Actualités économiques, boursières et financières du Maroc | Le Matin Économie - Le Matin.ma
Alors que l'économie de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan devrait reculer de 2,1 en 2026, sous l'effet du conflit et du choc énergétique, le Maroc devrait progresser de 4,4%, selon la Banque mondiale. Au-delà de la gestion de crise, l'institution appelle les pays de la région à préparer une deuxième transformation de leur économie, de plus long terme: la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Le Royaume y dispose d'atouts, mais l'adoption par les entreprises et le cadre réglementaire restent à renforcer.
Le Maroc veut franchir un nouveau palier dans sa stratégie minière. À l’ouverture, mardi à Rabat, de la troisième édition de l’International Mining Congress (IMC Morocco), la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leïla Benali, a défendu la construction d’un véritable écosystème africain de transformation des minerais critiques et stratégiques. Nouveau cadre réglementaire, cadastre minier numérique, intégration des énergies renouvelables, ouverture de 2,7 millions d’hectares à l’investissement et réflexion sur l’après-mine: le Royaume entend désormais mieux articuler exploitation des ressources, industrialisation et création de valeur locale. Une ambition qui suppose toutefois de lever plusieurs verrous, au premier rang desquels le financement de projets à très long terme et la sécurisation de l’investissement.
L’Afrique dispose d’abondantes ressources en minerais critiques et stratégiques, mais continue de capter une part limitée de la valeur qu’elles génèrent, faute de capacités suffisantes de transformation sur le continent. Pour Mohammed Cherrat, président de la Fédération de l’industrie minérale (FDIM), l’enjeu est désormais de passer de l’extraction à une véritable industrialisation des ressources, en levant les principaux verrous qui freinent les investissements : énergie compétitive, accès à l’eau, infrastructures, technologies, financement, compétences et visibilité sur les débouchés. À ses yeux, cette transformation ne peut être pensée uniquement à l’échelle nationale. Elle doit s’appuyer sur des complémentarités entre pays africains et sur l’émergence de chaînes de valeur régionales. Dans cette dynamique, le Maroc dispose d’atouts industriels, énergétiques, logistiques et technologiques qui peuvent lui permettre de jouer un rôle de plateforme au sein de ces chaînes. Les projets liés aux matériaux pour batteries illustrent déjà cette évolution. L’enjeu est ainsi de construire des partenariats capables de faire davantage de place à la transformation locale, au transfert de technologies et au développement des compétences, afin que l’Afrique puisse mieux valoriser ses propres ressources.
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