La radiologie s’affirme aujourd’hui comme un maillon essentiel du parcours de soins. Entre diagnostic, suivi thérapeutique et appui à la médecine de précision, l’imagerie médicale est devenue un outil stratégique pour renforcer la qualité et l’efficacité de la prise en charge des patients. Cette évolution intervient dans un contexte sanitaire caractérisé par l’augmentation des maladies chroniques, le vieillissement progressif de la population et une pression croissante sur la demande en examens spécialisés, appelant des réponses à la fois technologiques, humaines et organisationnelles.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la 4ᵉ édition du Congrès national de radiologie, organisée du 6 au 8 février 2026 par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) et la Société marocaine de radiologie, à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé de Casablanca. Ce rendez-vous scientifique majeur a réuni l’ensemble des acteurs de l’écosystème de l’imagerie médicale : radiologues, médecins en formation, techniciens en imagerie médicale, chercheurs, ingénieurs biomédicaux, ainsi que les représentants de l’industrie de la santé. Cette nouvelle édition a été consacrée à trois axes majeurs de l’imagerie médicale : l’imagerie cardiaque, l’imagerie mammaire et l’imagerie musculo-squelettique, des domaines particulièrement sensibles en matière de diagnostic précoce, de suivi thérapeutique et d’innovation technologique.
À travers ces thématiques, le congrès a mis en lumière des problématiques directement liées aux priorités de santé publique, notamment la prévention, la précision diagnostique et l’amélioration continue de la qualité des soins. Le programme scientifique, riche et diversifié, a alterné conférences spécialisées, tables rondes, ateliers interactifs et échanges d’expertise, favorisant le partage des connaissances et l’harmonisation des pratiques professionnelles. L’un des objectifs majeurs de cette rencontre était de contribuer à l’élévation continue du niveau scientifique de la radiologie marocaine, dans un contexte où l’évolution rapide des technologies impose une actualisation permanente des compétences.
Au-delà de l’aspect académique, le 4ᵉ Congrès national de radiologie a également constitué une plateforme privilégiée de dialogue entre les professionnels de santé et les partenaires industriels. Les participants ont pu découvrir les dernières innovations en matière de matériel, de consommables et de solutions technologiques en imagerie médicale, à travers des espaces d’exposition et des symposiums animés par des experts du secteur. Ces échanges ont mis en évidence l’importance d’une intégration réfléchie et encadrée des nouvelles technologies dans la pratique quotidienne, au service du patient et de la qualité des soins.
Dans l’entretien qu’elle a accordé au «Matin», le professeur Nadia Moussali, vice-présidente de la Société marocaine de radiologie et présidente du 4ᵉ Congrès national de radiologie, également enseignante à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, revient sur les enjeux de cette édition, l’état des lieux de la radiologie au Maroc, ainsi que les perspectives offertes par la formation continue, l’innovation technologique et l’intelligence artificielle pour renforcer la qualité et l’équité de la prise en charge des patients.
Où en est aujourd’hui le Maroc en matière de radiologie, notamment en termes d’accès, d’équipements et de ressources humaines ?
La radiologie marocaine a connu, ces dernières années, une évolution notable, portée par l’investissement dans les équipements, l’ouverture de nouvelles structures et la formation de compétences médicales et paramédicales qualifiées. Des progrès importants ont été réalisés, notamment dans les grands centres urbains et universitaires, où l’accès aux technologies d’imagerie avancée s’est considérablement amélioré. Cependant, cette dynamique reste marquée par des disparités régionales persistantes. Certaines zones continuent de faire face à des difficultés d’accès aux examens spécialisés, liées à la disponibilité des équipements ou à la répartition inégale des ressources humaines. Ces constats soulignent l’importance de poursuivre les efforts en matière de formation continue, d’encouragement à l’installation dans les régions moins dotées et de mise en place de stratégies visant à garantir une meilleure équité territoriale dans l’accès à l’imagerie médicale.
Quelles sont les avancées ou pratiques qui ont été discutées lors de ce congrès et qui pourraient avoir un impact concret et rapide sur la prise en charge des patients ?
Le congrès accorde une place importante aux aspects pratiques, à travers des ateliers spécialisés, des cours ciblés et des conférences animées par des experts nationaux et internationaux. Les communications scientifiques, notamment celles des médecins en formation, permettent de valoriser la recherche clinique et de confronter les expériences de terrain. Les échanges portent notamment sur l’optimisation des protocoles d’examen, l’amélioration de la précision diagnostique et le renforcement des pratiques de radioprotection, des éléments essentiels pour la sécurité du patient. Par ailleurs, l’intégration progressive des outils informatiques, de l’intelligence artificielle et des solutions numériques ouvre des perspectives concrètes pour améliorer l’efficacité, réduire les délais d’interprétation et soutenir la prise de décision médicale. Autant d’éléments susceptibles d’avoir un impact rapide et mesurable sur la qualité de la prise en charge.
Au final, quel message clé souhaitez-vous que les professionnels de santé retiennent de cette 4ᵉ édition ?
Le message central de cette 4ᵉ édition est que la radiologie constitue aujourd’hui un pilier incontournable d’une médecine moderne, performante et centrée sur le patient. Son rôle ne cesse de s’élargir, allant bien au-delà du simple diagnostic pour devenir un véritable outil d’aide à la décision clinique et de suivi thérapeutique. Le développement de la radiologie au Maroc repose sur un engagement collectif en faveur de la formation continue, du partage des connaissances et de la collaboration entre les différents acteurs du secteur, qu’il s’agisse des professionnels de santé, des institutions ou des partenaires industriels. C’est à cette condition que l’imagerie médicale pourra continuer à accompagner efficacement les réformes en cours et à répondre aux attentes croissantes des patients.
Entretien avec Nadia Moussali, vice-présidente de la Société marocaine de radiologie et présidente du 4ᵉ Congrès national de radiologie
Le Matin : Pourquoi ce 4ᵉ Congrès de radiologie et quels enjeux majeurs entend-il mettre en lumière pour le système de santé marocain ?
Ce 4ᵉ Congrès de radiologie, organisé en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, répond à un besoin réel d’accompagnement de l’évolution rapide de l’imagerie médicale au Maroc. Il s’agit avant tout d’un espace de formation, de mise à niveau et de réflexion collective autour de spécialités clés comme l’imagerie cardiaque, mammaire et musculosquelettique, qui jouent un rôle central dans le diagnostic précoce et le suivi thérapeutique. Au-delà de l’aspect scientifique, ce congrès met en lumière des enjeux structurants pour le système de santé marocain : la qualité et la fiabilité du diagnostic, l’adoption raisonnée des nouvelles technologies, la radioprotection, mais aussi l’harmonisation des pratiques sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de contribuer à une imagerie médicale plus performante, plus sécurisée et mieux intégrée dans le parcours de soins du patient, en phase avec les orientations nationales en matière de modernisation du système de santé.
Où en est aujourd’hui le Maroc en matière de radiologie, notamment en termes d’accès, d’équipements et de ressources humaines ?
La radiologie marocaine a connu, ces dernières années, une évolution notable, portée par l’investissement dans les équipements, l’ouverture de nouvelles structures et la formation de compétences médicales et paramédicales qualifiées. Des progrès importants ont été réalisés, notamment dans les grands centres urbains et universitaires, où l’accès aux technologies d’imagerie avancée s’est considérablement amélioré. Cependant, cette dynamique reste marquée par des disparités régionales persistantes. Certaines zones continuent de faire face à des difficultés d’accès aux examens spécialisés, liées à la disponibilité des équipements ou à la répartition inégale des ressources humaines. Ces constats soulignent l’importance de poursuivre les efforts en matière de formation continue, d’encouragement à l’installation dans les régions moins dotées et de mise en place de stratégies visant à garantir une meilleure équité territoriale dans l’accès à l’imagerie médicale.
Quelles sont les avancées ou pratiques qui ont été discutées lors de ce congrès et qui pourraient avoir un impact concret et rapide sur la prise en charge des patients ?
Le congrès accorde une place importante aux aspects pratiques, à travers des ateliers spécialisés, des cours ciblés et des conférences animées par des experts nationaux et internationaux. Les communications scientifiques, notamment celles des médecins en formation, permettent de valoriser la recherche clinique et de confronter les expériences de terrain. Les échanges portent notamment sur l’optimisation des protocoles d’examen, l’amélioration de la précision diagnostique et le renforcement des pratiques de radioprotection, des éléments essentiels pour la sécurité du patient. Par ailleurs, l’intégration progressive des outils informatiques, de l’intelligence artificielle et des solutions numériques ouvre des perspectives concrètes pour améliorer l’efficacité, réduire les délais d’interprétation et soutenir la prise de décision médicale. Autant d’éléments susceptibles d’avoir un impact rapide et mesurable sur la qualité de la prise en charge.
Au final, quel message clé souhaitez-vous que les professionnels de santé retiennent de cette 4ᵉ édition ?
Le message central de cette 4ᵉ édition est que la radiologie constitue aujourd’hui un pilier incontournable d’une médecine moderne, performante et centrée sur le patient. Son rôle ne cesse de s’élargir, allant bien au-delà du simple diagnostic pour devenir un véritable outil d’aide à la décision clinique et de suivi thérapeutique. Le développement de la radiologie au Maroc repose sur un engagement collectif en faveur de la formation continue, du partage des connaissances et de la collaboration entre les différents acteurs du secteur, qu’il s’agisse des professionnels de santé, des institutions ou des partenaires industriels. C’est à cette condition que l’imagerie médicale pourra continuer à accompagner efficacement les réformes en cours et à répondre aux attentes croissantes des patients.
