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Selon les experts du renseignement, environ 80% des informations exploitées par les agences de renseignement proviennent de sources ouvertes (OSINT). Un chiffre révélateur de l’importance de cette discipline, qui consiste à collecter, analyser et exploiter des données accessibles au public afin de produire un renseignement fiable et utile à la prise de décision. Avec l’essor du numérique et des technologies d’intelligence artificielle, cette pratique connaît une croissance rapide. Désormais, un analyste peut, à partir de simples données publiques, reconstituer des événements complexes ou anticiper des menaces potentielles. Dans un environnement régional marqué par des défis sécuritaires croissants, notamment dans la région sahélo-saharienne, le développement du renseignement de sources ouvertes représente une opportunité stratégique pour le Maroc. Encore faut-il savoir les exploiter pour en tirer le meilleur parti, mais aussi pour éviter que des forces hostiles ne l’utilisent contre des intérêts nationaux. L’expert Hicham El Amrani, auteur et directeur du pôle Intelligence artificielle, veille stratégique et prospection des risques globaux au sein du Centre des études internationales de sécurité, migration et flux nous explique les grands enjeux des OSINT ainsi que les menaces et les opportunités qu’ils recèlent. Il aborde également des questions comme la guerre cognitive, la guerre hybride et évoque la séquence de la CAN 2025 où le Maroc avait fait l’objet de campagnes de désinformation malveillantes d’une ampleur inédite.
Le Forum Pensée et Citoyenneté a rassemblé, jeudi 23 avril 2026 à Rabat, les secrétaires généraux de trois composantes de la gauche marocaine autour d'une question centrale : comment unifier des forces partisanes qui partagent un diagnostic commun des maux du champ politique, mais divergent radicalement sur les remèdes ? Alors que les législatives se dessinent en septembre, le débat a révélé trois visions stratégiques. Nabil Benabdallah plaide pour la reconquête de l'hégémonie intellectuelle, Abdeslam El Aziz met en garde contre l'illusion de la gouvernance, tandis que Jamal Lasri appelle à la mobilisation de rue. Entre ces trois stratégies, la jeunesse marocaine pose une exigence qui devrait inquiéter les leaders politiques : ne plus être une simple «vitrine électorale», mais une force autonome capable d'accéder aux responsabilités réelles. À l'arrière-plan, une deadline implicite, mais incontournable : l'unification doit se concrétiser ou la fragmentation scellera définitivement le déclin de la gauche marocaine.
Dernière Heure