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Séisme : reprise normale des cours, le soutien psychologique des élèves doit se poursuivre

Plus d’un mois après le terrible séisme d’Al Haouz, tous les élèves de la région ont pu reprendre le chemin de l’école. La mobilisation générale a permis d’éviter le spectre de l’année blanche et même d’écarter tout risque de déperdition scolaire. Mais ces enfants viennent de vivre une épreuve traumatisante à tous points de vue. Ils ont vu leur existence bouleversée du jour au lendemain. Du coup, la question de l’impact psychologique a tout lieu d’être posée.

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Un mois après le séisme qui a dévasté la région d’Al Haouz, les enfants sont déjà de retour dans les classes. Grâce aux efforts des toutes les parties concernées et à la mobilisation générale dans la droite ligne des Hautes Directives Royales, ils poursuivent leurs études dans de bonnes conditions.



Les autorités locales, le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, mais aussi et surtout la société civile ont travaillé main dans la main pour éviter l’interruption des cours et écarter tout risque de déperdition scolaire. Des actions comme le transfert des élèves vers des internats scolaires à Marrakech, la mise en place des tentes par les Forces Armées Royales ainsi que l’instauration des classes modulaires ont ainsi offert aux élève la possibilité d’avoir une vie scolaire presque normale. Car il ne faut pas sous estimer l’impact du drame et du changement de l’environnement scolaire et même familial sur les enfants. Ce qu’ils viennent de vivre est traumatisant à tous points de vue. Ils ont vu leur existence bouleversée du jour au lendemain.

Du coup, la question de l’impact psychologique sur la scolarité a tout lieu d’être posée. «Un enfant qui n’arrive pas à dépasser les conséquences psychologiques du séisme aura du mal à suivre ses cours», confirme Dr Khalid Ouqezza, psychiatre, avant de préciser que les conséquences psychologiques diffèrent d’un enfant à l’autre. «De façon générale, on parle du stress post-traumatique qui se manifeste à travers des symptômes tels que les cauchemars, l’hypersensibilité aux stimuli associés au séisme ou encore les cauchemars et l’irritabilité continue», explique-t-il. Pour lui, le soutien psychologique reste le principal moyen pour permettre aux enfants d’y faire face. L’accompagnement psychologique doit s’inscrire dans la durée

Joint par «Le Matin», Mohamed Zerrouqi, directeur provincial de l’Éducation nationale au niveau d’Al Haouz, affirme de son côté que des actions ont été mises en place par le ministère pour atténuer l’impact psychologique du séisme sur les enfants. «Les premiers jours ont été exclusivement consacrés à l’appui psychologique des enfants et de leurs enseignants afin de dépasser les traumatismes subis», confirme-t-il. Et de préciser que les actions ont concerné aussi bien les enfants transférés aux internats de Marrakech que ceux qui suivent les cours dans les tentes. «Pour les enfants qui ont été transférés aux internats de Marrakech, nous avons veillé à leur expliquer le bénéfice de cette décision dans l’optique de les aider à mieux vivre le changement», déclare-t-il, tout en insistant sur l’importance de l’accompagnement psychologique qui reste, selon lui, primordial, voire incontournable pour dépasser le choc et reprendre goût à la vie en général et à l’école en particulier.

Le rôle primordial de la société civile dans le suivi des élèves

Tout autant que les autorités gouvernementales, la société civile s’est fortement mobilisée dans ce sens. À ce propos, Dr Oukezza tient à souligner qu’en matière de soutien psychologique des enfants, les efforts déployés à ce jour sont importants. Ce point de vue est aussi partagé par Dr Tayeb Hamdi, médecin chercheur en politiques et systèmes de santé, qui a souligné que l’implication de la société civile a contribué au retour progressif et sans accroc des élèves dans les cours. Les deux spécialistes estiment, en revanche, que les actions doivent être renforcées, mais aussi et surtout s’inscrire dans la durée. Car au-delà de la poursuite des cours, l’accompagnement psychologique permettra d’avoir des enfants équilibrés et capables de contribuer activement, une fois adultes, au développement du pays.

À cet égard, Dr Ouqezza note que les thérapies brèves sont efficaces dans ce type de situations. Elles permettent de diminuer et d’alléger les symptômes et minimisent le risque d’évoluer vers des complications neurologiques et psychiatriques sévères nécessitant un traitement médicamenteux très lourd. Se voulant rassurant, ce spécialiste indique que le cerveau développe les mécanismes de défense tant qu’il n’y a pas de vulnérabilité génétique, ce qui permet aux enfants de reprendre du poil de la bête sur le plan psychologique. «Les actions d’accompagnement renforceraient ainsi ce mécanisme de défense développé par le cerveau, ce qui permettrait d’obtenir des résultats importants dans le temps»,

clarifie-t-il.

L’enfance étant une étape de développement critique qui détermine dans une large mesure les traits de la personnalité future, il est vital de veiller à une croissance équilibré et saine des plus jeunes. Les expériences vécues, les souvenirs, les traumatismes, les blessures impactent inconsciemment la perception que les enfants se font du monde et pourraient ainsi conditionner leur cerveau et partant leur intégration dans la vie sociale et professionnelle.
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