Avant le coup d’envoi du match des huitièmes de finale de la CAN 2025 opposant le Maroc à la Tanzanie, le public marocain a découvert avec stupeur l’arrivée sur la pelouse de Azzedine Ounahi, s’appuyant sur des béquilles et portant une botte orthopédique à la jambe. Le joueur de Girona FC a été touché au mollet lors d’une séance d’entraînement de la sélection nationale, à la veille de cette rencontre décisive. Après la qualification du Maroc pour les quarts de finale, le sélectionneur national, Walid Regragui, a confirmé le forfait définitif du milieu de terrain. «Azzedine Ounahi s’est blessé à l’entraînement. Une blessure qui l’empêchera de jouer la CAN, car il en a pour quatre à six semaines de rémission. C’est une blessure qu’il avait déjà à Girona et qui s’est malheureusement rouverte pour nous. Ça a été un choc hier, et c’est pour cette raison que la victoire face à la Tanzanie a un goût amer. Nous avons perdu notre leader technique et l’un de nos cadres dans le vestiaire. Le diagnostic nous a beaucoup affectés, et il fallait se qualifier pour lui», a révélé Regragui en conférence d’après-match Maroc-Tanzanie.
Une absence lourde de conséquences pour l’équipe nationale
L’absence de Azzedine Ounahi à la Coupe d’Afrique des nations 2025 représente bien plus qu’un simple nom rayé de la feuille de match. C’est un véritable séisme tactique qui vient bousculer l’équilibre mis en place par Walid Regragui. Véritable métronome du milieu de terrain depuis l’épopée qatarie, le meneur de jeu s’était imposé comme le liant indispensable entre la défense et l’attaque, celui qui donnait le tempo par qui transitaient les transitions du jeu marocain. Son forfait prive les Lions de l’Atlas de leur principal accélérateur, capable de casser des lignes par une passe lumineuse ou une percussion balle au pied. Sans sa vision périphérique ni sa faculté à résister au pressing dans les petits espaces, le Maroc risque de perdre cette fluidité qui lui permettait de déverrouiller des blocs défensifs compacts, souvent rencontrés lors des joutes continentales. Ounahi possédait cette capacité rare à dicter le rythme, à savoir quand temporiser pour stabiliser le bloc ou quand accélérer pour créer le surnombre.
Un suivi médical des joueurs qui soulève de nombreuses interrogations
Cette indisponibilité soudaine soulève inévitablement des interrogations plus profondes sur la gestion de l’intégrité physique au sein du staff médical de la sélection nationale. Le fait que cette blessure soit survenue à l’entraînement, à la veille d’un match crucial, et qu’elle réactive une fragilité déjà connue au mollet avec son club de Girona, place le suivi médical sous les projecteurs. La charge de travail imposée en sélection tient-elle suffisamment compte des antécédents cliniques de joueurs déjà éprouvés par l’intensité des saisons européennes ? Cette rechute interroge également la communication entre le club catalan et la fédération : les protocoles de prévention étaient-ils assez spécifiques pour protéger un mollet identifié comme zone à risque ? Dans un tournoi où la fraîcheur physique fait souvent la différence dans les phases finales, perdre un cadre de cette envergure sur un incident de séance d’entraînement laisse inévitablement un goût d’inachevé.
