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On en parle peu, en tout cas beaucoup moins que d’autres problèmes liés à la santé. Pourtant, la stomie concerne des personnes dont le quotidien peut être profondément bouleversé par une intervention chirurgicale parfois indispensable. L’opération consiste à créer une ouverture sur l’abdomen, appelée stomie, afin de permettre l’évacuation des selles ou des urines lorsque certaines maladies ou situations médicales ne permettent plus leur élimination par les voies naturelles. Cette dérivation, qui peut être temporaire ou définitive, est parfois nécessaire pour préserver, voire sauver une vie. Mais au-delà de l’acte chirurgical, vivre avec une stomie suppose de réapprendre des gestes quotidiens, de s’adapter à un corps qui change et de composer avec de nouvelles contraintes : la peur d’une fuite en public, la gestion de la poche, le regard des autres ou encore les répercussions sur la vie affective et sociale. À l’échelle mondiale, au moins deux millions de personnes vivent avec une stomie, selon une estimation rapportée dans une publication parue en décembre 2025 dans le «British Journal of Surgery». Au Maroc, les premières recherches menées dans le cadre de cet article ont permis d’identifier quelques travaux consacrés aux personnes stomisées, mais aucun recensement national permettant d’en établir le nombre. Une réalité qui reste ainsi largement méconnue et peu documentée. C’est précisément ce silence que l’Association des stomisés du Maroc entend briser, en fédérant les personnes concernées et en portant leurs revendications à l’échelle nationale. Sa présidente, Fatima Krisni, elle-même stomisée, revient sur les difficultés de ce parcours et plaide pour un accompagnement qui ne s’arrête pas à la sortie de l’hôpital. De son côté, le Dʳ Fahd Ghalim, gastro-entérologue et hépatologue, spécialiste en endoscopie digestive interventionnelle et écho-endoscopie, apporte un éclairage médical sur les stomies digestives et les précautions qu’elles imposent.
«Je me suis privée de tout pour que tu ne manques de rien», «J’ai renoncé à mon bonheur pour le tien», «Après tout ce que j’ai fait pour toi, tu me laisses seule ?», «Tu préfères ta femme à ta propre mère ?», «Tu regretteras tout cela quand il sera trop tard»… Ces paroles font écho aux mécanismes de chantage affectif mise en lumière dans notre dossier du 5 août 2026, «Chantage à la piété filiale : le profond désarroi des enfants “ingrats”». À la suite de sa publication, «Le Matin» a reçu de nouveaux témoignages, dont la majorité provient de personnes ayant grandi dans une famille monoparentale. Leurs récits révèlent comment les sacrifices consentis par un parent qui a élevé seul ses enfants peuvent, lorsqu’ils sont constamment rappelés, peser sur leurs choix au point d’hypothéquer leur avenir : renoncer au mariage, abandonner des études à l’étranger ou limiter leur autonomie financière. Sans occulter les épreuves traversées par ces parents, cette enquête se penche sur les fragilités propres à ces configurations familiales et sur la frontière entre gratitude et déni de soi, devoir filial et liberté personnelle. À la croisée des enjeux sociaux, psychologiques et religieux, une question demeure : comment honorer le parent qui a tout donné sans renoncer à construire sa propre vie ?
Dernière Heure