d'ajustement des dispositifs en fonction des résultats mesurés. Le communiqué final salue «les efforts remarquables déployés par le Royaume du Maroc pour le développement de son système sportif et l'accueil des grands événements sportifs, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI».
La quinzième et dernière recommandation appelle à «encourager la recherche scientifique et les études appliquées dans le domaine de la sécurité des grands événements, et articuler leurs résultats avec le processus décisionnel dans le cadre de politiques publiques fondées sur les preuves». Cette référence aux «politiques fondées sur les preuves» inscrit la sécurité sportive dans une logique d'évaluation permanente et d'ajustement des dispositifs en fonction des résultats mesurés. Le communiqué final salue «les efforts remarquables déployés par le Royaume du Maroc pour le développement de son système sportif et l'accueil des grands événements sportifs, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI».
