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Sept années de sécheresse ininterrompue, une pandémie mondiale, une guerre aux portes de l’Europe et une flambée historique du coût des intrants : la filière laitière marocaine aurait pu sombrer. Elle a tenu. Portée par une pluviométrie exceptionnelle qui, en l’espace de deux mois seulement, a déjoué les pronostics les plus pessimistes, qui tablaient sur cinq ans pour reconstituer les réserves en eau, l’«or blanc» national revoit l’herbe repousser, littéralement et économiquement. Pourtant, le chemin reste semé d’embûches : le cheptel a fondu de près de 30%, et reconquérir 400.000 têtes perdues ne se fera ni en un jour, ni par un seul levier. Dans un échange exclusif accordé au journal «Le Matin», en marge du Salon international de l’agriculture de Meknès, Mohammed Raïta et Rachid Khattate, respectivement directeur général et président de Maroc Lait (l’interprofession qui pilote le secteur), dressent un bilan sans fard mais résolument tourné vers l’avenir. Entre résilience collective, transformation structurelle des élevages, digitalisation, regain de consommation et une ambition longtemps inavouée – celle d’exporter un jour les excédents laitiers –, ils détaillent les ressorts d’une reconquête qui ne s’improvisera pas. Et si la machine de gouvernance sectorielle, rodée crise après crise, a su maintenir les prix stables et les rayons approvisionnés, le vrai tournant est ailleurs : faire mieux avec moins, reconstruire plus résilient et, pour la première fois, envisager sérieusement de faire du Maroc un acteur laitier sur la scène internationale.
L’offre en ovins destinée à Aïd Al-Adha devrait largement dépasser la demande cette année, avec plus de 6 millions de têtes attendues, selon les professionnels du secteur des viandes rouges. Une dynamique portée par la reconstitution du cheptel, soutenue par le retour de pluies exceptionnelles après plusieurs années de sécheresse, et par l’allègement des tensions sur les coûts des aliments pour bétail. Pour les éleveurs, cette situation devrait contribuer à stabiliser les prix, loin des flambées observées lors des précédentes campagnes. Mais le secteur reste vigilant face aux comportements spéculatifs et aux achats précoces des consommateurs, susceptibles de perturber le marché. En parallèle, la filière engage une restructuration, avec la mise en place d’un système de traçabilité du cheptel et la refonte annoncée de l’interprofession. Les explications de Mustapha El Khouli, président de l’Association nationale des producteurs des viandes rouges.
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