Actualités économiques, boursières et financières du Maroc | Le Matin Économie - Le Matin.ma
En vingt ans, le Maroc s’est taillé une place dans les chaînes de production des grands noms de l’aéronautique mondiale. Désormais, l’assemblage de moteurs, la fabrication de systèmes complexes et la recherche avancée dessinent les contours d’une nouvelle ambition : faire du Royaume un territoire de conception et d’innovation, autant que de production. Une trajectoire dont Mounia Boucetta connaît les ressorts. Ingénieure de formation, ancienne secrétaire générale du ministère de l’Industrie et du commerce, puis secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, elle est aujourd’hui Senior Fellow au Policy Center for the New South. Dans cet entretien accordé au «Matin», elle revient sur les choix de politique industrielle qui ont permis l’essor de la filière, du partenariat public-privé au développement des compétences, et décrypte les conditions du prochain saut technologique marocain. Avec une conviction : l’avenir du secteur se jouera aussi dans la capacité des PME nationales à accéder à l’ingénierie, à la co-conception et aux marchés internationaux.
Près de 23 milliards de dirhams d’exportations en huit mois, 950 emplois annoncés en une seule journée, des moteurs d’avion bientôt assemblés à Casablanca, une future usine de trains d’atterrissage et, autour d’un même projet de recherche, Boeing, Airbus et Lockheed Martin réunis sur le sol marocain. Les chiffres donnent toute la mesure de l’essor du secteur de l’aéronautique et confirment le positionnement du Maroc dans le club très fermé de cette industrie de pointe. La huitième édition du Marrakech Airshow, tenue du 7 au 10 octobre, a consacré cette montée en puissance, fruit de deux décennies de choix industriels, d’investissements et de savoir-faire patiemment accumulés. Avec quelque 160 entreprises, 25.000 emplois et des exportations en progression de 21,5% à fin août 2026, le Maroc s’impose désormais comme un maillon stratégique des chaînes de production mondiales. Et ses ambitions portent toujours plus haut. De la fabrication de composants à l’assemblage de moteurs, de l’ingénierie à la recherche avancée, le Royaume gravit les échelons d’une industrie où chaque avancée technologique se conquiert de haute lutte. Avec, en ligne de mire, 5 milliards de dollars d’exportations annuelles d’ici trois ans et une ambition plus vaste encore : faire du Maroc un pôle industriel et technologique de premier plan, capable de contribuer à dessiner l’avenir de l’aviation mondiale.
Des drones aux missiles guidés, des systèmes de surveillance à la cybersécurité, EDGE s’est taillé, en moins de sept ans, une place de choix sur le marché international de la défense. Fondé à Abou Dhabi en 2019, le groupe émirati fédère aujourd’hui plus de 35 entreprises, affiche près de 4,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025 et déploie ses activités dans plus de 100 pays. Déjà présent au Marrakech Airshow en 2024, il revient cette année avec des ambitions qui dépassent la simple fourniture d’équipements militaires. Production locale, transfert de technologies, formation d’ingénieurs marocains et intégration des industriels nationaux aux chaînes de valeur mondiales : les pistes de coopération se précisent. Dans cet entretien exclusif accordé au «Matin», Hamad Al Marar, directeur général d’EDGE, dévoile les secteurs dans lesquels son groupe entend s’engager et envisage de faire du Maroc une plateforme industrielle et d’exportation vers le reste de l’Afrique. Un cap désormais affiché, dont les deux ou trois prochaines années devront révéler les premières réalisations.
Trois jours de débats exigeants, une clôture à la hauteur. À Tanger, les huitièmes Assises de l’AUSIM se sont achevées sur les interventions fortes de la DGSSI, de la CNDP, de l’ADD et du président de l’Association. Leurs messages convergent : la transformation numérique doit produire des résultats concrets, avec des systèmes protégés, des responsabilités claires et une réelle maîtrise des décisions. Abdellah Boutrig a été on ne peut plus clair : «Les initiatives engagées resteront limitées sans les moyens nécessaires, financiers comme humains». Le général de Brigade, directeur général de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, estime qu’à ce titre : «La cybersécurité est encore trop souvent perçue comme un coût. C’est un investissement : il réduit les vulnérabilités, prévient les incidents et évite qu’ils ne deviennent des crises».
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