Société

Journée mondiale du don d’organes et de la greffe

Le manque d’information, principal frein au don d’organes

Hajjar El  Haïti Hajjar El Haïti,

Malgré les nombreux efforts fournis par la société civile et les autorités sanitaires et religieuses, le Maroc accuse un énorme retard en matière de don et greffe d’organes. L’année 2019 a été très pauvre en interventions, à croire que la situation se dégrade au lieu de s’améliorer. «Le Matin» a préparé ce dossier pour tenter de comprendre ce qui bloque et contribuer à la recherche des solutions possibles pour attirer plus de donneurs.

Le monde entier célèbre ce 17 octobre la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe. Cette journée est l’occasion de souligner l’importance de cet acte qui peut sauver des millions de patients qui souffrent en attendant un donneur. En effet, le don d’organes est une nécessité pour que les personnes souffrant d’une insuffisance organique terminale puissent continuer à vivre ou améliorer de manière significative leur qualité de vie. Par exemple, les personnes qui sont condamnées à faire la dialyse toute leur vie pourraient vivre normalement s’ils trouvaient un donneur et bénéficiaient d’une greffe de rein. Idem pour la cornée : une greffe peut rendre la vue à une personne qui peut avoir perdu tout espoir.

Le don d’organes ou de tissus est également un geste de solidarité humaine et sociale et de grande générosité. De nombreux patients attendent avec impatience ce précieux don qui peut changer leur vie ou peut-être même la sauver. Malheureusement, chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants meurent faute d’avoir pu être transplantés, alors que la médecine était en mesure de les sauver s’ils avaient bénéficié d’un don.
Au niveau national, le ministère de la Santé assure que les hôpitaux universitaires et militaires et les centres hospitaliers agréés disposent des moyens techniques nécessaires et des ressources humaines qualifiées pour réaliser des opérations transplantation. Pourtant, le Maroc accuse un retard énorme dans ce domaine. Les cas de greffe réalisés sont très rares. 
Si on prend l’exemple des patients souffrants d’insuffisance rénale, en 30 ans, il y a eu quelque 500 greffes. En ce qui concerne, les autres organes, tels que le cœur, les poumons ou le pancréas, qui sont prélevés à partir de donneurs en mort encéphalique, la situation est encore plus triste.
Depuis 2010, il n’y a eu que 38 prélèvements et le pire est que cela n’évolue pas, bien au contraire. Si auparavant, on réalisait une dizaine de prélèvements par an, en 2019, il n’y en a eu qu’un seul sur un mort encéphalique et uniquement deux en 2018. «Les greffes réalisées suite à un prélèvement à partir de donneurs en mort encéphalique sont encore très rares. 
Depuis 2010, nous avons réalisé uniquement 3 greffes de cœur et 22 greffes de cornée de donneurs marocains. Le nombre de greffes réalisées à partir de donneurs vivants est de seulement 70 greffes du rein, 20 du foie durant les neuf dernières années», souligne le Pr Benyounes Ramdani, chef du service de néphrologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca et ex-président du conseil consultatif du don et greffe d’organes.
S’agissant des personnes inscrites au registre des donneurs d’organes, leur nombre ne dépasse pas les 1.100, depuis l’an 2000 jusqu’à présent, dont la majorité est inscrite au niveau de Casablanca. «676 personnes seulement se sont inscrites au registre des donneurs d’organes au niveau de la capitale économique. Le premier registre a comporté les noms de 476 personnes qui se sont portées volontaires pour donner leurs organes. Et dans le deuxième registre, lancé en 2018, il n’y a eu que 200 nouveaux volontaires inscrits jusque-là», a souligné Amal Bourquia, présidente de l’association REINS. Selon le Pr Mohamed Nasser Samkaoui, président du comité de greffe d’organes et de tissus humains au CHU 

Mohammed VI à Marrakech, si le nombre des donneurs est toujours très faible au Maroc, c’est parce qu’il y a un obstacle psychologique, notamment des peurs de donner son organe. «Je ne pense pas qu’actuellement la religion ou la loi marocaine constituent un frein pour le don. Il faut travailler davantage sur la sensibilisation, mais aussi développer le niveau de soins dans les hôpitaux. Il faut également faciliter le volet organisationnel ainsi que la communication entre les équipes qui greffent et rendre cette activité attractive pour nos hôpitaux et motivante pour le personnel qui y travaille».
Des propos appuyés par le Pr Benyounes Ramdani, qui dit que la question du don d’organe doit aujourd’hui être un projet de société. «Il est nécessaire aujourd’hui que tout le monde soit impliqué dans ce combat. Il faut absolument travailler sur la sensibilisation des citoyens et développer la culture du don chez eux. 
C’est un travail difficile, mais qui doit absolument se faire de façon continue, et non occasionnellement, comme à l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes. Malheureusement, les gens sont toujours mal informés, y compris les malades. Imaginez que sur les 31.000 dialysés au Maroc, seulement 300 sont inscrits dans la liste nationale de receveurs et attendent une greffe de rein (soit moins de 10%), alors que la greffe est la meilleure solution pour tous ces malades, que ce soit sur le plan de la santé et la qualité de vie ou sur le plan financier. Bien qu’elle soit chère, une greffe de rein coûte moins cher que la dialyse à vie», indique Benyounes Ramdani. Et d’ajouter : «Les étudiants de la Faculté de médecine de Casablanca préparent actuellement un projet avec le Syndicat national de la presse pour mieux sensibiliser les citoyens à ce sujet à travers les médias. Il faudrait également que le ministère de la Santé montre plus de volonté pour changer la situation dans notre pays en consacrant notamment un budget pour les greffes et en activant un peu les choses pour la création d’une instance nationale de gestion des prélèvements et des greffes». 


Témoignage

Abderazak Karim, 20 ans, originaire de la région de Sebt Gzoula 

En 2016, je suis tombé gravement malade à cause d’un problème au niveau du cœur. J’ai fait plusieurs consultations qui donnaient exactement le même résultat : j’ai un cœur qui ne marche pas ! L’indication de la greffe a été recommandée dès les premières semaines et le CHU de Marrakech a pris en charge mon dossier de greffe dans l’espoir de trouver un donneur. J’ai attendu trop longtemps, mais rien ne s’est passé, aucun donneur, aucune tentative. Je me rappelle bien de mes longues journées et soirées de souffrance, je n’étudiais pas, je mangeais très peu, je buvais un seul verre d’eau par jour… j’avais mal partout ! 
Une année après, devant le désespoir de réaliser ma greffe ici au Maroc, l’Association marocaine de transplantation cardiaque a présenté mon dossier à un hôpital en France qui a accepté mon admission moyennant un coût très élevé, mais Dieu nous a facilité la tâche, car des gens ont contribué à la collecte des dons et j’ai été donc transféré à Paris au moment où je puisais dans mes dernières réserves. Hamdoulillah (Dieu merci), après 18 mois de greffe, aujourd’hui, je me porte bien, je fais des études, je cours, je mange comme je veux et surtout je bois comme je veux. 
Je mène une vie normale. Je suis sûr qu’il y a encore énormément de jeunes qui sont en train de vivre la même situation que moi, le don d’organe est leur seul espoir. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela pourrait leur apporter comme bonheur, je vous prie tous de les aider ! Dites oui au don d’organe. Allez-y ! Sauvez des vies !  

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Célébration de la Journée mondiale

Le manque d’information, principal frein  au don d’organes

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