La prochaine phase des réformes au Maroc doit se concentrer sur la gouvernance (Abdellah Saaf)
Si les débats sur la réforme politique au Maroc ont souvent été abordés sous l’angle des équilibres institutionnels et des configurations constitutionnelles, Abdellah Saâf propose de porter l’attention vers un terrain plus concret, celui des pratiques et des usages. En retraçant les étapes successives qui ont marqué l’évolution du modèle politique, le professeur de sciences politiques à l’Université Mohammed V de Rabat et ancien ministre, propose moins une relecture historique qu’une réflexion sur ce qui, aujourd’hui, demeure en suspens : la manière dont les institutions fonctionnent réellement et les conditions nécessaires à une gouvernance crédible. Invité à intervenir lors d’une journée d’étude consacrée au développement équitable ainsi qu’à la réforme politique et économique, organisée récemment par l’Union socialiste des forces populaires (USFP), il a orienté son propos vers les usages réels des institutions et la manière dont celles-ci fonctionnent au-delà des cadres formels. À ses yeux, l’enjeu se situe désormais dans la qualité des pratiques, dans la rigueur des processus décisionnels et dans la capacité des mécanismes existants à prévenir les situations de conflits d’intérêts.
