chroniques - Le Matin.ma
L’espace électromagnétique est devenu aussi stratégique que les mers ou les airs. On y déploie des réseaux, on y mène des guerres sans bruit. Personne n’avait encore trouvé comment l’observer passivement, en temps réel, dans sa totalité. Pendant que les projecteurs éclairent l’IA générative, les semi-conducteurs et la course quantique, une startup marocaine a discrètement occupé cet espace que le marché n’avait pas su cartographier : la détection passive, intelligente et simultanée du spectre radiofréquence. Ce que SensThings a produit avec le T3 Shield n’est pas, en profondeur, qu’un dispositif anti-triche pour les centres d’examen. C’est l’incarnation d’une capacité inédite, qui n’existait pas sous cette forme, à ce coût, dans cette légalité : la conscience spectrale passive. Et le brevet international PCT qui la protège place le Maroc en position d’émetteur d’une technologie de rupture dans un marché que le monde n’a pas encore pleinement compris.
Lorsque Satya Nadella révèle à la LlamaCon d’avril 2025 que l’intelligence artificielle rédige désormais entre 20 et 30% du code de Microsoft, il ne décrit pas une curiosité de laboratoire. Il décrit une réalité de production. Dans le même mouvement, le groupe a supprimé près de 15.000 postes, soit 7% de ses effectifs, tout en engageant 80 milliards de dollars dans son infrastructure dédiée à l’IA. Ce n’est pas une contradiction, mais la logique la plus lisible de la transformation en cours : l’exécution se comprime, l’investissement dans les systèmes s’accélère et la frontière entre l’usine et le bureau, longtemps tenue pour imperméable, commence à perdre de sa consistance. Le tertiaire découvre ce que l’atelier a appris il y a plusieurs décennies, qu’aucune fonction n’est à l’abri dès lors qu’elle peut être décomposée, tracée et formalisée.
Après avoir exploré les différentes manières d’habiter la proximité divine, une question demeure : quelle en est la structure profonde ? Avec Ibn Arabi, la spiritualité cesse d’être seulement une expérience vécue pour devenir une architecture du réel. Dans son «Hilyat Al-Abdal», il esquisse une cartographie rigoureuse du devenir humain, où chaque discipline agit comme un levier précis de transformation intérieure. Silence, retraite, faim et veille ne sont plus des exercices isolés, mais les éléments d’un système cohérent, une véritable ingénierie de l’invisible. C’est cette construction métaphysique, à la fois exigeante et étonnamment actuelle, que nous allons décrypter.
Grand architecte, urbaniste, enseignant et chercheur, avec un long parcours dans le service public, le secteur privé, le monde associatif et de nombreuses instances internationales, Abderrahmane Chorfi nous a quittés ce 31 janvier, privant sa famille et ses proches, ses amis de la profession et ses étudiants d’une présence alliant savoir, courtoisie et humilité, des traits portés avec une élégance rehaussée d’un sourire bienveillant.
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