Élections 2026 : la course aux «candidats gagnables» brouille les repères du paysage partisan
À moins d’un mois des législatives du 23 septembre, les changements d’étiquette partisane s’accélèrent. Depuis le 25 juin, 27 députés ont quitté la Chambre des représentants, dont 25 démissionnaires. Derrière cette vague se cache un enjeu qui n’est pas anodin : celui des «candidats gagnables», c’est-à-dire ces élus sortants et/ou notables capables de convertir leur ancrage territorial, leur popularité ou leur influence local en sièges. Le PAM mène l’offensive, le RNI dénonce des pressions, tandis que l’Istiqlal et le Mouvement populaire avancent leurs propres prises. À mesure que les investitures se bouclent, les frontières partisanes deviennent de plus en plus poreuses. Pour les politologues Abderrahim El Allam et Meryem Belhoussine, cette «transhumance saisonnière» traduit les fragilités d’un système partisan où le capital électoral personnel tend à supplanter l’appartenance, le militantisme et la fidélité à un projet. Les partis privilégient de plus en plus les profils capables de «rapporter des voix», au risque de devenir dépendants de candidats disposant de réseaux et d’un ancrage local. Sauf que ce «mercato» brouille la lisibilité de l’offre politique : à force de voir les mêmes personnalités circuler d’une formation à l’autre, l’électeur y perd son latin. Il ne sait plus s’il vote pour un programme, une étiquette ou un individu. Dans cette course effrénée aux profils à fort potentiel électoral, les militants de longue date, les jeunes, les femmes et les nouvelles compétences peinent à trouver leur place.
