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Jeûne intermittent : beaucoup de bienfaits, mais quelques zones d’ombre

Le jeûne intermittent permettrait de lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, selon une recherche menée par des universitaires américains. De l’avis de Dr Tayeb Hamdi, médecin-chercheur en politiques et systèmes de santé, les conclusions de cette étude sont importantes, certes, mais restent insuffisantes pour déterminer avec exactitude les bienfaits, et surtout les effets secondaires de ce régime alimentaire qui a le vent en poupe en ce moment.

Jeûne intermittent : beaucoup de bienfaits, mais quelques zones d’ombre
Le jeûne intermittent est également connu sous le nom d’alimentation à durée limitée (TRE).

Les recherches se multiplient pour vérifier les bienfaits, mais aussi et surtout les effets secondaires du jeûne intermittent. La dernière en date a été réalisée par des chercheurs de l’Université américaine de l’Alabama à Birmingham. Il en ressort que ce régime alimentaire le plus en vogue en ce moment permettrait de lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Les travaux de ces chercheurs ont été publiés dans la revue «Obesity (Silver Spring)». Joint par «Le Matin», Dr Tayeb Hamdi, médecin-chercheur en politiques et systèmes de santé, estime que l’étude en question trouve tout son intérêt. «Elle vient confirmer que le jeûne intermittent, particulièrement celui connu sous le nom d’alimentation à durée limitée (TRE), est une solution à plusieurs problématiques liées à la santé et à leur tête l’obésité et les maladies cardiovasculaires», note-t-il. Et d’ajouter que la TRE consiste à manger dans une fenêtre constante de 10 heures au moins et de jeûner pendant les 14 heures restantes de la journée, ce qui permet de prévenir et inverser l’obésité induite par l’alimentation. De même, ajoute-t-il, ce type de régime permet aussi d’améliorer plusieurs paramètres cardio-métaboliques, notamment la tolérance au glucose, le taux de cholestérol et la pression artérielle. Le jeûne intermittent contribue, également, à l’amélioration cardio-métabolique comme la sensibilité à l’insuline et le stress oxydatif. Il est tout de même impératif de préciser que ces études sont importantes, certes, mais demeurent insuffisantes pour déterminer avec exactitude les bienfaits, mais aussi et surtout les effets secondaires du jeûne intermittent.  

Les essais cliniques, un élément qui fait défaut

Dr Hamdi déplore, en revanche, le manque constaté en termes d’études cliniques. «Certes, plusieurs études ont été réalisées, particulièrement sur les animaux et qui démontrent bel et bien l’importance du jeûne intermittent, mais les efforts en matière d’essais cliniques restent insuffisants pour tirer des conclusions tranchantes», regrette-t-il. Pour expliquer cette situation, le médecin-chercheur avance deux grandes raisons : Premièrement, l’absence de financement : «Les grands laboratoires financent les essais cliniques sur des médicaments pour les vendre à la suite, alors qu’ils ne vont rien gagner en menant des études sur le jeûne intermittent», note-t-il avant de préciser que les études ne sont menées que par des chercheurs universitaires.

Ensuite, la difficulté de respecter les principes de ce que l’on appelle l’étude randomisée à double aveugle qui demeure essentielle pour vérifier l’efficacité de n’importe quelle démarche scientifique. «L’étude randomisée à double aveugle consiste à faire une répartition aléatoire en demandant à une catégorie des participants à l’étude de jeûne pendant une période précise et à une autre catégorie de manger dans la même période. Ceci n’est pas facile à réaliser, partant du principe que la décision du jeûne doit émaner de la personne elle-même tenant compte de son état de santé et de sa capacité à supporter le jeûne», souligne-t-il. Et d’ajouter qu’il est difficile dans ce type d’études d’avoir des volontaires.

Par ailleurs, Dr Hamdi tient à souligner que le jeûne intermittent, bien qu’il soit bénéfique, ne doit pas être autorisé à tout le monde. «Des personnes qui souffrent, notamment de maladies cardiaques ou de diabète ne doivent pratiquer le jeûne intermittent qu’après avis favorable du médecin traitant», insiste l’expert. Pour lui, le suivi médical reste nécessaire pour éviter toute détérioration de l’état de santé du jeûneur. Dr Hamdi affirme aussi que, de manière générale, il faut impérativement boire suffisamment d'eau pour éviter la déshydratation du corps, mais aussi, et surtout veiller à avoir une alimentation équilibrée après le jeûne.

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