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L’histoire de Tarfaya racontée à travers «Le Petit Prince, sagesse des sables»

Parmi les films sélectionnés pour la compétition officielle de la sixième édition Festival du film documentaire sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani, il y a «Le Petit Prince, sagesse des sables» de Mariam Aït Belhoucine, qui raconte l’histoire de Tarfaya.

L’histoire de Tarfaya racontée à travers «Le Petit Prince, sagesse des sables»
La réalisatrice Mariam Aït Belhoucine et le docteur Abdelouahab Sibawayh.

Ayant pris un an entre recherches académiques, écriture et post-production, le documentaire «Le Petit Prince, sagesse des sables» raconte l’histoire de Tarfaya où a résidé l’écrivain, poète et aviateur Antoine de Saint-Exupéry, et où se trouvent ses livres, notamment «Le Petit Prince». Ainsi, l’âme immortelle sahraouie du prince dévoile cette histoire, à travers des chercheurs et des académiciens de la ville, ainsi que des personnes qui ont vécu des moments décisifs dans le développement de Tarfaya et du Maroc. Ce qui nous permet d'apprécier la grandeur de cette sagesse.

Un vrai défi pour la réalisatrice Mariam qui doit à la fois restituer le côté académique qui doit être archivé dans un film documentaire à travers des références bibliographiques originales et donner cette âme de Tarfaya. Pour cela, elle s’est entourée de plusieurs compétences, notamment le docteur Abdelouahab Sibawayh qui possède, dans sa bibliothèque, des documents authentifiés. Selon lui, «tout film documentaire devient une référence. Cette histoire a commencé en 1907, avec Pierre-Georges Latécoère (entreprise spécialisée dans la sous-traitance d'équipements aéronautiques), qui est le patron d’une société française qui produisait les avions postaux qui parvenaient à Casa et Alger. Durant la période coloniale, cet avion postal devait arriver jusqu’à Saint Louis, au Sénégal. Il fallait une piste pour approvisionner les avions en carburant. Ainsi, l’opération devait se faire au Sahara et plus précisément à Tarfaya. Le plus étrange est que les Français, nous donnent leur version de l’histoire, sans dire que ces pistes d'avions ont été réalisées par des Marocains de la région. Quand Saint-Exupéry est venu en 1929, il a profité de tout ce qui a été fait sur demande du Roi Moulay Youssef Ben Al Hassan Ben Mohammed Ben Abderrahmane».

Mariam Aït Belhoucine : «L’installation des pistes Latécoère à Tarfaya montre le rôle qu’a joué le Maroc pour la préservation du lien entre l’Afrique et le continent européen»

Le Matin : Comment est née chez vous l’idée de faire ce documentaire ?
Mariam Aït Belhoucine
: En fait, j’étais en train de tourner un autre documentaire sur Tarfaya, autour des avions qui venaient dans le cadre du Rallye organisé par La Fondation Saint-Exupéry Latécoère. C’est là où j’ai vu l’intérêt mondial que portent les aviateurs et les pilotes à la ville de Tarfaya. D’ailleurs, on a tous été impactés par le livre «Le Petit Prince» de Saint-Exupéry. À chaque fois que je viens tourner ou pour des vacances dans les provinces du Sahara, je ressens l’âme du petit prince qui vit encore dans ces lieux. Paulo Coelho en a aussi parlé dans son livre «L’Alchimiste». On comprend cette âme mature et enfantine. Et grâce à cette maturité, on réacquiert l’enfant qui vit à l’intérieur de nous, on le redécouvre et on le laisse s’épanouir. On ressent ce sentiment en vivant ici ou à travers nos voyages dans les provinces du sud du Maroc. C’est ce qui m’a poussé à parler de Tarfaya.

Donc, vous avez créé une relation entre l’enfant et la ville ?
Dans le film «Le Petit Prince, la sagesse des sables», j’ai utilisé comme alibi l’histoire de Saint-Exupéry, quand il était à Tarfaya et la façon dont il y est parvenu, puis ce petit prince, personnage de Tarfaya, qu’il avait rencontré et dont il avait parlé. Je me suis dit, ce serait peut-être intéressant de filmer Tarfaya à travers les regards de ce petit enfant, ce thème qui vit éternellement. Et à travers les yeux de cette petite personne, on arrive à voir la grandeur de l’histoire de Tarfaya. Cette maturité et cette sagesse qu’on retrouve chez les gens dans les provinces du Sud est une sagesse qui a été mise à l’épreuve dans différents événements que le Maroc a vécus et surtout dans les provinces du Sud, que ce soit en faisant face aux envies coloniales ou à travers d’autres événements historiques. Après l’indépendance de Tarfaya, il y a aussi son impact pour la liberté des provinces du Sud.

Dans ce film, vous avez aussi voulu montrer un pan de l’histoire du Maroc ?
En fait, on n’a pas besoin de défendre l’histoire du Maroc. À travers cette histoire, on parle forcément de l’Unité entre toutes les régions du Royaume, puis l’apport du Sud au Nord et vice versa, qui a toujours été fructueux. Ce qui prouve la force de la société marocaine et de la stabilité des institutions de l’État. Il y a toujours eu la volonté de garder cette unité à travers les valeurs sociales qui font l’identité marocaine de partage, d’amour, d’équilibre, de bonté, de générosité et de respect pour la famille. Sans oublier le rôle du Royaume dans l’installation des pistes Latécoère à Tarfaya pour faciliter le passage du courrier postal de Toulouse à Dakar. Ceci montre le rôle qu’a joué le Maroc pour la préservation du lien entre l’Afrique et le continent européen. C’est ce qui a permis un brassage culturel, donnant lieu à un épanouissement financier et humain. Le livre de Saint-Exupéry a également joué un rôle important dans cette dynamique, vu qu’il a été le plus lu dans le monde.

Comment peut-on qualifier la ville de Tarfaya dans tout cela ?
Tarfaya représente une histoire très riche à raconter. Quand on parle de Tarfaya, on peut oser dire «Sahraouiyat Al Maghrib».

Quelles sont les contraintes que vous avez rencontrées dans ce tournage ?
Il y avait beaucoup de vent pendant le tournage. C’est le seul obstacle que nous avons eu à affronter, surtout avec le matériel. Sinon, tout s’est bien passé, notamment l’accueil chaleureux des gens, puis la volonté des citoyens de parler de leur histoire, de leur unité et de tout ce qu’ils ont fait pour l’indépendance du Maroc. Ils nous ont tous ouvert leurs portes. C’est ce qui nous a fait oublier les difficultés du tournage.

Quelles sont les références académiques sur lesquelles vous vous êtes basée pour la réalisation de ce documentaire ?
J’ai tenu à prendre en considération les différents livres qui ont été faits. Que ce soit celui de Saint-Exupéry, de la Fondation de Latécoère ou ceux de la bibliographie marocaine. Mais aussi les livres, documents et parchemins de la bibliothèque du docteur Sibawayh. Je me suis également référée, dans ma recherche, à des documents bibliographiques nationaux et internationaux. Toutefois, ce qui est particulier dans la bibliothèque de Sibawayh, c’est qu’on peut trouver des parchemins, des documents originaux, des photos originales, des lettres des leaders du Sud envoyées vers le Nord. Je voulais rester fidèle à l’histoire.

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