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À l’heure où les usages numériques occupent une place centrale dans nos vies, la question de leurs effets sur la santé mentale suscite une attention croissante. Contrairement aux idées reçues, l’inquiétude des professionnels ne porte pas tant sur une hypothétique «addiction aux écrans» – notion non reconnue comme trouble spécifique dans le DSM-5 (référence internationale en psychiatrie pour la classification des troubles mentaux) – que sur une transformation plus insidieuse de notre rapport au plaisir, au temps et à l’attention. À travers des mécanismes comme les notifications permanentes, le scroll infini ou les contenus courts, les environnements numériques exploitent des systèmes de récompense qui favorisent des habitudes répétitives et une stimulation constante. Dans cet entretien, le Dr Faissal Bougar, psychiatre-addictologue, apporte un éclairage nuancé sur les ressorts des comportements addictifs, en insistant sur leur complexité. Loin d’être liés à une simple faiblesse individuelle, ceux-ci résultent d’une interaction entre facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux, et remplissent souvent une fonction d’apaisement face au stress, à l’anxiété ou au vide. Il revient également sur les raisons qui rendent l’arrêt difficile, le rôle des émotions dans le maintien de ces comportements, ainsi que sur les approches thérapeutiques actuelles, centrées sur une compréhension globale et progressive du patient.
Il suffit de scroller quelques secondes sur TikTok ou Facebook pour tomber dessus : des vidéos vantant le « poulet qui vous empoisonne », l'insuline qui serait « une fraude », ou encore les légumes crus comme ennemis de votre santé. C'est le monde du régime Tayibat "نظام الطيبات", le protocole alimentaire du Dr Diaa Al Awadi, médecin égyptien décédé le 19 avril 2026 d'un arrêt cardiaque à l'âge de 47 ans à Dubaï. Sa mort, loin d'éteindre le phénomène, l'a paradoxalement amplifié. Au Maroc, le régime s'est rapidement transformé en véritable tendance numérique : des Marocains relaient ses vidéos, adoptent ses préceptes, et certains vont jusqu'à remettre en question leurs traitements médicaux, convaincus d'avoir enfin accès à une vérité longtemps dissimulée. Sur les groupes Facebook et le fil TikTok, les témoignages sur les impacts miraculeux de ce régime se multiplient, tandis que les mises en garde des professionnels de santé ont du mal à trouver le même écho.
Il aura suffi d’un extrait de quelques secondes diffusé sur la SNRT pour que l’émission de télé réalité «Lalla Laaroussa» viralise sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une scène de tension entre un jeune couple de mariés, marquée par un échange verbal tendu, couronné par un geste violent (claque), survenu devant les autres couples et leurs mères. Rapidement relayée en ligne, la séquence a été largement critiquée pour deux raisons principales : d’abord, le non-respect de l’intimité conjugale, désormais exposée et transformée en contenu médiatique. Ensuite, l’impact de ces images sur les représentations sociales du couple et du mariage, notamment chez les jeunes générations. De nombreux internautes estiment qu’en mettant en scène des tensions, des échanges conflictuels ou des formes de déséquilibre relationnel sans réel cadrage, ces séquences pourraient contribuer à banaliser certains comportements malsains et à influencer la perception de la relation de couple, la manière de gérer les désaccords, mais aussi la place du respect et du dialogue dans la vie conjugale. Il convient de souligner que ce débat s’inscrit dans un contexte plus large de transformation des usages médiatiques et numériques. Certains contenus circulant sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, amplifient et redéfinissent les perceptions du réel. L’exposition de l’intime y est devenue plus fréquente et souvent décontextualisée, contribuant ainsi à fragiliser certains repères sociaux et relationnels, mais aussi la représentation même du mariage. Face à ces évolutions, sociologues, psychologues et spécialistes de l’éducation multiplient les mises en garde contre les effets de cette surexposition de la vie privée et ses répercussions sur les modèles relationnels sains. C’est justement ce qu’explique Mohammed Houbib, psychologue spécialisé dans le domaine de la justice et des droits de la famille et des enfants.
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